Voyage en terre inconnue avec Brice ce week-end : nous posons nos roues pour la première fois dans la belle et sauvage Lozère. La Canourgue accueille la deuxième manche du Cyclo’Tour Rotor, organisé de main de maître par LVO. Si mon binôme vient pour conserver son leadership au classement général des petits parcours, je continue d’affiner ma condition. Le parcours n’est pas encore à mon avantage avec beaucoup de parties roulantes, mais il me permet d’accumuler les efforts en course… Ce dont j’ai besoin en ce moment !
135 km et 2000 m sont annoncés (2300 m en réalité) avec beaucoup de coureurs locaux. Sur la ligne de départ je reconnais néanmoins Cédric Paluello, solide leader du général sur les grands parcours, Sébastien Gissinger et Jean-Luc Chavanon (Eco-Cyclo), Nicolas Ougier (Scott-les Saisies), Nicolas Raybaud et deux coureurs élite de Charvieux-Chavagneux sur leurs terres : Damien Albaret et Mathieu Caramel. Le soleil de la veille a fait place à une pluie nocturne qui rafraîchit l’atmosphère : heureusement elle cesse avant le départ, mais seulement 10 petits degrés nous accueillent sur la ligne.
Le départ neutralisé est détendu, tandis que les routes commencent à sécher avec un vent qui forcit. Je suis aux avants-postes lorsque nous entamons la longue ascension vers le col du Trébatut, point culminant de la première boucle. Cédric lance les hostilités dès le pied ; ça réchauffe tout le monde, même si à froid j’ai un peu du mal à suivre le rythme. Une bonne vingtaine d’hommes se retrouve en tête, mais les écarts sont faibles dans les quelques replats avant le sommet. Pour me tester je tente ma chance en solo, avant que Cédric ne vienne me prêter main-forte… L’écart ne grandit pas, et le regroupement s’opère lorsque le soleil pointe son nez au sommet.
La descente sur St-Germain-du-Teil est tortueuse, rapide et sèche : retour à la case départ au km 45, pour entamer la seconde boucle, où se fera la décision. Le rythme est peu élevé dans l’approche des gorges du Tarn, lorsque les hommes en rose passent à l’action dans un court passage à 7-8 % : l’attaque de Damien est tranchante et la cassure nette, me voilà relégué dans un petit groupe de chasse avec Jean-Luc et Nicolas. L’écart est limité, mais ça roule fort vent de côté : tout le monde est à bloc et les jambes brûlent, lorsque nous parvenons à faire la jonction un peu plus loin.
Nous débouchons à une quinzaine sur le plateau, lorsque Mathieu contre dans la descente : tout le monde en file indienne jusqu’à Sainte-Enimie, entrée des gorges du Tarn. Le panorama est magnifique, mais les virages nombreux et il faut redoubler d’attention à près de 70 km/h. Après 2h30 de course ça finit par ralentir, le vent de face calmant les ardeurs de chacun. Bien encadré par les motards le peloton musarde : peu attentif je remarque à peine Nicolas qui prend le large avec Stéphane Cheylan (Scott-Vélo 101), anticipant la prochaine difficulté acheter levitra.
A ce moment-là un groupe d’une trentaine revient, je prends un petit coup au moral : tant d’efforts fournis pendant trois heures de course, pour se retrouver une bonne quarantaine à 35 km de l’arrivée. Discutant en queue de peloton avec Sébastien j’en profite pour me ravitailler et tourner les jambes avant la difficile côte des Vignes (7 km @ 7 %), annoncée comme stratégique. Au loin on aperçoit les lacets surplombant la falaise ; aux Vignes virage serré à droite et c’est parti !
Les premières rampes sont les plus délicates à gérer, Cédric allume la première mèche. Un peu enfermé je ne réagis pas de suite, avant de mettre la machine en route, à bonne distance du groupe de chasse emmené par Nicolas Ougier. Sans calcul je monte à fond ; on fera le point au sommet. Petit à petit je reprends les coureurs lâchés et me rapproche de Jean-Luc, qui parvient seul à prendre ma roue. Le dernier kilomètre est un peu plus roulant et son aide bienvenue, mais insuffisante pour combler les 30″ qui nous séparent de la tête. Au sommet la situation est simple : quatre hommes forts en tête (Cédric, Damien, Mathieu et Nicolas O.), deux intercalés (Nicolas R. et Stéphane) puis Jean-Luc et moi devant un groupe d’une dizaine de coureurs.
Les écarts sont faibles ; le Causse de Sauveterre balayé par le vent se charge de les accentuer. Je n’apprécie guère ce terrain vallonné et venté mais me fais violence pour relayer Jean-Luc, plus puissant que moi. Après quelques kilomètres de chasse intense nous revenons sur Nicolas et Stéphane : seul ce dernier s’accroche au wagon, nous continuons à trois à 20 km de l’arrivée. La majeure partie du travail est assuré par Jean-Luc et les nombreux virages ne permettent pas de juger les écarts entre les groupes. Je ne lâche rien et relaie sans calculer, lorsque nous basculons dans les 10 derniers kilomètres de descente.
Ça va vite, très vite et si la toute dernière côte nous casse les jambes à Stéphane et moi, Jean-Luc nous attend au sommet pour finir ensemble. Toujours personne derrière : les kilomètres défilent à toute vitesse, ça sent l’écurie lorsque nous arrivons au rond-point de Banassac. Nous arrivons pour la cinquième place mais il n’y a pas de sprint : Jean-Luc passe logiquement la ligne en premier, suivi de Stéphane et moi, trop content de cette belle 7° place en quatre heures pile. Devant Cédric fait troisième au sprint derrière Damien et Mathieu vainqueurs à domicile ; Nicolas décroché dans la dernière côte prend la quatrième place.
Premier podium (2°) de ma catégorie qui lance enfin ma saison ; de son côté Brice remporte le petit parcours en solitaire… Le week-end se conclut en beauté sous un chaud soleil devant le fameux aligot lozérien. Après un gros volume de travail la forme arrive tranquillement à quelques semaines des premiers objectifs. Je risque encore de souffrir sur les cols roulants du Verdon dimanche prochain, mais ensuite les choses sérieuses commenceront 🙂
Résultat(s) : Lozérienne – grand parcours