Granfondo les Deux Alpes

Après la mise en bouche sympathique du samedi après-midi, la météo est toute autre aux Deux Alpes ce matin. Une grosse averse sévit encore sur la station à une heure du départ, même si la température est plus clémente sous le ciel couvert (12°C). Comme une semaine plus tôt on s’habille chaudement pour le départ neutralisé en descente, sachant que des éclaircies devraient vite arriver. Il faudra juste rester attentif dans les virages initiaux, au milieu d’un important contingent étranger (Belges, Hollandais et surtout Italiens).

Granfondo les Deux AlpesBien placé au coup de sirène je me réchauffe très vite dans les relances ; les jambes sont opérationnelles 🙂 Une cassure se produit même dans le bout de plat jusqu’à la Paute, avant d’entamer le col d’Ornon. Le rythme y est moins élevé que l’an passé, mais les Italiens font la loi : une chute dans le peloton freine à peine leurs ardeurs, Stefano se dégourdit les jambes en tête et nous sommes déjà tous plus ou moins à fond dans son sillage.

Une quinzaine de coureurs bascule en tête au sommet : tous les favoris sont là, et personne ne reviendra avant la difficulté suivante. Le ciel se dégage et la route sèche progressivement avant d’arriver au col du Parquetout, qui va achever la sélection avec ses pentes diaboliques. Dès le pied Stefano impose un rythme infernal au groupe de tête : cinq hommes se dégagent, je mène le petit groupe derrière. Jean-Francis me relaie de temps en temps, suivi de Cédric, Davy, Jules et Michiel.

Derrière l’écart se creuse, nous ne faiblissons pas mais devant ça accélère encore sous le soleil : 2′ au sommet, l’addition est salée. Jules fait immédiatement la descente, bientôt relayé par Michiel pour rejoindre la N85. Le jeune Belge enrage d’avoir sauté dans le Parquetout, et prend des relais impressionnants. Mais devant ça roule encore plus fort : 2’30 » à Siévoz, au moment d’entamer la remontée jusqu’à Lavaldens. Après deux heures de course on est plus que limite avec Jean-Francis : perdant quelques longueurs dans le talus d’Oris la relance nous est fatale et nous roulons -en vain- à 15″ du groupe de chasse au pied du col de la Morte.

Je souffre dans la roue, mais tiens bon jusqu’au sommet sur un gros rythme. Pour une fois le vent est favorable, donc nous l’aurons de face dans la vallée de la Romanche 🙁 Au sommet l’écart reste faible avec nos anciens compagnons ; nous perdons définitivement le contact dans la descente très humide sur Séchilienne. Nous voilà partis pour un rallye à deux jusqu’à Bourg-d’Oisans : la chaleur revient petit à petit et le vent se lève dans le long faux-plat jusqu’à Livet, où Jean-Francis effectue la majeure partie du travail.

Granfondo les Deux AlpesÇa passe jusqu’au pied de l’Alpe-d’Huez ; à partir de là c’est chacun pour soi et Jean-Francis s’envole comme prévu. Dixième à ce moment-là je n’ai aucune idée des écarts, mais pense tenir mon top 10 sur cette épreuve… Le ciel se couvre à nouveau quand Cédric me ravitaille au virage 21 ; je lui laisse ma Goretex et enlève les manchettes, il faut désormais livrer bataille contre soi-même. Le 36*28 est souvent de mise jusqu’à La Garde, après quatre heures de course le rythme est correct mais ça ne va pas durer.

Dans les balcons d’Auris je mange un bout, mais reste collé tout à gauche et peine à maintenir les 280 W « syndicaux ». Personne devant, ni derrière sur cette magnifique route à flanc de montagne ; j’en viens à bout après quelques kilomètres avant de basculer mollement dans la courte descente. Un coureur italien revient -et me dépose- au Grand Châtain : vu l’état de son dérailleur il a dû chuter au pied d’Ornon et son coup de pédale « sent la force » comme on dit dans le jargon cycliste.

Je passe au Freney hors du top 10, avec un autre coureur à mes trousses. Encore 10 km à tenir jusqu’à l’arrivée, mais à part un chrono correct je n’ai plus grand chose à espérer. Je tiens la baraque jusqu’au Chambon, mais dès le pied des Deux Alpes le jeune Néerlandais me dépose alors que je craque littéralement. Déjà cinq heures qu’on pédale, seul au monde dans l’ascension finale on compte les virages. Le replat aux Monts-de-Lans permet de manger un dernier morceau et se refaire la cerise pour les derniers kilomètres.

Ça n’avance pas vite, à trois kilomètres du la ligne Julien revient sur moi gros plateau : il roule presque deux fois plus vite que moi ! Cédric suit pas loin derrière, et me rejoint à son tour à deux kilomètres du but. Je ne tiens pas longtemps la roue et franchis la ligne vidé en 5h31′, bien déçu. Loin devant Stefano Sala a fait plier tout le monde : son dernier adversaire Christian Charrière s’inclinant pour 3′. Michiel Minnaert a réussi à revenir pour prendre une belle troisième place, tandis que Jean-Francis est remonté à la sixième place.

Difficile d’expliquer ma défaillance finale : sans doute une fringale, liée à une charge glucidique moindre la semaine précédente et à la première moitié de course tonitruante. Contrairement à la Madeleine une semaine plus tôt je n’avais pas (très) mal aux jambes, j’étais juste sans énergie la dernière heure. Avec ce résultat je remonte néanmoins sur le podium du Grand Trophée, largement dominé par David De Vecchi, auteur d’une saison exceptionnelle de régularité.

Résultat(s) : Granfondo les Deux Alpes – grand parcours

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