Grimpée de la Bonette

Après une bonne nuit de sommeil en altitude, le réveil sonne une heure plus tard le dimanche pour finir le week-end en montant à la Bonette. Les jambes sont fatiguées après la chaleur de la veille, la gestion sera de mise pendant les 22 km d’ascension… Le chrono s’arrêtant au col de la Bonette, un bon kilomètre avant la Cime et ses 2802 mètres d’altitude. Une soixantaine de coureurs sont au départ dont certains adversaires de la veille (Daan Vermeulen, Fabien Oulles, Marc Cartal…) : l’objectif est de boucler correctement l’ascension et y établir un temps de référence personnel.

Grimpée BonetteIl fait déjà chaud pour rallier le départ à Jausiers ; l’allure est modérée mais les jambes ne tournent pas trop mal. Le temps de laisser quelques affaires à la voiture ouvreuse, il reste quelques minutes avant le départ fictif. L’ambiance est très décontractée : nous discutons avec Fabien et nous faisons surprendre par le coup de sirène du départ réel où ça se décante très rapidement. Une demi-douzaine de coureurs se détache sous l’impulsion de Daan, et nous devons fournir un gros effort pour faire la jonction après un bon kilomètre d’ascension.

Je tiens à ce rythme quelques minutes, mais lâche du lest sur une nouvelle accélération du jeune Belge : à presque 20 km du sommet je ne veux surtout pas me mettre en surrégime. Gardant les six hommes de tête à 15-20″ je maintiens la puissance autour de 280-300 W, à une bonne fréquence et guettant une défaillance devant. Dans des pentes à 7-8 % cela ne me pénalise pas, et me permet aussi de profiter du paysage -magnifique et très varié- de ce versant ubayien du col.

Les kilomètres défilent ainsi tantôt au soleil, tantôt à l’ombre lorsqu’un agneau traverse juste devant moi, affolé par tous ces cyclistes 🙂 Devant ça craque sur une nouvelle accélération de Daan : le quatrième et cinquième lâchent le trio de tête, qui se décompose quelques minutes plus tard. Si je perds du temps sur le futur vainqueur, en revanche l’écart diminue avec la quatrième place, que je finis par prendre à une douzaine de kilomètres du sommet.

Grimpée BonetteLes deux coureurs s’accrochent à mes basques dans un court replat, mais lâchent prise dès les pourcentages suivants. On arrive gentiment à la moitié de l’ascension, j’ai alors 20″ de retard sur le podium mais mon adversaire ne faiblit pas. Au lac des Eissaupres nous retrouvons de la fraîcheur, en même temps que l’altitude impacte le rendement des cyclistes. La puissance fournie diminue et j’ai du mal à absorber un gel (pourtant nécessaire) pour finir correctement. L’écart enfle logiquement avec le podium : une minute à 9 km de la ligne, et la tendance ne va pas plus s’inverser.

Incapable d’appuyer plus fort je continue à ce rythme… Les quelques lacets avant/après la caserne de Restefonds sont difficiles, puis la pente se radoucit pour les derniers kilomètres d’ascension. Le vent est faible lorsque nous apercevons au loin le sommet ; il est même plutôt favorable dans le replat à trois kilomètres du but. Je relance énergiquement pour faire un bon chrono, sachant que la quatrième place est acquise. Un dernier effort et je coupe la ligne tracée au col en 1h12’38 », record personnel 🙂 terminant à quasiment 2′ du podium occupé par Daan Vermeulen, Fabien Oules et Juan Pedro Badt.

Une fois au col ce serait dommage de ne pas passer à la Cime, alors je donne tout ce qui reste pour le dernier kilomètre. Le temps de se ravitailler et s’habiller à la caserne, la redescente sur Jausiers est rapide et prudente, avec de magnifiques images de cette belle vallée de l’Ubaye baignée de soleil. Le retour sur Barcelonnette permet de décrasser le moteur sous une forte chaleur, à peine amoindrie par le léger vent de face. De quoi conclure un autre bon week-end de vélo, avant les trois jours de l’Arvan-Villards dès jeudi.

Résultat(s) : Grimpée de la Bonette

Laisser un commentaire