Granfondo les Deux-Alpes

Le nom et les partenaires changent, mais le parcours reste le même pour la 5° édition de la « Pantani » (164 km – 4000 m). Toujours aussi corsé à travers l’Oisans, il consacrera à coup sûr un excellent grimpeur. Je ne sais à quoi m’attendre pour cette course de reprise, mais vu le plateau présent un top 10 sera très difficile à aller chercher. Le peloton n’est pas bien fourni, mais on retrouve les habitués de ce genre de rendez-vous : David pour « sa » course, Nicolas Ougier, Mickaël Gallego, Jérôme Phanon, Eric Leblacher, Jean-Francis Pessey, Roland Chavent… ont fait le déplacement. Après les orages de la veille l’atmosphère est froide au départ (5°C), mais au moins nous roulerons au sec et au soleil.

Granfondo les Deux AlpesLe départ réel est donné vers 8h30, l’organisateur ayant la bonne idée de décaler grand et petit parcours. Du coup moins de monde dans la descente initiale, et moins de bousculade à la Paute, à la séparation des parcours. Devant le peloton je croise différents leaders du Grand Trophée, dont Emmanuel Rias et Hugues Rico, quand l’ascension du col d’Ornon débute enfin. D’abord au train, puis par à-coups lorsqu’un Italien décide de secouer le cocotier à de nombreuses reprises. Les favoris restent vigilants ; je préfère amortir au maximum les démarrages, car les jambes ne sont pas géniales ce matin.

Nous sommes une bonne vingtaine à basculer au sommet ; dans la fraîche descente les meilleurs se ravitaillent et se replacent avant le redoutable col du Parquetout. Il n’y a pas d’attaque franche, mais Leblacher hausse le ton dès les pourcentages les plus rudes, ce qui provoque les premières cassures. David a l’air facile, et au moment où il prend le relais devant je décroche derrière. Me voilà en neuvième position à mener un petit groupe de trois coureurs ; je suis un peu moins bien que l’an passé et au sommet l’écart semble déjà irrémédiable. La descente est compliquée, gravillonneuse et je ne prends aucun risque, me contentant de suivre (déjà bien assez vite) mes compagnons.

Nous tournons à trois, et vers Valbonnais nous revenons sur un jeune coureur du VC Ambert. Le vent souffle de face, et après seulement deux heures de course j’accuse un peu le coup. Je sens que les relais ne sont pas efficaces, et bientôt une demi-douzaine d’hommes nous rejoignent dont Hugues. La remontée sur la Morte, rendue pénible par le vent, se fait au train ; au sommet nous sommes quelques-uns à s’arrêter ravitailler, et le groupe se scinde en deux. La descente est rapide et fraîche sous les nuages ; au pied le vent devient favorable et nous apercevons l’autre groupe en point de mire.

Les relais ne tournent pas trop mal au plat, mais dès que ça monte un peu certains affichent leurs limites, ce qui agace les autres. L’entente n’est pas très bonne, et nous ne parvenons pas à faire la jonction. Nous arrivons ainsi à Bourg-d’Oisans autour de la 13° place, et Hiddema prend rapidement du champ en montant vers la Garde. Derrière chacun monte à son rythme : nous sommes trois ou quatre à basculer vers Auris, et je perds le contact sur la relance. Accusant le coup je me ravitaille et attrape un bidon dans la courte descente sur le Freney (très bonne initiative du club local).

Me voilà seul comme l’an passé, mais en bataille pour un top 20… Je ne me fais plus d’illusions pour un podium dans la catégorie, du coup la motivation en prend un coup. En remontant au barrage je m’attache à garder un rythme correct, mais c’est difficile de maintenir les 250 watts. L’ascension vers les Deux-Alpes débute sans grande conviction ; la température est idéale, mais je faiblis de plus en plus. Après la courte rupture de pente en milieu d’ascension je me force à manger, un peu tard car j’étais en hypoglycémie depuis un moment. Je finis tant bien que mal jusqu’à la station, tout à gauche. Je coupe la ligne complètement sec en 5h35’12 », ce qui me place en 17° position (7° catégorie).

Résultat un peu décevant à chaud, mais fin-août je cours à nouveau à un bon niveau en cyclosport ; chose que je croyais impensable il y a encore deux mois. Malgré la difficulté d’une telle épreuve cela fait le plus grand bien, et remet sur de bons rails après pas mal d’instants de doute. La journée est encore plus belle pour David, puisque après plusieurs podiums aux Deux-Alpes il a fini par remporter sa course fétiche, reprenant puis lâchant ses derniers adversaires dans une ascension finale exceptionnelle. Bravo à lui !

Résultats : Granfondo les Deux-Alpes

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