Alpigap

Comme chaque année je retourne avec plaisir dans les Hautes-Alpes sur cette belle cyclosportive, organisée de main de maître par l’Union Cycliste du Pays Gapençais. Pour cette édition la météo est parfaite et l’organisation recense quasiment 600 coureurs, une juste récompense vu l’énergie déployée. Brice m’accompagne sur l’épreuve, avec une entame modifiée du côté de Serre-Ponçon. Au départ on retrouve les habitués de ce genre de rendez-vous, majoritairement sudistes avec beaucoup de jeunes coureurs locaux sous un ciel bleu azur.

AlpigapAprès quelques minutes neutralisées dans les rues de Gap, ce sont d’ailleurs les jeunes de l’UCPG qui mettent le feu aux poudres dans le col de la Sentinelle (7.4 km @ 3 %). Malgré la faible pente ça monte très vite et je regrette déjà d’avoir emmené manchettes et coupe-vent. Peu importe, les jambes répondent et c’est le principal : je bataille souvent devant avec Frédéric Ostian et Jérôme Phanon. Andrea Paluan et Stefano Sala (Team Carimate Kemo) nous mènent la vie dure en descente, si bien que Stefano sort avec Benoît Bessière (St-Etienne) du côté de Remollon, sur un moment de flottement du peloton.

Moins d’une heure de course et nous voilà au pied du col Lebraut (8 km @ 6 %), monté en deux temps. Jérôme imprime un train soutenu derrière la tête de course ; je poursuis l’effort sur une route que je connais par cœur, jusqu’au barrage de Serre-Ponçon. Je suis quasiment à fond, pourtant une bonne vingtaine de coureurs basculent dans mon sillage, à une trentaine de secondes du duo de tête. Sans doute une cartouche qui me manquera plus tard… La seconde partie du col est plus pentue ; je laisse faire et m’accroche devant lorsque la jonction s’opère : nous descendons à présent à toute vitesse sur Chorges, chacun songe à se ravitailler avant les choses sérieuses.

Là les “hommes en rose” Andrea et Stefano prennent la tangente ; personne ne bronche derrière. Je tente de sonner la charge avec Jérôme dans la partie vallonnée des Brés, mais à part beaucoup de timides attaques de concurrents du petit ou moyen parcours, ça n’embraye pas vraiment. Je laisse néanmoins de l’influx dans l’enchaînement de courtes montées/descentes, avant le difficile et décisif col de Moissières (7.2 km @ 8 %). Dès le pied Jean-Francis Pessey et Serge Garnier forcent l’allure, et je ne peux que laisser filer le petit groupe qui se constitue en tête du grand parcours, malgré un solide rythme de croisière.

AlpigapSur le grand parcours on retrouve Jean-Francis, Kenny et Michel Roux en chasse derrière les deux Italiens ; le regroupement s’opère au sommet. Derrière Jérôme est intercalé, nous sommes quatre en poursuite : Jean-Noël Sarlin, Michiel Minnaert, Christophe Halleumieux et moi-même. D’autres coureurs du parcours moyen s’accrochent à nos basques dans la forêt (3 km @ 10 %), mais ne prennent pas part à la chasse. Tout le monde souffle et se ravitaille à la bascule ; la vue sur le Champsaur est magnifique, mais la course reprend vite ses droits. Nous rejoignons Jérôme à Ancelle, avant une longue partie usante et vallonnée jusqu’à Chabottes.

La courte ascension vers La Villette (4.3 km @ 6 %) révèle les forces et faiblesses de chacun : je souffre derrière Jérôme et Jean-Noël, Christophe fait l’élastique tandis que Michiel décroche définitivement sous un soleil de plomb. La descente suivante est calme ; après quelques bons relais nous arrivons à St-Julien-en-Champsaur, où je tente sans succès d’attraper une bouteille d’eau pour me ravitailler… J’aurai une seconde chance au deuxième passage ! Le concurrent du moyen parcours nous laisse à la bifurcation ; à St-Bonnet-en-Champsaur virage à droite pour entamer la montée de Chaillol (7 km @ 7 %).

AlpigapRien de méchant sur le papier, mais après trois heures de course les jambes commencent à brûler. Jérôme et Jean-Noël accélèrent à tour de rôle ; Christophe est le premier à lâcher prise. Derrière les deux purs grimpeurs je me fais violence pour revenir à chaque accélération, en prenant soin de laisser chacun chasser l’autre 🙂 Je m’en sors ainsi jusqu’au sommet, non sans mal. Ensuite c’est plus facile, je m’accroche donc comme un beau diable. Encore une descente jusqu’à St-Julien, où j’arrive cette fois-ci à prendre de l’eau. Je recolle facilement dans la descente avant un bout de plat jusqu’à St-Laurent-du-Cros, permettant à chacun de se ravitailler.

Le col de Manse (5.1 km @ 4 %) est franchi à vive allure sur une route gravillonneuse ; j’essaie de rester au maximum dans les roues, pour m’abriter du faible vent au sommet. Un dernier gel avant la descente ; il est clair à présent que la sixième place se jouera à trois. La descente est rapide jusqu’à Gap, connaissant la difficulté finale je réfléchis au meilleur endroit pour porter mon attaque face à deux coureurs un peu plus forts que moi. La traversée de la ville se fait sans risque inutile ; nous voilà au pied du mur final (1.5 km @ 5 %) qui va décider des places d’honneur.

On s’observe un peu, je tente ma chance à la flamme rouge : l’attaque n’est pas tranchante mais je creuse un petit écart sur mes adversaires. Malheureusement je sens l’acide lactique monter dans les cuisses et plafonne ; 500 m avant la ligne Jérôme est le premier à revenir, suivi de Jean-Noël à quelques secondes. Au bord des crampes je ne peux m’accrocher et termine ainsi huitième, à plus de six minutes du grand vainqueur Jean-Francis cialis in australia. Encore un sprint perdu, mais je n’ai pas à rougir de ma prestation : peu d’erreurs sur une course où je loupe le coche dans Moissières, sans faiblir par la suite. Les watts et l’envie sont toujours là, ce qui augure d’une belle fin de saison 2014 😉

Résultat(s) : Alpigap – Champsaurin

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