Poursuite du Grand Trophée ce matin à Méaudre, avec le Challenge Vercors. Il fait frisquet (8°C) au départ du parcours Master (168 km – 3200 m), modifié ces derniers jours pour composer avec la fermeture des gorges de la Goule Noire. Nous grimpons donc le col d’Herbouilly à l’aller… et au retour, ce qui me convient davantage en principe. Pour ma part j’en ai un peu trop fait cette semaine après la Ventoux, et sans doute excité par l’enjeu je ne dors que trois petites heures la veille.
Bref le réveil est difficile surtout dans le froid ; sur la ligne je reconnais pas mal de beau monde avec le GMC 38, le VC Pontois (principalement sur le petit parcours), sans oublier le Team Chamrousse et BVSport… Autant dire que les places sur le podium des moins de 30 ans seront très, très chères. Le départ est donné en direction d’Autrans ; le col de la Croix-Perrin (3.2 km @ 5.1 %) est grimpé à une allure soutenue, et comme je le craignais les sensations ne sont pas top. Je veille cependant à rester devant pour la descente, histoire de traverser Lans-en-Vercors sereinement.
Quelques escarmouches secouent l’important peloton jusqu’à Villars-de-Lans, mais rien de très sérieux à part un coureur de Seyssins qui fait la course en tête. Engagé sur le petit parcours, il ne m’intéresse pas vraiment. Les choses sérieuses commencent au col d’Herbouilly (10.4 km @ 3.8 %) : je suis devant au pied et personne ne prend l’initiative dans la première partie de l’ascension. La seconde partie est montée au train ; l’attaque d’un Pontois me décramponne légèrement, mais je bascule sans souci dans les roues.
La descente est très rapide, et je suis souvent limite sur le 50*12. Le léger replat après St-Martin permet à tous de se ravitailler ; j’en fais de même, déjà 1h30 de course. Pas de souci à la séparation des parcours au niveau des Grands Goulets ; maintenant il s’agit de bien récupérer et rester dans les roues pour la prochaine difficulté : le col de la Machine (12.3 km @ 6.2 %).
Nous sommes une bonne cinquantaine au pied et dès les premières rampes le groupe se réduit fortement. Après quelques kilomètres d’ascension il n’y a plus personne derrière moi ; les jambes dures je lâche les vingt hommes de tête en compagnie d’Olivier, un concurrent direct dans ma catégorie. L’écart grandit peu à peu, et bientôt cinq coureurs décrochent à leur tour dont Frédéric ; nous les gardons en point de mire jusqu’au sommet. Nicolas du CTC nous reprend à quelques kilomètres de celui-ci : c’est la roue à prendre pour recoller, mais je ne tiens que quelques hectomètres avant de lâcher prise. Dommage, car j’apprendrai plus tard qu’il est revenu sur les cinq, puis sur la tête de course après le sommet.
En arrivant au col j’aperçois Guillaume et Stéphane du GMC 38, venus nous encourager. Au passage Guillaume me tend un bidon d’eau : le timing est parfait, je n’ai plus à m’arrêter pour ravitailler, merci 🙂 ! Nous continuons à trois en direction du col de Lachau (7.3 km @ 4.4 %), sur une portion d’abord roulante puis de nouveau pentue. Cette partie est interminable, et malgré les relais réguliers chacun semble bien entamé après 100 km de course.
Au sommet un suiveur nous annonce plusieurs coureurs à 30″ ; nous levons le pied pour unir nos forces avec eux. La descente sur Vassieux est rapide, mais dans le col de St-Alexis (5.2 km @ 3.1 %) le groupe se déchire tandis que deux concurrents partent au train. Derrière j’essaie de rentrer, avant de me raviser ; l’essentiel du groupe est derrière moi. Olivier décroche sur une crevaison lente ; on se regroupe à six ou sept dans la descente.
En quelques kilomètres les relais s’organisent avec efficacité, et si nous ne reprenons personne, aucun groupe ne revient non plus de l’arrière. La pente redevient lentement positive, et au ravitaillement de St-Agnan nous rejoignons Sander du Team Veltec, excellent grimpeur hollandais mais piètre descendeur. Il a chuté en cours de route, mais ça ne l’empêche pas de participer à l’effort collectif jusqu’au retour à St-Martin.
Dès les premières rampes après le village certains de mes compagnons décrochent, alors que je ne souffre pas énormément : ça sent bon pour le final. Connaissant bien les lieux j’attaque Herbouilly (15.3 km @ 6.5 %) en tête, davantage pour monter à mon rythme que pour faire la différence. Un groupe apparaît en contrebas à environ 2′ ; il ne faut pas traîner en route si je veux conserver ce classement. Je creuse régulièrement l’écart dans la première partie de l’ascension, mais sous l’impulsion de Sander tout le monde se regroupe dans le dernier kilomètre, à 20 km de l’arrivée.
Au milieu du trafic la descente est étroite et technique, mais nous abordons ensemble les dix derniers kilomètres -plats- jusqu’à Méaudre. Je passe en revue le groupe : personne de mon âge, rien à perdre pour le sprint final. Je relaie sans arrière-pensée, mais plus nous approchons de la ligne plus ça tire-au-flanc : dans la dernière ligne droite nous ne sommes plus que trois à relayer (Sander, un coureur de Savoie et moi).
Sans surprise ça attaque au kilomètre, dans un faux-plat avant Méaudre. Je ne réagis même pas et laisse passer Sander sur la ligne, pour l’ensemble de son œuvre. On arrive pour la 21° place scratch ; je termine 26° et 8° de ma catégorie en 5h08’34 », à 16′ de la gagne. Vu les sensations du jour c’est déjà pas mal ; une fois n’est pas coutume je termine même plutôt fort… sans doute ma gestion de course plus économe que d’habitude.
Le podium de la catégorie étant inaccessible pour moi aujourd’hui (il fallait finir dans les cinq premiers scratch), je remplis néanmoins l’objectif du jour. Leader du Grand Trophée dans la catégorie C, je porterai le maillot rouge et noir aux Trois Ballons ; tout comme Pierre dans la catégorie E :-).
un visage heureux en jaune je ne sais pas faire )::(
c’est « : – ) » sans les espaces… soit 🙂
« 🙂 » moi depuis 48h
Compte rendu impeccable, comme d’habitude! Dans la difficulté tu as bien géré ta course. Surement un peu trop de pression car tu jouais à « domicile ». L’essentiel est assuré puisque tu disputeras les 3 Ballons avec le maillot de leader, la classe!
Personnellement frustré par cette crevaison car les sensations étaient correctes…
J’imagine sans mal ta frustration : la même mésaventure m’était arrivée à 2 km de l’arrivée de la Drômoise, pour la 6° place scratch (et surtout première place caté)… J’avais fini complètement à plat de l’avant.
Maintenant on va croiser les doigts pour la météo dans les Vosges, car 200 bornes là-bas peuvent vite devenir une grosse galère sous la flotte et dans le froid… mais on y croit :-).
Très bien, ton compte-rendu.
Un point: la météo était parfaite. On imagine ce qu’il en aurait été avec la pluie froide d’aujourd’hui… C’est d’ailleurs arrivé il y a une dizaine d’années, je revois passer Yves Berlioux vers Presles (si si) seul devant sous une pluie glaciale (je me ballader à VTT dans les Coulmes).
Malheureusement, la fête est gâchée.
Pour répondre à Patrick au sujet de la météo ..c’était le 1 er juin 1997 …je m’en souvient trés bien … un parcours costaud qui partait de Fontaine/St Nizier pour rejoindre le Vercors en passant par Presles ( côté Choranches , Presles , Croix Bernard , la Guinardiére , le Faz et col du Mont Noir ) un déluge qui a vu Yves triomphé de fort belle maniére …un sacré souvenir avec aussi le final au stade de neige de Lans ..je crois … Un temps presque comme ce mercredi ! sauf qu’aujourd’hui la neige revient dès 900 m à certains endroits …