Granfondo Colnago – Cogolin

Ce matin un temps frais mais ensoleillé nous attend sur la Côte-d’Azur pour le Granfondo Colnago – Cogolin, première manche du Grand Trophée 2011. Deux modifications par rapport à l’an dernier, avec un départ déplacé de Cogolin à St-Tropez, et un trajet direct vers le col du Canadel, suite à un effondrement de la route du côté de la Croix-Valmer. Un parcours réduit à 160 km, qui promet une bonne partie de manivelles avant la première difficulté, d’autant que le plateau est bien plus dense que l’an dernier : Absalon, Currit, Gaumont, Suray ainsi que Frédéric et Jean-Luc du Team Chamrousse, sans oublier le tenant du titre Heydens.

Granfondo Colnago - CogolinLa sortie du port de St-Tropez est nerveuse, mais chacun reste vigilant et ça embraye réellement une fois sur la nationale. Pas ou peu de vent ; je reste bien calé dans les premières positions du peloton, vigilant avant le col du Canadel (5.9 km @ 4.3 %). Dès le pied Absalon en personne vient secouer le cocotier. Je réagis immédiatement et quelques hectomètres plus loin Heydens contre, pour de bon. Le bon coup est en train de partir avec Frédéric puis Jean-Luc qui fait bientôt la jonction, mais je plafonne pour tenir ma place dans le groupe de chasse.

Au sommet nous pointons à une trentaine de secondes, et nous reprenons quelques coureurs lâchés à l’avant. Les positions sont déjà claires : une douzaine d’hommes devant, et une douzaine en chasse derrière. Je reconnais Magda de St-Jean, Patrick Guéraud… je suis en bonne compagnie, et essaie de reprendre mon souffle dans la descente tortueuse qui suit. Pas le temps de profiter de la vue sur la mer en franchissant le col de Caguo-Ven puis Gratteloup, lorsque nous attaquons tambour battant le col de Babaou, toujours à vive allure.

Je fais le tempo derrière Patrick, et au sommet on nous annonce 45″, puis bientôt 1’30″ de retard : nous ne reviendrons plus. Chacun semble l’avoir compris, et pense à se ravitailler en descendant sur Collobrières, avant l’ascension vers Notre-Dame des Anges (9 km @ 6.2 %) et le col des Fourches. La route est étroite, raide et difficile : c’est ici que j’avais décroché du groupe de tête l’an dernier. Là je bataille pour rester au contact, faisant régulièrement l’élastique.

Chaque virage est l’occasion de relancer en danseuse, en remettant du braquet. Tactique payante, puisque je bascule au sommet avec le groupe. De l’arrière j’ai pu voir la facilité de chacun : Patrick tirant du braquet comme à son habitude, et surtout un membre du Team Veltec, impressionnant d’efficacité et de facilité dès que la route s’élève. De mon côté je suis déjà bien entamé à mi-course ; le plus dur est certes derrière nous mais il faut encore rallier l’arrivée sans se faire piéger sur une cassure. La descente « casse-bras » du col des Fourches est avalée à pleine vitesse : plusieurs membres du groupe sont à la limite, et mal placé au pied je dois faire l’effort avec Magda et Patrick pour boucher un trou de 200 m en entrant dans Gonfaron.

L’approche de la Garde-Freinet n’est pas difficile, mais dans le groupe les concurrents du petit parcours commencent à sauter des relais, sentant l’arrivée proche. Le cap des 100 km approche et l’ascension débute tranquillement, ce qui n’est pas pour me déplaire. Mais le répit est de courte durée, puisqu’à deux kilomètres du sommet un coureur attaque, immédiatement pris en chasse par les autres. Je suis le mouvement, et tiens bon jusqu’à la Garde-Freinet, où je grille -comme tout le monde- le ravitaillement. Nous sommes maintenant huit à rouler en direction du col de Vignon.

Le train est toujours aussi soutenu dans la descente et je tente de retrouver un second souffle en queue de groupe. Erreur que je paie cash au pied, en perdant une centaine de mètres sur les autres. Je me dresse alors sur les pédales, les crampes me font rassoir : je dois laisser filer les poursuivants à 40 km de l’arrivée… Sorte de remake de l’an passé, et je me cale rapidement à un rythme chrono, pas trop désavantagé par le vent.

De temps à autre je regarde derrière, et à 20 km de l’arrière une bonne vingtaine de coureurs me rejoignent, dont Olivier et Pierre. Je m’abrite immédiatement pour me refaire la cerise, car le final risque d’être tendu. A l’approche des dix derniers kilomètres ça accélère de toutes parts, notamment dans le col du Reverdi passé grand plateau ! J’arrive néanmoins à tenir ma place jusqu’à l’entrée de Cogolin, où je tente ma chance à la flamme rouge, connaissant le final tortueux.

Mais n’est pas Cancellara qui veut, et je me fais déborder à 300-400 m de la ligne par une quinzaine de concurrents au sprint ; je prends la 36° place scratch (9° des 18-29 ans) en 4h40. Forcément une déception par rapport à 2010 où j’étais rentré dans les dix premiers, mais aujourd’hui je ne pouvais pas faire grand chose de plus face à la concurrence. Enfin coup de chapeau à Frédéric qui fait 5° scratch au milieu des ex-professionnels, voilà une excellente performance en vue des 1000 Bosses dimanche prochain.

6 réflexions sur « Granfondo Colnago – Cogolin »

  1. Compte rendu impeccable, comme d’habitude! Je n’ai pas vu Heydens dans le classement, tu en sais plus?

  2. Merci… en commatant tout lundi j’ai eu le temps de le paufiner 🙂
    Effectivement pas de Heydens dans le classement… peut-être un ennui en cours de route ?
    Par contre va vraiment falloir que je travaille le sprint… car là dernier du groupe ça le fait vraiment pas 😀

  3. Disons qu’à la Scott on s’y attend, vu que c’est un peu le « championnat de France » du cyclosport 😉
    Mais là j’étais très surpris du rythme pendant les 4h30 de course… constamment en prise bien que le parcours soit plutôt abordable.

  4. Très bon CR, la tendance est effectivement à la hausse de niveau sur toutes les cyclos. Au BE de Besançon, les CAT 1 et 2 de ma promo se planifient 2 à 3 cyclos par saison pour se donner la caisse sur 4 h. Pas étonnant que les moyennes montent si tout le monde fait ainsi !! Bonne scott!
    Alban

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