Après une première victorieuse et baignée de soleil en 2013, c’est une toute autre météo qui nous accueille ce matin à Belfort… Digne d’un mois de novembre avec 12°C et une pluie soutenue. Malgré tout je reste motivé parmi la quarantaine d’engagés en Pass’Cyclisme, sans Alban qui a préféré faire l’impasse mais avec Anthony qui vient participer « pour voir » 🙂 . L’échauffement est réduit à sa plus simple expression sous l’averse ; je compte sur l’approche vallonnée jusqu’à Giromagny pour monter en température. Après beaucoup de cols gravis lors de mes vacances haut-alpines j’ai repris tardivement les intensités, la forme étant équivalente à celle de l’an passé.
Chacun est très prudent dans la traversée d’Offemont, puis Eloie : pour ma part je reste collé devant pour virer au mieux sur les bandes blanches qui jalonnent le parcours. Quelques attaques secouent le paquet, néanmoins nous traversons Giromagny groupés ; Anthony est encore là au moment où le peloton s’agite pour la première prime. J’en fais un peu trop mais ne garde qu’un seul objectif en tête : rester groupés jusqu’à Malvaux.
Dès les premières pentes je hausse le ton, et me fais contrer sur la prime de la Roche-du-Cerf… Peu importe, à cette allure le peloton commence à se morceler : après le Saut-de-la-Truite nous sommes une demi-douzaine en tête mais les écarts restent faibles. L’un de mes adversaires semble facile, et prend un bon relais : malgré l’effort j’ai froid aux mains, et les jambes ne répondent pas comme d’habitude. J’accélère néanmoins plusieurs fois, sachant que je n’ai aucune chance au sprint.
La quatrième tentative est la bonne : après la longue accélération du coureur breton je contre sèchement et personne ne réagit . A cinq kilomètres du sommet l’écart est mince, je me mets à fond de longs instants autour de 400 watts pour transformer l’essai. Les jambes font mal mais l’écart grandit, lentement mais sûrement. Encouragé par Pascal (venu sécuriser la course en moto) je me fraye un passage au milieu des coureurs lâchés de la course 2/3/J, précédé par la direction de course. A la faveur de quelques lacets je perds de vue mes poursuivants, tout en stabilisant la puissance autour de 330 watts.
En maintenant cette allure je suis à peu près certain de ne plus être rejoint : les derniers kilomètres sont davantage une bataille contre le froid qu’autre chose. J’émerge du brouillard à la flamme rouge, bras et doigts engourdis par le froid. Le vent de côté nous cloue sur place sous une pluie battante : impossible de passer le gros plateau dans le talus final. Tétanisé par le froid humide j’ai du mal à me dresser sur les pédales : après un dernier coup d’œil derrière je savoure les derniers hectomètres jusqu’à la ligne, très heureux d’avoir vaincu mes adversaires et les éléments devant mes proches.
Anthony arrive 13′ plus tard, ayant pris de temps de monter à sa main. De mon côté le record personnel n’était pas loin, en tout cas malgré une météo hostile et une ascension moins régulière la puissance fournie était plus importante qu’en 2013 🙂 . Les jambes sont toujours là, reste à bien se réchauffer et récupérer en vue de la Madeleine, cyclosportive « musclée » du côté de St-François-Longchamp.
Résultats : Critérium du Ballon d’Alsace (Pass’Cyclisme)
Félicitations pour cette victoire !