Madeleine

Quelques heures de route pour rentrer de Franche-Comté, un nettoyage sommaire du vélo, une courte nuit et me voici prêt au combat au départ de la Madeleine. La météo n’est pas plus engageante que la veille : il tombe des seaux d’eau sur St-François-Longchamp noyée dans le brouillard… Comme au Ballon d’Alsace, mais 500 m plus haut, donc quelques degrés en moins. 250 courageux(ses) m’accompagnent dans cette galère avec un plateau de qualité : la pluie cesse progressivement au moment du départ, et je m’habille au maximum pour la descente avant le départ réel à La Chambre.

MadeleineLa route détrempée rend tout le monde prudent, même si un malchanceux est évacué en ambulance suite à une mauvaise chute. En bas on se déshabille un peu : je parie sur l’amélioration prévue par Météo France mais garde Goretex, gants longs et bonnet dans la poche… au cas où. Ça part vite sur les petites routes de Maurienne ; bien débloquées la veille les jambes répondent de suite et l’atmosphère se réchauffe un peu. Un troupeau de vaches nous force à mettre pied à terre après quelques kilomètres, pour l’anecdote 🙂

Si les côtes de la boucle initiale permettent de se réchauffer, elles ne font pas de sélection et quelques chutes nous rappellent à la prudence dans plusieurs ronds-points émaillant le parcours. Arrive le col de Champlaurent, où je prends les choses en main avec Frédéric. Côte à côte nous imprimons un gros tempo sur la petite route gravillonneuse : à 320 W les jambes tournent bien mais ce n’est pas aussi fluide que l’an passé. Le groupe de tête se réduit vite à une vingtaine d’unités, la pluie faiblit au moment où Stefano accélère.

D’un coup il y a 30 W de plus, le peloton ne tarde pas à exploser dans le brouillard : une demi-douzaine d’hommes prennent 30″ d’avance, derrière je me bats en tête d’un petit groupe où Jean-Francis et Gilles me relaient. Au sommet nous reprenons Nicolas, avant une descente rapide et piégeuse. Bart chute sans gravité dans une épingle ; connaissant les talents de descendeur de Stefano, David ou Kenny je m’attends à ce qu’ils enfoncent le clou devant… au contraire nous reprenons un peu de terrain avant le col du Grand Cucheron.

MadeleineLe col est court (moins de 5 km) et certains tentent de revenir en attaquant : pas fringant je préfère gérer le reste de l’ascension avec le reste du groupe, pensant au menu qu’il reste ensuite. La route commence à sécher dans la descente avec les premiers rayons de soleil, ça devient plus sympa 😉 Après deux heures de course tout le monde se ravitaille et le regroupement s’opère derrière Kenny : nous sommes une douzaine derrière le grimpeur hollandais, tous en route sur le grand parcours. La chasse s’organise ; après quelques kilomètres nous reprenons l’homme de tête.

L’allure faiblit un peu, un ou deux coureurs arrivent à rentrer puis Bob et Stefano s’échappent peu avant St-Rémy. Vu la facilité de l’Italien dans les difficultés initiales personne ne cherche à enclencher la poursuite ; quant au Belge je suis certain qu’on le reprendra dans le final. Réchauffés par le soleil (si si !) nous arrivons au pied du col du Chaussy avec déjà 2′ de retard sur Stefano seul en tête, puisque nous revenons sur Bob qui a lâché prise. Au cap des trois heures de course je commence à être dans le dur, et pense gestion car il reste près de 30 km d’ascension cumulée.

Kenny, David, Paul-Emile s’isolent pour la deuxième place : derrière je mène un petit groupe avec Jean-Francis, Gilles, Joris, Mirko et Nicolas. Fabien est juste un lacet en-dessous, tandis que Mirko et Nicolas lâchent prise au tiers de l’ascension. Encore 9 km à gravir lorsque Jean-Francis hausse le ton à Montvernier : là je suis dans les cordes et le laisse partir, un peu touché moralement. Relayé par Gilles et Joris dans les parties un peu plus faciles l’écart se stabilise un peu, mais à quelques minutes du sommet je suis à bloc.

MadeleineBasculant dans la descente à la limite de l’hypoglycémie je ne songe plus qu’à me couvrir, manger en attendant le dessert du jour : le col de la Madeleine et ses 14 km @ 8 %. Au pied de la descente j’aperçois Gilles et Joris à 200 m devant, personne derrière au moment de ramasser un bidon. Le temps de satisfaire un besoin naturel et je vois revenir Fabien, Mirko, Nicolas sur mes talons : les places d’honneur se jouent maintenant.

L’Italien est le plus fringant du trio : encouragé par sa famille il refait son retard dans les parties moins difficiles, tandis que je m’arrache dans les gros pourcentages pour reprendre quelques secondes… La tactique ne fonctionne pas longtemps, et à 250-260 W je ne me fais pas d’illusions : il me rejoint à l’entrée de St-François-Longchamp, pour me lâcher quelques hectomètres plus loin, à la sortie de la station mauriennaise. A nouveau dans le brouillard les jambes sont dures, j’ai mal partout avec une seule envie : finir. Fabien navigue à 30″ derrière jusqu’à 2 km du but : je pense tenir ma 9° place.

Le dernier kilomètre est interminable, j’essuie une petite défaillance tandis que Fabien termine à fond. Complètement sec je me fais sauter sur la ligne par le jeune Saônois, incapable de réagir mais heureux d’en terminer avec ce chantier dans le top 10. Un peu plus de 5h10′ d’effort dans des conditions difficiles, les écarts sont à la hauteur du parcours. Stefano l’emporte largement devant Kenny, Paul-Emile (épatant aujourd’hui !), Jean-Francis, David et Gilles. Je paie un manque de fraîcheur évident après trois grosses semaines de vélo, et un week-end à courir sous la pluie. Récupération sera le leitmotiv de la semaine prochaine, pour arriver frais aux Deux-Alpes.

Résultat(s) : Madeleine

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