Granfondo les Deux-Alpes

Comme un an plus tôt il pleut toute la nuit, et la route menant aux Deux-Alpes est encore bien humide au lever du jour. Le soleil est heureusement présent pour les quelques centaines de courageux présents à cette nouvelle manche du Grand Trophée, et finalement les conditions météo seront idéales pour faire du vélo. Pour cette cinquième édition le parcours est amputé du terrible col du Parquetout, suite à de longs travaux de réfection routière. Il n’en reste pas moins exigeant, même si le groupe de tête risque d’être plus étoffé à l’Alpe-du-Grand-Serre.

Granfondo les Deux-AlpesCe n’est pas la grosse affluence, mais en l’absence du tenant du titre David Polveroni les têtes d’affiche sont nombreuses au départ réel du Freney-d’Oisans. Celui-ci est enfin donné vers 8h30, en descente direction Bourg-d’Oisans. Les quelques traces d’humidité ne semblent pas effrayer certains ; nous arrivons à vive allure au pied du col d’Ornon, première difficulté du jour. Dès le pied deux étrangers assurent un train bien soutenu, et l’écrémage commence. Aux côtés de Frédéric Ostian je ne quitte pas les premières positions, et l’allure se réduit un peu dans le replat à mi-pente.

Un peu trop au goût de Jérôme Phanon : le grimpeur triévois augmente franchement la cadence, je me retrouve au seuil sur les derniers kilomètres tandis que les meilleurs se replacent à l’avant. Au sommet ensoleillé je m’habille un peu en émergeant du brouillard : les photos seront belles ! Nous sommes une bonne douzaine en tête, mais les écarts restent faibles. Jérôme ne se relève pas et prend un peu d’avance dans la descente, nous précédant d’une trentaine de secondes.

La suite est un peu monotone jusqu’à Valbonnais, puis Siévoz : le vent commence à être défavorable, personne ne veut rouler derrière l’homme de tête qui continue cavalier seul. Toujours dans les premières positions je prends trop de vent, mais je n’ai pas envie de me faire piéger par une éventuelle attaque… Qui ne vient toujours pas. Une bonne vingtaine d’hommes arrive à Lavaldens, et avec Frédéric on s’attend à une attaque des « grands » dans la Morte, mais toujours rien. Eric Leblacher se replace devant, mais le vent freine les ardeurs de chacun. J’imprime un bon tempo dans les premiers lacets de ce petit col, relayé ensuite par Nicolas Fine jusqu’au sommet, vent de face.

Granfondo les Deux-AlpesArrêt ravitaillement pour certains au sommet ; vu la fraîcheur du jour il n’est pas nécessaire pour moi, mon bidon de réserve à Bourg-d’Oisans suffira. Le début de la descente se fait dans le brouillard, et malgré les passages bien humides ça descend très vite sous l’impulsion d’un jeune coureur francilien. Une cassure anodique se forme à St-Barthélémy, mais le temps de se regrouper derrière et les trois hommes (dont Frédéric) prennent vite 20″ d’avance. Ça tergiverse dans le groupe pendant que ça embraye devant, et l’écart grandit à vue d’œil avec un vent légèrement favorable.

L’entente n’est pas bonne et j’essaie de relancer l’allure, mais sans renfort ce n’est pas avec mes talents de rouleur qu’on va maintenir voire réduire l’écart. Nicolas Ougier tente à son tour de dynamiser la poursuite, Hugues Rico puis Nicolas Fine relaient également… Mais sur un groupe d’une vingtaine c’est bien peu, d’autant que les favoris comme le Suisse Charrière ou l’Anglais Sybrandy (deuxième l’an passé) restent bien au chaud dans le fond de la classe. Nous perdons bientôt de vue les échappés, qui rejoignent Jérôme vers Rochetaillée.

De mon côté je me ravitaille au mieux et essaie de bien tourner les jambes, car la bataille va être rude les vingt derniers kilomètres. Au pied de la Garde je récupère comme prévu mon bidon mais repars bon dernier du groupe : que la remontée commence :). Devant ça explose sous l’impulsion d’Eric, et je double plusieurs coureurs, les jambes dures mais encore efficaces. Ça fait du bien au moral, à la Garde j’ai repris une demi-douzaine d’adversaires. Avant les balcons d’Auris je reviens très près de Nicolas et Hugues, mais dois lever un peu le pied pour manger quelque chose, jamais simple dans des pentes avoisinant les 8-9 %.

Granfondo les Deux-AlpesIls reprennent un peu de champ, tandis qu’un jeune coureur s’accroche à mes basques. La fin des balcons est magnifique mais difficile, je commence à regarder derrière. Suffisamment lucide pour descendre proprement sur le Freney, je perds le contact visuel avec mes prédécesseurs ; sauf défaillance de l’un d’entre eux je ne vois pas comment aller les chercher. J’attaque cependant l’ascension finale motivé, prêt à tout donner pour ne pas avoir de regrets ; toujours suivi comme mon ombre par mon adversaire, qui semble encore à l’aise.

La partie roulante jusqu’au pied des Deux-Alpes permet à notre poursuivant de se rapprocher, mais dès la sortie du tunnel je passe la seconde. Calé à 15-16 km/h le jeune suit toujours, mais l’écart se creuse à nouveau derrière. Je ne sais plus trop où j’en suis au classement, donc je me concentre sur le décompte des kilomètres : une bonne gorgée de liquide à chaque kilomètre, soit toutes les quatre minutes environ. A mi-pente je profite du replat pour avaler une dernière compote : le répit est de courte durée et la remontée douloureuse. Au fil des virages je joue avec mon dérailleur, le plus souvent sur le 36*21/23. Je songe à David, qui un an plus tôt s’envolait vers la victoire en ces lieux, sur son gros plateau de 53 dents !

A trois kilomètres du sommet nous sommes toujours en duo, et je laisse passer mon adversaire pour le jauger un peu. Les premiers chalets font leur apparition à la flamme rouge, j’hésite à attaquer car les crampes ne sont pas loin. Finalement je fais le forcing et passe la ligne devant dans un semblant de sprint, pour une quinzième place à une bonne dizaine de minutes du vainqueur. Je suis déçu de rater à nouveau le top 10 ; d’un autre côté c’est mon meilleur finish aux Deux-Alpes, et le niveau est bien plus dense qu’en 2010 et 2011. Très entamé physiquement je ne pouvais guère faire mieux ce matin, à part me planquer un peu plus dans les vallées… En tout cas me voilà assuré de remporter le Grand Trophée cette année : encore un objectif rempli pour cette année :).

Résultats : Granfondo les Deux-Alpes

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