Après une semaine chargée professionnellement mais légère sportivement, je me présente l’esprit léger et en bonne condition à Méaudre. Ça tombe bien, le parcours proposé est un gros morceau avec beaucoup de jolis cols dans le Vercors, sur des routes que je connais presque pas cœur et offrant peu de répit. Le soleil est de la partie malgré les 4°C au départ, avec peu de vent pour une belle journée de vélo.
Ça démarre gentiment vers le col de la Croix-Perrin : Jérôme, puis Sébastien impriment un train qui permet de vite se réchauffer. La descente rapide nous emmène jusqu’à Lans, puis Villard où certains prennent beaucoup de risques dans la descente avant le col d’Herbouilly. Parfaitement placé au pied je suis sans trop de problème l’allure dans la première partie : le groupe de tête est encore important, d’autant que l’allure est plus modérée dans la deuxième partie (malgré une accélération de Julien).
A la bascule ça part dans tous les sens : Nicolas et Stefano font la descente -technique- à bloc, et en quelques virages négociés prudemment je perds quelques longueurs… qui se transforment en 30″ à St-Martin ! Au lieu d’arriver tranquillement groupés à Rousset, la chasse est effrénée avec David, Sébastien et William (principalement). Malgré l’importance du groupe pas grand monde nous prête main forte : la poursuite va laisser des traces car devant quelques favoris (plus habiles que nous dans la descente) ne chôment pas non plus.
La situation est rétablie au pied du col du Rousset, où Sébastien et David continuent de durcir l’allure après une accélération de Julien. Les jambes commencent à piquer à l’approche du col de Lachau, où il est temps d’enlever coupe-vent et manchettes. Avec l’accumulation des difficultés le groupe explose en quelques hectomètres : j’ai du mal à réagir de suite, après un ou deux kilomètres je retrouve mon rythme de croisière habituel et m’accroche solidement au train en marche. Au sommet plus qu’une douzaine d’hommes en tête, quelques costauds manquent à l’appel et ne reviendront plus.
Après une descente relativement sereine nous arrivons au col de Portette, franchi -presque- dans l’élan et les meilleurs descendeurs recommencent leur show dans la descente. Là je suis plus que limite sur une route granuleuse, parfois gravillonneuse et je perds le contact avec Bernd, Stefano, David (De Vecchi), William et un coureur du Team Vercors. Sébastien est à quelques secondes derrière, David plus loin suite à une belle frayeur dans une épingle. Devant ça plafonne à une demi-minute, je m’alimente et ne m’affole pas en prenant place dans le groupe de chasse.
Un Sébastien de gala nous passe en trombe après le ravitaillement et revient rapidement sur la tête de course, tandis que Jean-Francis lâche prise (trahi par sa mécanique). Accompagné de Kenny, Michel, Jérémy et Jérôme je mène bon train encouragé par notre coach Jean-Luc : devant ça ne s’envole pas et certains font l’élastique… A 50 km de la ligne la course est loin d’être finie. David revient enfin sur nous, et contre immédiatement emmenant Kenny avec lui. Je sais qu’il va revenir à coup sûr devant, mais j’hésite à me mettre dans le rouge au risque de le payer cash plus loin.
L’écart se maintient jusqu’au col de Gaudissard, où nous revoyons Bernd et Stefano en légère difficulté. L’écart n’excède pas la minute avant la Combe Laval, mais tout le monde est à fond même si Bernd et Stefano me relaient bien dans la rupture de pente… Où je suis toujours limite à ce moment de la course. Je souffre vers le col de Carri où nous pointons à 2’10 » des leaders, tandis que Jérémy et Jérôme craquent définitivement. Nous voilà quatre pour rallier l’arrivée ; bien entendu Stefano nous gratifie d’une descente dont il a le secret jusqu’à la Chapelle 😉
Guère le temps de souffler, qu’il faut déjà se remettre au boulot pour arriver jusqu’à St-Julien. Le vent est défavorable mais pas trop violent : contre toute attente nous avons réduit l’écart avec la tête (1’30 »), mais je me demande jusqu’où je vais tenir à ce rythme. Bernd et surtout Stefano sont les plus frais à présent ; avec Michel on s’accroche comme on peut dans la montée de St-Julien balayée par le vent. L’élastique se tend mais ne rompt pas, nous reprenons également David (De Vecchi) au panneau des 15 derniers kilomètres.
Malheureusement je ne fais pas longtemps illusion à l’entrée des gorges de la Bourne et lâche le premier sur la route traditionnellement défoncée. Sans craquer totalement je vois Stefano s’envoler au loin, avec Bernd à ses trousses. Avec David et Michel nous retrouvons un William en grande difficulté, qui ne cherche même pas à s’accrocher. L’allure reste soutenue malgré l’état de la route (une torture !), plus personne ne reviendra sur nous.
Les gorges du Méaudret avalées au train, nous voilà trois pour la sixième place mais je ne me fais guère d’illusions au sprint… A la limite des crampes je passe le virage avec mes deux adversaires avant de m’écrouler dans la dernière ligne droite, satisfait après une excellente course où je prends la 8° position en 5h00 pile. Habitué à me louper chaque année dans le Vercors, j’arrive enfin à y réaliser une course pleine, sans erreur ni fringale. De quoi regonfler le moral à bloc, avec la victoire conjointe de deux copains quelques minutes plus tôt devant un Stefano au finish impressionnant. Vivement le Ventoux dès samedi prochain !
Résultat(s) : Challenge Vercors – grand parcours
Super CR, comme à chaque fois très agréable à lire.
Bravo pour ta course!