{"id":883,"date":"2011-07-02T20:00:36","date_gmt":"2011-07-02T19:00:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.rodolphe-passions.info\/wordpress\/?p=883"},"modified":"2012-01-13T12:06:38","modified_gmt":"2012-01-13T11:06:38","slug":"marmotte-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/2011\/07\/marmotte-2\/","title":{"rendered":"Marmotte"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Apr\u00e8s une nuit difficile, j&rsquo;ai rendez-vous ce matin avec la mythique Marmotte (174 km &#8211; 5000 m) pour un double objectif : effacer ma d\u00e9faillance de l&rsquo;an pass\u00e9 et creuser l&rsquo;\u00e9cart sur mon dauphin au Grand Troph\u00e9e. Apr\u00e8s ma belle performance \u00e0 la Vaujany tous les feux sont au vert : je suis au top de ma condition, la r\u00e9cup\u00e9ration est bonne et le dernier test dans Montaud jeudi soir fut tr\u00e8s concluant. Je roule vers le d\u00e9part avec David, qui lui aussi a de grosses ambitions sur \u00ab\u00a0sa\u00a0\u00bb course.<\/p>\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_1.jpg\" alt=\"Marmotte\" title=\"Marmotte\" width=\"266\" height=\"400\" class=\"alignright size-full wp-image-898\" srcset=\"https:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_1.jpg 266w, https:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_1-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 266px) 100vw, 266px\" \/>Le d\u00e9part est extr\u00eamement rapide dans le froid matinal, et mal plac\u00e9 en fond de sas prioritaire je fais un gros effort pour revenir au plus vite devant. C&rsquo;est chose faite \u00e0 Rochetaill\u00e9e au prix d&rsquo;un bon \u00ab\u00a0d\u00e9blocage\u00a0\u00bb, et j&rsquo;entame l&rsquo;ascension vers le barrage du Verney dans les vingt premiers. Le peloton reste tr\u00e8s compact et se compresse pour d\u00e9passer les nombreux randonneurs qui grimpent en direction du Glandon&#8230; Au moment de doubler l&rsquo;un d&rsquo;eux le coureur qui me pr\u00e9c\u00e8de fait un \u00e9cart, ma roue avant l\u00e8che sa roue arri\u00e8re et j&rsquo;\u00e9vite la chute de justesse. Mais le choc a voil\u00e9 la roue, qui heureusement ne touche pas les patins ; rien de tr\u00e8s p\u00e9nalisant pour la suite de l&rsquo;\u00e9preuve.<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u00e8s le pied du Glandon (24.1 km @ 4.8 %) les choses se corsent, et les nombreux Italiens pr\u00e9sents m\u00e8nent un train d&rsquo;enfer. Je souffre pour suivre et n&rsquo;imagine pas une seconde pouvoir tenir ce rythme jusqu&rsquo;au sommet, plus de 20 km plus loin. Apr\u00e8s 9 km je craque juste avant la descente, mais \u00e7a temporise devant et je recolle avec d&rsquo;autres concurrents dans le mur \u00e0 11 % qui suit. Le r\u00e9pit est de courte dur\u00e9e, puisque l&rsquo;allure acc\u00e9l\u00e8re de nouveau \u00e0 l&rsquo;approche du barrage de Grand-Maison. Je laisse alors filer les 30 meilleurs ; inutile de se mettre dans le rouge d\u00e8s le premier col, devant c&rsquo;est trop fort pour moi. Je prends la t\u00eate d&rsquo;un petit groupe avec Pierre Chevalier et Sander Smits, et \u00e0 trois le rythme ne faiblit plus.<\/p>\n<p align=\"justify\">A l&rsquo;approche du sommet je fais le forcing pour me rapprocher de quelques coureurs l\u00e2ch\u00e9s, dont Nicolas. On bascule ensemble au sommet, et malgr\u00e9 la neutralisation nous cr\u00e9ons une cassure dans la descente, o\u00f9 j&rsquo;aper\u00e7ois Bart Bury qui a cass\u00e9 sa roue arri\u00e8re ; il attend son d\u00e9panneur. Descente rapide et technique ; au pied on se retrouve \u00e0 trois avec Chevalier et Nicolas, le temps de se ravitailler et nous nous relayons pour avaler la (tr\u00e8s) longue vall\u00e9e de la Maurienne, un des moments p\u00e9nibles du parcours.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chacun cherchant \u00e0 se pr\u00e9server les relais ne sont pas tr\u00e8s appuy\u00e9s, et apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres d&rsquo;autres coureurs nous rejoignent : nous voil\u00e0 sept \u00e0 rouler plus s\u00e9rieusement. Vers St-Jean-de-Maurienne une mobylette revient en trombe sur nous : Bury a pu se faire d\u00e9panner et ram\u00e8ne encore deux coureurs dans sa roue. Ses relais sont impressionnants et la vitesse tombe rarement sous les 40 km\/h, malgr\u00e9 les faux-plats. J&rsquo;essaie d&rsquo;en garder le plus possible pour le T\u00e9l\u00e9graphe (11.8 km @ 7.3 %), et nous arrivons rapidement \u00e0 St-Michel pour attaquer la longue route menant au Galibier (34 km).<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u00e8s le pied \u00e7a part fort : Bury confirme son statut de favori, emm\u00e8ne Chevalier et un Hollandais dans son sillage et creuse rapidement l&rsquo;\u00e9cart sur nous. Je suis \u00e0 plus de 300 W, inutile de griller des cartouches&#8230; Au contraire je prends la t\u00eate du groupe dans cette ascension qui me convient, et me cale autour de 280 W, rythme suffisant pour tout le monde (surtout moi :-)) jusqu&rsquo;au sommet. Je continue \u00e0 bien m&rsquo;alimenter en boisson, et me permets d&rsquo;admirer la vue en contrebas, sous un magnifique ciel bleu. La descente fait du bien \u00e0 tout le monde, et offre un peu de r\u00e9pit avant la remont\u00e9e sur le ravitaillement de Valloire, courte mais pentue.<\/p>\n<p align=\"justify\">D&rsquo;un commun accord nous y remplissons nos bidons, \u00e7a tombe bien les miens sont vides. Avec la fra\u00eecheur relative du jour \u00e7a doit me permettre de tenir jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e. Dans l&rsquo;intervalle un groupe revient de l&rsquo;arri\u00e8re pile au moment o\u00f9 on repart : voil\u00e0 de bonnes roues \u00e0 prendre jusqu&rsquo;\u00e0 Plan-Lachat, d\u00e9but de l&rsquo;ascension finale vers le Galibier (18.1 km @ 6.9 %). J&rsquo;accuse un peu le coup au d\u00e9but, mais je me fais violence pour tenir les roues, au moins jusqu&rsquo;au premier lacet raide. Le vent souffle de Valloire ; il nous pousse et rafra\u00eechit un peu l&rsquo;atmosph\u00e8re, des conditions id\u00e9ales pour avaler les forts pourcentages de Plan-Lachat.<\/p>\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_2.jpg\" alt=\"Marmotte\" title=\"Marmotte\" width=\"266\" height=\"400\" class=\"alignleft size-full wp-image-899\" srcset=\"https:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_2.jpg 266w, https:\/\/www.rodolphe-passions.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/marmotte_2-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 266px) 100vw, 266px\" \/>Plus que 8 km avant le sommet du col : nous restons group\u00e9s dans les premiers passages raides et je ne fais gu\u00e8re attention aux indications du Garmin. Un seul objectif : tenir les roues jusqu&rsquo;au sommet, malgr\u00e9 la pente et l&rsquo;altitude. Tout le monde semble souffrir comme moi, sauf Nicolas qui se sent pousser des ailes dans le replat apr\u00e8s les Granges. Chacun cherche \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ; lui descend une dent et nous d\u00e9croche au train. Certains essaient de suivre, mais plafonnent rapidement ; derri\u00e8re je m\u00e8ne le groupe et prends m\u00eame quelques secondes d&rsquo;avance, mais tout le monde se regroupe dans la descente.<\/p>\n<p align=\"justify\">Celle-ci est fra\u00eeche voire froide ; le coupe-vent suffit \u00e0 peine, mais le train d&rsquo;enfer me permet tout juste de manger une barre, pas d&rsquo;enfiler les manchettes. Arriv\u00e9 au Lautaret \u00e7a se r\u00e9chauffe \u00e0 peine, avec le vent violent qui remonte de la vall\u00e9e. La partie vers la Grave &#8211; Villar d&rsquo;Ar\u00e8ne est difficile \u00e0 n\u00e9gocier : entre les tunnels mal \u00e9clair\u00e9s, la circulation estivale du weekend ce n&rsquo;est pas facile de suivre mes adversaires surmotiv\u00e9s et pr\u00eats \u00e0 prendre tous les risques. Nous arrivons au barrage du Chambon sans encombre ; une courte remont\u00e9e dans les tunnels apr\u00e8s le Freney-d&rsquo;Oisans, et c&rsquo;est la derni\u00e8re ligne droite sur Bourg-d&rsquo;Oisans.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le rythme faiblit un peu avant le pied de l&rsquo;Alpe malgr\u00e9 les relais r\u00e9guliers, et j&rsquo;en profite pour manger encore un peu. Rond-point \u00e0 droite, quelques hectom\u00e8tres et nous voil\u00e0 au pied des 21 lacets mythiques (13.2 km @ 8.1 %). J&rsquo;avale un dernier gel, bois un bon coup et c&rsquo;est parti : le compteur affiche 5h36 de course :-). Les 3 km jusqu&rsquo;\u00e0 la Garde sont toujours aussi effrayants, et Nicolas nous refait le m\u00eame num\u00e9ro qu&rsquo;au Galibier. Comme \u00e0 Vaujany je ne cherche pas \u00e0 suivre et laisse filer le groupe : on va se prendre une heure d&rsquo;ascension difficile apr\u00e8s 160 km de course, il faut g\u00e9rer ! Rapidement je me cale \u00e0 250 W, mais force est de constater qu&rsquo;en 36*25 \u00e0 12-13 km\/h je suis plus proche des 280-290 W ;-).<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s la Garde la pente se radoucit, je suis tr\u00e8s concentr\u00e9 sur mon ascension : une gorg\u00e9e d&rsquo;eau tous les kilom\u00e8tres, une relance avec du braquet (36*23\/21 suivant la d\u00e9clivit\u00e9) dans chaque virage \u00e0 plat&#8230; A mi-pente (Ribot) je commence \u00e0 reprendre des concurrents, mais ne faiblis pas. Les kilom\u00e8tres d\u00e9filent jusqu&rsquo;\u00e0 Huez o\u00f9 je reconnais Jean-Luc au bord de la route, accompagnant ses coureurs du VC Pontois depuis tr\u00e8s t\u00f4t ce matin. Il reste 4 km \u00e0 couvrir, et j&rsquo;arrive encore \u00e0 relancer sans trop de mal : \u00e7a sent bon tout \u00e7a ! Plus haut j&rsquo;aper\u00e7ois un maillot Specialized rouge : croyant rejoindre Nicolas je remets une couche dans les derniers virages.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il s&rsquo;agit en fait de C\u00e9dric, qui est en train de faire une bonne hypoglyc\u00e9mie, comme moi l&rsquo;an pass\u00e9. Je l&rsquo;encourage et continue mon ascension, reprenant un autre membre du groupe. Il s&rsquo;accroche et nous arrivons ensemble au tunnel, puis \u00e0 la flamme rouge. J&rsquo;enclenche le gros plateau pour le sprint final, et franchis la ligne le poing serr\u00e9 en 6h37&prime;. Une tr\u00e8s grosse performance, avec plus de 20&prime; gagn\u00e9es par rapport \u00e0 2010. Cela me place \u00e0 la 38\u00b0 place scratch (sur plus de 6000 class\u00e9s), 11\u00b0 des 18-29 ans \u00e0 une quarantaine de minutes de l&rsquo;incroyable Michel Snel, d\u00e9cid\u00e9ment imbattable cette saison en cyclosport. Nicolas a encore mieux fini, puisqu&rsquo;il me prend 4&prime; dans l&rsquo;Alpe-d&rsquo;Huez&#8230;<\/p>\n<p align=\"justify\">Je retiens aussi la gestion parfaite de l&rsquo;ascension et la course en g\u00e9n\u00e9ral : \u00e0 la limite de l&rsquo;\u00e9puisement l&rsquo;an dernier, cette ann\u00e9e je termine un peu plus frais (autant qu&rsquo;on peut l&rsquo;\u00eatre apr\u00e8s 6h30 de v\u00e9lo en haute montagne), avec de super sensations en fin d&rsquo;\u00e9preuve. Maintenant place \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration en ce d\u00e9but de vacances, avant une derni\u00e8re sortie \u00e0 la Serre-Che Luc Alphand (\u00e9dition dantesque avec un double Galibier et le Granon pour finir) dimanche prochain puis une coupure bien m\u00e9rit\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 fin juillet.<\/p>\n<p><center><iframe width='465' height='548' frameborder='0' src='http:\/\/connect.garmin.com:80\/activity\/embed\/96343239'><\/iframe><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s une nuit difficile, j&rsquo;ai rendez-vous ce matin avec la mythique Marmotte (174 km &#8211; 5000 m) pour un double objectif : effacer ma d\u00e9faillance de l&rsquo;an pass\u00e9 et creuser l&rsquo;\u00e9cart sur mon dauphin au Grand Troph\u00e9e. 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