Scott 1000 Bosses

C’est dans la grisaille matinale que débute réellement ma saison 2009, avec aujourd’hui ma première cyclosportive de la saison : la Scott 1000 Bosses. Par son parcours n’offrant aucun répit dans les Mont du Lyonnais (140 km pour 2800 m de dénivelé) et son organisation bien rodée, cette épreuve fait figure de référence dans le calendrier. Malgré la pluie annoncée, je suis excité à l’idée de donner mes premiers coups de pédales sur cette course, d’autant que -fait rarissime une veille de compétition- j’ai très bien dormi.

Nous partons avec d’autres collègues de l’AS Fontaine Cyclisme sous un ciel menaçant, direction Tassin-la-Demi-Lune. Au fur et à mesure du trajet, la météo se couvre de plus en plus ; en arrivant sur place il commence à pleuvoir. Tant pis, on ne va pas reculer maintenant, et c’est mouillés que nous allons récupérer nos plaques, dossards et puces électroniques. Le temps de se préparer, et c’est l’heure d’aller se placer sur la grille.

Le départ est neutralisé, heureusement vu les conditions météo, mais nous devons nous employer pour remonter dans les premières positions, car le parcours commence par une côte. La sortie de Tassin est un peu tendue à cause de la pluie, mais les terre-pleins, ralentisseurs ou autres bandes blanches sont parfaitement signalés par les motos ouvreuses, ainsi que les bénévoles généreusement placés tout le long du parcours. Les premières difficultés arrivent, et je finis par me stabiliser dans un groupe avec un coéquipier ; je vais m’employer à rester dedans le plus longtemps possible.

Scott 1000 BossesLes montées/descentes se succèdent, sans temps mort pour récupérer, et l’enchaînement des difficultés commence à peser dans les jambes… Malgré tout je tiens le choc, et la très bonne adhérence de mes Continental GP4000 sur le mouillé me permet de prendre les épingles sans arrière-pensée, revenant à chaque fois sur le peloton encore bien fourni. A ce moment-là je navigue vers la 75° place, mais les jambes sont de plus en plus dures.

Au 85° km nous attaquons la montée vers Aveize, et dès le pied je sens les crampes m’envahir. L’aventure avec le peloton s’arrête là, dommage ; je dois décrocher du groupe qui s’apprêtait à rejoindre une vingtaine d’hommes à l’avant. Après 3 heures de course, je me retrouve seul dans ce col, alors qu’il reste encore 50 km à parcourir ; la fin de course va être longue, très longue… Heureusement il n’y a pas de vent ce matin, et j’arrive à garder un rythme régulier. Au sommet j’enfile l’imperméable ; le coupe-vent sans manches ne suffit plus à me garder au chaud depuis un bon moment.

La descente m’emmène au pied de la plus longue ascension du jour : le col de la Croix de Part. Il n’est pas très pentu, mais sa longueur (11 km) finit de m’achever, tandis que les concurrents plus frais me dépassent par dizaines. Un arrêt au ravitaillement du sommet s’impose, pour se réchauffer un peu et surtout varier l’alimentation avec autre chose que des barres céréales. La dernière difficulté du parcours est effacée, mais il faut encore rester concentré pour la longue descente vers l’arrivée, envahie par un épais brouillard. Le froid engourdit mes mains, et rend le maniement des poignées de plus en plus ardu, tandis que je frissonne sur le vélo. Les kilomètres défilent : 15… 10… 5 km à parcourir, agrémentés de quelques faux-plats pas bien méchants, mais je ne suis plus en mesure d’accrocher la roue de qui que ce soit. Un seul objectif : rallier l’arrivée sans chuter bêtement.

C’est chose faite après 4h52 d’effort sous la pluie ; je file directement à la voiture pour me changer, en tremblant tellement j’ai froid. Pendant le bon repas servi au gymnase, je commence à faire le point tandis que les meilleurs coureurs du jour sont récompensés. Je termine 222° (sur 469 arrivants), à près d’une heure du vainqueur Nicolas Roux. Évidemment je ne joue pas dans la même catégorie, mais je pense qu’avec un temps plus ensoleillé j’aurais pu accrocher une bien meilleure place. En tout cas avec la première 1/2 heure passée entre 175 et 185 bpm, j’ai réalisé un excellent fractionné ; à ce stade de la saison il est nécessaire de se faire mal pour retrouver le rythme.

Au final un bilan plutôt satisfaisant, car c’est la première fois que je roule aussi longtemps et aussi fort sous pluie, et la difficulté du parcours n’avait rien à voir avec ma Luc Alphand de juillet dernier, parcourue à une vitesse moyenne similaire, mais plus courte et moins difficile. Un mot sur l’organisation, fidèle à sa réputation : des signaleurs à tous les carrefours (merci à eux qui ont passé encore plus de temps que nous sous la pluie), des motos pour encadrer les différents groupes, prendre des photos, etc. Le rendez-vous est donné pour l’année prochaine, sur un parcours qui doit être fabuleux sous le soleil.

2 réflexions au sujet de « Scott 1000 Bosses »

  1. Salut Rodolphe,

    J’ai découvert ton blog et suis en train de remonter le fil de tes articles. Tes récits, aussi bien en ski que sur les premières cyclosportives, sont intéressants.

    Allez, je file lire les articles suivants.

    Florent

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