Après une semaine sans compétition mais chargée en volume d’entraînement, je me présente motivé au départ de la Risoul-Queyras sur un magnifique parcours que je connais bien. Col de Vars, col de Pontis et montée finale vers Risoul sont au programme pour les quelques centaines de cyclosportifs présents à Guillestre. Dès 8h15 la température est déjà élevée ; le thermomètre ne cessera de grimper jusqu’à l’arrivée. Sur la ligne on retrouve les deux David (De Vecchi, Polveroni) ainsi que les habitués du rendez-vous haut-alpin, avec un fort contingent de coureurs sudistes.
Le départ est relativement calme, avant la séparation des parcours quelques minutes plus loin : à gauche dans le Queyras pour le 90 km, à droite sur le 140 km, direction le col de Vars. Bruno Mestre assure un train soutenu dans les premiers kilomètres, avant une grosse accélération dès les premiers gros pourcentages. Nous sommes une douzaine devant, et si la mise en route est un peu difficile (comme d’habitude) les jambes se débloquent assez rapidement. La descente sur St-Marie offre un court répit et permet à quelques hommes de revenir, avant d’attaquer la seconde partie de l’ascension, plus ventée. Discutant un peu avec Bruno j’assure le train autour de 280 watts, avant que Patrick Fiorentino ne hausse le ton au refuge Napoléon. Le vent souffle de face, et je reste bien à l’abri dans les six premières positions pour franchir le sommet sans encombre.
Dans la descente ça part à bloc, et bientôt le compteur flirte avec les 85 km/h. Pas très à l’aise je garde néanmoins le contact avec la tête ; malgré une légère cassure le groupe se reconstitue avant la Condamine, dans la longue vallée de l’Ubaye. L’entente n’est pas bonne, mais vent favorable et faux-plat descendant gardent l’allure au-dessus des 45-50 km/h sans trop se fatiguer. Après une rapide traversée de Barcelonnette le groupe s’agite un peu au Lauzet ; je reste calé dans les premières positions pour la deuxième difficulté du jour, qui s’annonce décisive.
Le col de Pontis est relativement court mais raide, offrant une pente moyenne de 9 % sur 5 km. J’attaque l’ascension en tête, rapidement débordé par la meute qui part très fort. Je récupère un bidon et gère mon ascension, en reprenant petit à petit les lâchés. Avec Cédric Bonnefoy et Jérôme Phanon nous formons bientôt un trio autour de la dixième place ; une minute plus haut j’aperçois David et Michel Roux. J’appréhende la descente, mais contrairement à la reconnaissance du printemps celle-ci est très propre : un gros boulot de nettoyage a été fait ces dernières semaines, merci aux services locaux !
Avant Savines nous sommes quatre : Cédric, Jérôme, le Belge Kris Lapere et moi. Deux coureurs nous précèdent de peu ; aidé par Jérôme j’augmente l’allure pour rejoindre Franck Lemasson et Fabien Oules à Boscodon. Le groupe est homogène et chacun assure sa part de travail, même si j’ai tendance à en faire plus sur des routes que je connais parfaitement. Après Baratier nous avons 2′ de retard sur les six hommes de tête, au moment d’entrer dans les traverses de St-Clément. Les virages et côtes passent encore bien après trois heures de course, tout en observant la belle vallée de la Durance en contrebas. Il fait de plus en plus chaud ; j’ai bien fait de poser un bidon au pied de l’ascension finale 😉
Avant le Plan de Phazy je mange une dernière fois, et nous commençons ensemble l’ascension vers Risoul. Le rythme n’est pas très élevé ; je perds un peu de temps en ramassant mon dernier bidon, vite repris lorsque les autres s’arrêtent au ravitaillement des Bruns. Jérôme s’envole, tandis que Fabien, Franck et Kris me distancent dans la partie roulante. Atteignant ma vitesse de croisière je stabilise l’écart, puis commence à revenir sous les encouragements de Stanislas qui me tend une bouteille d’eau. Je m’arrose abondamment ; à la moitié de l’ascension j’ai repris Fabien, Kris et reviens sur Franck pour la huitième place. C’est chose faite à quelques kilomètres de Risoul, lorsque je commence à faiblir. Franck me lâche à nouveau, et Kris recolle à trois kilomètres du sommet. Ça n’avance pas vite, me revoilà dixième, sans me douter que je laisse échapper le podium de la catégorie. A la flamme rouge je suis collé et ne peut contenir le retour de Fabien, qui me dépose à l’entrée de la station : il n’y aura pas de top 10 aujourd’hui 😛
Je termine 11° en 4h42, à mois de deux minutes de la huitième place. Tout s’est joué dans les derniers kilomètres, il m’a encore manqué un quelque chose pour tenir jusqu’au bout : déshydratation ? hypoglycémie ? trop généreux loin de l’arrivée ? Peu importe, devant il n’y a que des costauds (derrière aussi), difficile d’être vraiment déçu de ma prestation du jour. Un peu plus tôt David De Vecchi l’emporte devant David Polveroni et Maxime Gentet, un beau podium scratch :). Maintenant place aux vacances dans mes chères Hautes-Alpes, avant quelques grimpées pour se (re)mettre dans l’allure avant le Granfondo les Deux-Alpes fin août.
Résultats : Risoul – Queyras