Alpigap

C’est toujours avec plaisir que je reviens dans mes Hautes-Alpes natales, sur une belle épreuve organisée par l’UCPG. Cette année encore le soleil est généreux au départ, malgré une température frisquette dans les rues de Gap. Environ 500 coureurs sont présents : un bon cru pour une cyclosportive qui garde sa convivialité après vingt ans d’existence. Sébastien m’accompagne, les autres coureurs en forme du moment (dont le favori Stefano Sala) sont là dans un peloton au fort accent sudiste. Le départ enfin donné permet de se réchauffer : après quelques kilomètres neutralisés en ville je me replace devant pour entamer le col de la Sentinelle dans les premières positions.

AlpigapRien d’effrayant sur le papier, mais quelques accélérations permettent de débloquer le moteur : dans la lignée des bonnes sensations de la semaine les jambes répondent parfaitement. Au sommet une petite cassure se forme avec quelques coureurs dont Stefano et Arnold : après un effort maximal je bascule avec eux sur Jarjayes, dans une descente sinueuse. Pas très à l’aise je navigue à quelques longueurs sans perdre le contact et fais la jonction au plat. Vent de face jusqu’à Remollon ça roule fort, mais pas à fond car une demi-douzaine d’hommes nous garde en point de mire. Après quelques minutes le regroupement s’opère en tête de course : la difficulté suivante est proche mais je participe à l’effort collectif, gageant que le groupe juste derrière (mené principalement par Sébastien et Gilles) laissera aussi des plumes dans la bataille.

Le rythme ne faiblit pas vraiment dans le col Lebraut, bien au contraire. Les accélérations successives de Stefano et surtout Arnold font exploser notre petit groupe, tandis que les plus costauds comme Michel et Jean-Francis arrivent à rentrer de l’arrière. Bien qu’idéalement placé je dois m’avouer vaincu à quelques hectomètres du sommet : pour quelques longueurs je dois laisser partir Stefano, Michel et deux engagés sur le moyen parcours (Arnold, Nicolas) tandis que le reste du groupe de chasse me rejoint dans la descente sur Chorges. L’entente n’est pas bonne et l’écart augmente rapidement : environ 2′ aux Borels, l’affaire n’est pas bien engagée d’autant que tout le monde ne participe pas à la chasse parmi la douzaine de coureurs restants.

AlpigapQu’importe, je compte sur le col de Moissière pour faire une bonne sélection, bien aidé par Jean-Francis qui relance dès que l’allure faiblit. La difficulté est progressive : de 7 % au pied la pente moyenne flirte avec les 11 % au sommet, tout le monde souffre et nous basculons à cinq au sommet, reprenant Nicolas qui a coincé devant. Au cap de la mi-course nous sommes pointés à 2’40” du trio de tête, nettement au-dessus sur tous les terrains aujourd’hui. Il ne fait pas chaud en descendant sur Ancelle, ça temporise et Pierre fait la jonction sur les routes champsaurines en même temps que Nicolas décroche définitivement. Nous voilà cinq en chasse : Jean-Francis, Laurent, Paul-Emile, Pierre et moi… Les relais tournent bien malgré le vent de face, seul Laurent reste dans les roues pour protéger son équipier devant.

Je me sens fort avec Jean-Francis, connais bien le terrain et attends les prochaines difficultés pour tenter de faire le break. La côte de la Villette n’est pas suffisante pour ça, mais continue de fatiguer les organismes avant la boucle du grand parcours. Devant Stefano s’est débarrassé de Michel et caracole en tête ; Arnold a tourné sur le moyen parcours… Nous jouons à présent la dernière marche du podium. Avec la fraîcheur du jour le ravitaillement liquide n’est pas nécessaire à St-Julien ; nous continuons d’unir nos forces jusqu’à St-Bonnet, où la décision devrait se faire dans la longue côte de Chaillolet. J’imprime dès le pied un rythme élevé, soutenu par le vent favorable. Dès que l’allure faiblit Jean-Francis relance : pas besoin de se concerter, le plan de bataille est établi 🙂

AlpigapPaul-Emile et Pierre sont les premiers à lâcher prise, Laurent continue à s’accrocher mais fait l’élastique… Maintenant le train d’enfer nous finissons par le décrocher à deux kilomètres du sommet, et cravachons pour éviter son retour dans la descente. C’est parti pour 30 km de chrono à deux : Laurent revient à 30″ au second passage à St-Julien, mais on embraye sérieusement sur les longs bouts droits le long du Drac, jusqu’au pied du col de Manse. Les kilomètres défilent relativement vite malgré le vent de travers, nous jetons nos dernières forces dans l’ascension la plus roulante du jour pour conserver un top 4 mérité. Personne devant, personne derrière : nous pouvons assurer la descente tortueuse du col Bayard jusque dans Gap, avant le mur final.

La pente est modeste mais suffit à nous départager après 4h d’efforts : Jean-Francis allume la première mèche à 500 m de la ligne, je réponds et contre immédiatement. Les jambes brûlent, il s’accroche et accélère à nouveau aux 200 m… Je tiens bon quelques secondes, avant de craquer -au bord des crampes- dans la dernière ligne droite. Dommage de rater le premier podium scratch de la saison au sprint, mais je ne pouvais pas donner plus donc pas de regrets. Le résultat et la forme sont excellents ; il m’a manqué dix mètres pour basculer avec les meilleurs au col Lebraut, mais j’aurais probablement sauté dans le col de Moissière face à deux gros clients. Félicitations aux vétérans Stefano (1°), Michel (2°) et Pierre (5°) qui est resté au contact jusqu’au bout generic levitra. Cerise sur le gâteau je me classe troisième du Trophée Haut-Alpin, derrière les inévitables Stefano Sala et Michel Roux… un podium qui a fière allure 😉

Résultat(s) : Alpigap – grand parcours

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