Alpigap

Après une chouette expérience l’an passé je reviens avec plaisir dans les Hautes-Alpes, pour la 17° édition de l’Alpigap. Légèrement modifiée celle-ci fait toujours la part belle au Dévoluy et Champsaur, sur des petites routes tortueuses où les coureurs sont toujours en prise. La météo est nettement plus instable cette année, mais heureusement pour la majorité des participants le déluge cesse et le soleil pointe ses rayons une petite heure avant le départ. Peu de monde au départ, mais un joli plateau : le jeune professionnel Jérémy Bescond (Cofidis) est accompagné de Tony Mezure, Julien Pesce (VS Hyérois), Nicolas Carret (AVC Aix) et le local Stéphane Tempier (UCPG). Je retrouve également Frédéric Ostian, Bruno Mestre et Patrick Fiorentino (récent champion de France masters).

AlpigapLe départ est nerveux, sur des routes pas encore sèches : je remonte devant pour ne pas me faire piéger. Le rythme est calme jusqu’à Sigoyer, mais tout s’accélère à la fin du col de Foureyssasse sous l’impulsion des jeunes loups du petit parcours. Vu l’état de la descente je reste tranquille et observe à distance les dégâts : ça tombe dans chaque virage ou presque, avec Frédéric et Patrick nous attendons les portions moins risquées pour rouler et revenir sur les hommes de tête. Une première sélection s’est faite ; elle a mis hors-jeu les descendeurs maladroits ou trop téméraires.

Jérémy teste un peu le groupe, puis Stéphane relaie fort : dans le col d’Espréaux je ferme bientôt la marche d’un groupe fortement réduit. Nous sommes moins d’une dizaine, et plusieurs costauds manquent à l’appel : au taquet je reste concentré sur une seule chose, ne pas lâcher les roues. Vu les orages de la nuit j’appréhende un peu la descente difficile dans les gorges, mais après 1h30 de course chacun pense plutôt à se restaurer ; j’en fais de même. Au ravitaillement de Veynes quelques hommes reviennent de l’arrière ; nous voilà environ une quinzaine en tête. Stéphane continue d’imprimer le rythme, avant que l’allure ne se réduise dans les longues lignes droites menant à la difficulté suivante.

Le col du Festre est monté crescendo comme en 2012 ; cette fois c’est Jérémy et Nicolas qui impriment un gros rythme. L’accumulation des efforts commence à peser, et je laisse filer les sept meilleurs avec Yann Durand dans ma roue. Il décroche peu après sur une relance de ma part ; dans le sillage des voitures je stabilise l’écart à 30″, avant de recoller dans la descente. Le temps de souffler quelques minutes, et Jérémy en remet une couche dans le col de Rioupes. C’est court mais je suis incapable de réagir et garde longtemps les hommes de tête en point de mire, jusqu’à St-Etienne-en-Dévoluy.

AlpigapLes premiers lacets du col du Noyer me permettent d’observer la bagarre à distance, mais surtout de voir le retour de Bruno et Yann. Dans le replat avec un léger vent de face je temporise le temps d’avaler une barre ; mes poursuivants font la jonction au pied de la partie finale. Dans les pourcentages les plus raides je me contente de suivre, et réalise une descente propre avec Bruno, tandis que Yann est éliminé sur crevaison. Je passe sans encombre le fameux virage manqué de l’an dernier, puis nous nous entendons avec Bruno pour collaborer le plus loin possible. Après trois heures de course le soleil est bien présent ; je récupère un bidon à St-Bonnet, paré pour le final.

Dans le bocage champsaurin j’essaie tant bien que mal de relayer Bruno, mais je le sens supérieur dès que la route s’élève. Notre duo va continuer ainsi une vingtaine de kilomètres, à moins de 2′ du petit groupe qui nous précède. Dans une petite côte après Chabottes je passe petit plateau, tandis que mon compère garde la plaque : je lâche prise sans trop savoir pourquoi. Pendant de longs kilomètres il reste en point de mire, avant de disparaître définitivement en remontant vers St-Léger-les-Mélèzes. En me ravitaillant une dernière fois je croise Stéphane qui a bâché, victime d’une fringale et souhaitant se préserver pour ses prochaines échéances internationales en VTT.

A Ancelle les quatre heures d’effort pèsent de plus en plus, mais connaissant les lieux je sais qu’au col de Manse c’est gagné. Toujours personne loin derrière : je franchis la difficulté au train, avant de basculer dans la dernière descente. Le vent légèrement de face je dois m’employer pour rejoindre la N85 à bonne allure, ensuite virage à gauche direction Gap. Je rejoins quelques coureurs du petit parcours, avant de traverser la ville bien sécurisée par les bénévoles et la gendarmerie présents aux carrefours. Le faux-plat menant à l’arrivée est moins pentu que l’an passé : je lâche mes dernières cartouches et franchis la ligne en 8° position, à un quart-d’heure du vainqueur Jérémy Bescond.

Un peu déçu de n’avoir pu finir avec Bruno, mais vu sa remontée dans le Champsaur (à quelques secondes du top 5) j’aurais certainement craqué plus loin. Encore trop généreux en début de course je m’en tire mieux qu’aux Deux-Alpes deux semaines plus tôt, avec un podium catégorie (2°) à la clé : ça fait toujours plaisir :). Reste à se doucher et manger un vrai repas au Pavillon Carina, un confort encore trop rare sur les cyclosportives du calendrier. Je tiens à féliciter une fois de plus l’UCPG et tous ses bénévoles pour cette belle journée, qui mériterait beaucoup plus d’affluence.

Résultats : Alpigap

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