Cimes du lac d’Annecy

Après un bref intermède « fédéral », retour aux affaires cyclosportives ce matin à Annecy, au bord d’un lac baigné de soleil. La météo est parfaite au départ où je retrouve mes adversaires habituels, en particulier les leaders du Challenge Rotor Cyclo’Tour : Cédric Richard et Stéphane Cognet. Thomas Terrettaz, Ronan Poulizac sont aussi de la partie et le départ risque d’être tonitruant. Petite nouveauté cette année avec l’arrivée juste avant La Chapelle-St-Maurice, qui réduit l’épreuve à 125 km : malgré la chaleur deux grands bidons devraient suffire, éludant la problématique du ravitaillement en eau…

Cimes du lac d'AnnecyAprès les dernières consignes le départ est donné à 9h00 ; les jambes sont un peu lourdes en démarrant vers le col de Leschaux, logique après trois semaines de vacances riches en kilométrage et dénivelé. Toutefois elles répondent bien aux premières accélérations, même si Thomas puis Ronan et Raphaël Addy parviennent à faire le trou avant St-Eustache. Derrière la chasse s’organise, au moins pour limiter les dégâts alors que le peloton ne compte plus qu’une vingtaine d’hommes. Certains dont Cédric et Stéphane me relaient : à 5 W/kg l’écart se stabilise à la minute, il ne faut pas s’endormir et cela va rendre la course animée dès le pied du Semnoz.

Sans me poser de question je pars à l’abordage souvent relayé par Stéphane et Alexandre Desroches mais si nous nous rapprochons du trio de tête le groupe tarde à casser. Quelques kilomètres d’un pourcentage soutenu finissent par rendre leur verdict : après une attaque de ma part Stéphane contre, Cédric et Alexandre y vont tandis que nous reprenons Ronan. L’effort est maximal, tout le monde est à bloc dans la roue de Stéphane et pas besoin de se retourner : je sais qu’à 6 W/kg l’écart va vite enfler avec le reste du peloton, il faut juste serrer les dents jusqu’au replat à mi-col.

Thomas et Raphaël sont rejoints et à six l’entente est parfaite : autour de 5 W/kg l’écart grandit avec nos adversaires directs, reste à en garder pour encaisser la partie plus pentue au sommet. J’y mène le bal avec Stéphane, et Thomas cède du terrain avant la descente ; quant à Alexandre il profite d’un léger relâchement à la bascule pour se ravitailler. Après moult participations à l’épreuve je suis toujours un peu sur la réserve dans cette descente : entre ombre et lumière j’ai du mal à suivre les trajectoires tendues de Stéphane et Raphaël, qui s’en donnent à cœur joie. Alexandre a tôt fait de me rattraper tandis que Cédric et Thomas sont un peu plus loin : rien n’est perdu mais j’enrage de perdre 20-30″ sur ce terrain.

Cimes du lac d'AnnecyDans les derniers virages avant Quintal j’entends quelques coups de freins quelques secondes derrière nous : en excellent descendeur et rouleur Thomas fond sur nous, une aubaine pour rentrer sur le duo de tête. Sans se retourner il prend un gros relais, Alexandre et moi s’accrochons aux branches et relayons au mieux. En quelques kilomètres nous faisons la jonction avec la tête de course et à cinq l’entente est très bonne en vue du col de Plainpalais : tous les hommes forts sont là… Enfin presque, car Cédric n’est qu’à 1’30 » et le leader Cyclo’Tour n’a pas abdiqué, loin de là 😉

Alors que nous levons légèrement le pied dans la difficulté (4.5-5 W/kg tout de même) il intègre le groupe à mi-col, où chacun souffle après une première mi-temps animée. La descente sur St-Jean-d’Arvey est toujours compliquée avec le trafic automobile et les coureurs des autres parcours : Stéphane, Thomas et Raphaël sont les plus à l’aise. Si ce dernier doit renoncer sur incident mécanique (casse dérailleur) quelques lacets plus loin, les deux meilleurs descendeurs creusent l’écart avant le col des Prés, qui s’annonce décisif.

Ça m’agace mais pas de quoi s’alarmer : les 15″ perdues paraissent dérisoires vu ce qui nous attend. Dès les premières rampes avant Thoiry je prends un relais à 7 W/kg alors que Thomas cède, laissant Stéphane seul en tête. Cédric et Alexandre poursuivent l’effort jusqu’à Thoiry où nous rejoignons l’homme de tête : nous voilà quatre, bien partis pour se disputer le podium car Thomas perd vite du terrain. Stéphane semble un ton au-dessus mais se contente d’un rythme élevé. J’attends la seconde moitié pour accélérer et tester les deux autres : à 7 W/kg ça me fait très mal, Alexandre et Cédric lâchent quelques mètres mais je n’arrive pas à maintenir l’effort et me recale dans la roue de Stéphane.

Cimes du lac d'AnnecyEn pur grimpeur il accélère à son tour dans les derniers kilomètres : meilleur gestionnaire Cédric reste collé à ses basques alors que je coince avec Alexandre… Un mètre, deux mètres mais je parviens à recoller en force à 2 km du sommet et Alexandre lâche prise. L’effort reste maximal jusqu’au col franchi après trois heures de course : nous voilà tous trois en tête de l’épreuve, il nous reste 35 km vallonnés pour enfoncer le clou et réaliser un fameux triplé. Ce que nous nous attachons à faire, malgré l’eau qui commence à manquer pour tout le monde. Étonnamment plus à l’aise gros plateau dans les faibles pourcentages je roule sans arrière-pensée, tout comme mes deux compagnons qui font le boulot à fond.

Seul contre les trois mousquetaires Alexandre résiste à 30″ jusqu’au Châtelard, avant de lâcher 1′ dans la montée où Stéphane tracte tout le monde. De mon côté je souffre et bois abondamment, sentant la crampe venir derrière la cuisse… mais pas le temps de s’arrêter au sommet et on file pleins gaz dans les 15 derniers kilomètres, quasiment à sec mais sentant l’arrivée de plus en plus proche. A Bellecombe-en-Bauges la moto nous indique 4’30 » d’avance : moins de 10 km avant la ligne, sauf accident c’est gagné alors on savoure tous les trois, comme à la parade 😉

L’entente perdure jusqu’à la flamme rouge, d’un commun accord on laisse la victoire à Stéphane : à la fois car il est le plus fort dans toutes les ascensions, et parce qu’il y a un an il était cloué sur un lit d’hôpital après une grave chute. Cédric prend la deuxième place pour sceller son succès dans le Challenge Rotor Cyclo’Tour ; à moi la médaille de bronze après une course de rêve où Thomas et Alexandre complètent le top 5 à plus de 6′. Deux semaines après ma première victoire en cyclosport voilà que je réalise un triplé entre copains : à la fois sur la manche du jour, le classement général, au scratch comme dans la catégorie M2. Un carton plein qui clôt de magnifiques vacances d’été ; il est temps de glisser gentiment vers les grimpées chronométrées d’une fin de saison 2019 largement réussie 🙂

Résultat(s) : Cimes du lac d’Annecy – grand parcours / Challenge Rotor Cyclo’Tour

1 réflexion sur « Cimes du lac d’Annecy »

  1. Bravo Rodolphe, je ne sais pas ce que représente 7 W/kg mais je suis sûr que ça doit être costaud car quand je regarde tes perfs réalisés à Terre de chaud et le col de la douleur pendant ton repos je suis admiratif. Continue comme ça et l’année prochaine tu vas en gagner plus des courses…. bravo! bravo! bravo!!!

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