Trilogie de Maurienne #2

La nuit a été bonne, tant mieux car l’enchaînement Télégraphe/Galibier reste toujours un gros morceau. La météo est idéale avec chaleur et soleil, au moment de retrouver mes adversaires du classement général pour un long départ neutralisé jusqu’à St-Michel-de-Maurienne. Celui-ci est plus court que d’habitude car nettement plus rapide : le groupe est plus ainsi plus étiré, un plus pour la sécurité le long de la nationale (très fréquentée). Difficile de “lire” les sensations du moment, les jambes semblent bien répondre dans les quelques faux-plats menant au pied de la première difficulté… Mais rien ne vaut le départ réel pour s’en rendre compte 🙂

Trilogie de MaurienneLe départ -arrêté- est donné à la sortie de St-Michel après un bon kilomètre d’ascension : tant pis pour le chrono officiel Strava 😛 J’arrive néanmoins à me faufiler en première ligne avec Cédric Richard, pour donner le tempo en direction du col du Télégraphe. Le calme ne dure pas longtemps car trois hommes partent à fond et prennent 20″, maintenues autour de 5 W/kg. L’écrémage se fait ainsi avec peu d’hommes frais pour cette étape : les regards sont tournés vers Tim Alleman après sa démonstration de la veille, qui se contente de suivre le rythme.

Cela n’est pas du goût de Stéphane Cognet qui plante une première banderille à mi-pente : de longs instants à 6 W/kg suffisent à rejoindre les fuyards puis faire exploser le groupe qui se réduit à six ou sept hommes. Je suis dans les cordes mais tiens bon jusqu’au replat ; le rythme se calme faute de relais et quelques hommes rentrent de l’arrière dont Arnaud Féodoroff. Les kilomètres défilent ainsi jusqu’au croisement de Valmeinier, nous sommes une dizaine en tête et Arnaud imprime un bon tempo jusqu’au sommet… A la bascule personne ne prend l’initiative dans la descente sur Valloire, toujours encombrée par le trafic estival.

Trilogie de MaurienneCela permet à tous de se ravitailler, ainsi que le retour de concurrents décrochés un peu plus tôt. A la sortie de Valloire Stéphane secoue à nouveau le cocotier pour entamer le col du Galibier : jusqu’au replat des Verneys tout le monde est dans le dur, moi compris mais ça ne casse pas… Malgré le vent favorable il y a toujours aussi peu d’entrain pour rouler, lorsque Anthony Laubal tente sa chance. Un rythme léger le garde à 20″ devant nous, jusqu’à ce que Stéphane accélère à Bonnenuit. Le groupe de chasse se réduit d’un coup à six en reprenant l’homme de tête ; Tim et Jon Breivold campent sur leur position et attendent leur heure dans Plan-Lachat, ce qui finit par m’agacer.

Virage à droite après le pont, il reste 9 km d’ascension. Je plafonne souvent à cet endroit, 2018 ne fera pas exception 😛 Stéphane change de rythme et prend une vingtaine de secondes d’avance ; au train Tim assume seul la poursuite flanqué de Jon, de mon côté je monte bien (5 W/kg) mais pas suffisamment pour combler mon débours sur les poursuivants. Leonid Antsfeld m’accompagne quelques hectomètres, avant de me laisser seul en quatrième position… Ca sent le remake de la veille, pourtant les écarts se figent pendant plusieurs kilomètres : moins d’une minute sur Stéphane, moins de 30″ sur Tim et Jon. J’hésite à faire un gros effort pour rentrer sur le duo, sachant qu’à cette altitude je le paierai cash tôt ou tard.

Je gère ainsi ma montée, avec un petit coup de moins bien aux Granges : à 4 km du sommet l’écart passe à une minute et je vois Tim partir seul à la poursuite de Stéphane, vite rejoint. Les positions se resserrent en tête alors que je prends un petit coup sur le casque dans les trois derniers kilomètres. Des fois bien, des fois mal je peine à tenir 4,5 W/kg et l’écart enfle face à des hommes en lutte pour la victoire… Le dernier kilomètre est toujours aussi difficile, je n’arrive plus à relancer et coupe la ligne en 1h42′, quasiment 3′ derrière Tim qui signe un doublé devant Stéphane et Jon sous la minute. Malgré un record personnel sur l’ascension je perds à nouveau du temps au général. Le podium s’éloigne (près de 4′) mais tout reste possible dans la dernière étape, assurément la plus propice pour créer de gros écarts avec quatre ascensions et très peu de vallée 🙂

Résultat(s) : Trilogie de Maurienne #2 – étape / Trilogie de Maurienne #2 – général

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