Après une belle découverte en 2014, je reviens avec plaisir à La Canourgue pour participer à la Lozérienne… malgré les 4h30 de route tortueuse pour venir dans ce joli coin de verdure. Pour cette édition Nicolas Raybaud m’accompagne, ainsi qu’un généreux et chaud soleil rendant le parcours encore plus beau. Celui-ci reste inchangé : moyenne montagne avec trois difficultés permettant de faire la différence : ça manque encore un peu de pourcentage, mais le passage dans l’Aubrac, les gorges du Tarn et le causse de Sauveterre valent le détour.
Il fait frisquet (10°C) dimanche matin pour les 200 engagés du grand parcours, mais l’atmosphère va vite se réchauffer sur les contreforts du col du Trébatut. Bien en jambes je ne me pose pas de questions et attaque dès le pied, creusant un petit écart sur le reste de la meute. Le train est soutenu et régulier pendant une dizaine de kilomètres, de quoi écrémer le groupe de tête qui ne me laisse pas filer. Nous sommes encore une bonne vingtaine devant à la première légère descente, où Nicolas nous dicte ses trajectoires.
Quelques coureurs tentent de sortir sans succès, lorsque Vincent Couffignal et Camille Sola (Team Montagnac AC) attaquent à tour de rôle avec un petit vent de côté. Là ça devient sérieux, je tiens bon mais commence à regretter mes efforts un peu plus tôt. Après plusieurs tentatives un coup finit par sortir avec cinq hommes donc Vincent et Nicolas Ougier, juste avant la descente c’est à coup sûr la bonne échappée. J’essaie d’y aller mais plafonne, m’écarte pour laisser passer William Turnes qui parvient à rentrer en force.
Nous les gardons en visuel quelques virages, mais malgré une descente rapide de mon copilote du week-end nous perdons trente secondes en quelques kilomètres seulement… Si bien qu’à la fin de la première boucle nous accusons une bonne minute de retard. Rien de rédhibitoire pour une vingtaine d’hommes organisés, sauf que chacun ne se livre suffisamment pour réduire l’écart : car devant c’est du très costaud. Vers la barraque de Lutran j’hausse un peu l’allure, mais derrière ça peine et quelques-uns décrochent. L’écart grandit lentement mais sûrement et nous comprenons vite avec Jean-Luc que c’est plié pour la gagne.
Sous l’impulsion de Laurent puis Nicolas la descente dans les gorges du Tarn est très rapide ; peu à mon aise je dois souvent faire l’effort pour boucher le trou derrière Jean-Luc, mais finalement le groupe se reconstitue à Ste-Enimie, pour une longue traversée jusqu’aux Vignes. Chacun souffle un peu, ça roule mollement et on tente plusieurs fois de sortir avec Laurent, sans parvenir à faire le break. La troisième tentative est la bonne : au prix d’un gros effort à deux nous sortons enfin du champ visuel de nos poursuivants, à une dizaine de kilomètres du pied du col de St-Rome-de-Dolan.
Nantis d’une petite minute d’avance nous entamons l’ascension au train, calés aux alentours de 320 watts. La chaleur commence à peser, nous essayons de guetter ce qui se passe derrière. Michel sort en force du groupe et se rapproche à vue d’œil ; à mi-pente il fait la jonction et nous laisse sur place pour aller cueillir la sixième place, un des échappés ayant complètement craqué. Devant c’est loin (plus de 3′ à ce moment-là), sur le sommet on accuse un peu le coup, ce qui permet le retour de quelques coureurs.
Mais l’entente n’est pas bonne, et nous revoilà une dizaine pour la septième place au Massegros… Tant d’efforts pendant 25 km pour revenir au point de départ, ou presque 🙁 . Sans vent la traversée du plateau est rapide et plus agréable que l’an passé ; les positions se figent et malgré quelques tentatives on se dirige tout droit vers un sprint. La dernière difficulté après La Tieule ne permet pas de faire la différence, tout le monde suit et la redescente sur Banassac est extrêmement rapide.
A Banassac virage à droite, je suis idéalement placé en dernière position avec Laurent, qui m’invite à tenter un dernier coup… S’il prend du champ rapidement je cale très vite et le laisse filer pour la première place du groupe. A la flamme rouge quelques secondes plus tard je choisis bien mon braquet, donne tout ce qui reste et arrive à sortir avec Raphaël : malheureusement ça ne tient quelques hectomètres, et je vois passer le train du sprint à 300 m de la ligne.
Quinzième scratch est une petite déception : les sensations étaient très bonnes, mais j’ai mal couru et sur un parcours un peu roulant comme celui-ci ça ne pardonne pas. Un grand bravo à William qui l’emporte haut la main devant Maël Alric : ces deux hommes étaient de loin les plus forts, puisque derrière nous sommes tous à six minutes minimum. Le reste du top 5 se joue en 1’30 », notre groupe arrivant nettement battu autour des 9′. Reste une dernière épreuve vallonnée au programme (les Trois Cols) en guise de revanche, avant un mini-break et le Challenge Vercors à la fin du mois 🙂
Résultat(s) : Lozérienne – grand parcours
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