Morzine – Vallée d’Aulps

Les années se suivent et se ressemblent en Haute-Savoie… au départ ce matin à Morzine nous avons droit à une bonne grosse averse ; ce sera notre lot tout au long du parcours, avec heureusement quelques éclaircies. Sur la ligne je retrouve Pierre, Patrick, plusieurs membres du Team Scott dont Nicolas Ougier (2° scratch la veille à l’Ardéchoise). Pas énormément de monde vu les conditions météo, mais les têtes d’affiche de l’an passé sont là… de quoi faire la sélection dès la première difficulté.

Morzine - Vallée d'AulpsLe col de Joux-Verte (13 km @ 6.3 %) commence d’entrée, et Patrick se charge du train dès les premières pentes. Malgré le froid je monte en coupe-vent/manchettes, et les jambes répondent plutôt bien dans les forts pourcentages. L’allure est suffisamment soutenue pour un écrémage en règle par l’arrière, sans pour autant me mettre en difficulté : parfait. Ambiance hivernale au sommet (4°C), où une douzaine d’hommes bascule en tête avec moi. J’enfile l’imperméable, et c’est parti pour une longue descente sous une pluie glaciale.

La transition vers le col du Corbier (6 km @ 8.6 %) est effectuée calmement ; chacun se ravitaille et se réchauffe comme il peut… Quelques hommes en profitent pour revenir de l’arrière ; nous voilà une bonne vingtaine en tête de course. Après le Biot on recommence à grimper : Patrick assure le train et les plus faibles décrochent à nouveau, pour recoller dans la descente suivante. De mon côté les sensations restent bonnes, et je me réchauffe sous un soleil retrouvé.

On enchaîne rapidement avec le col du Grand Taillet (4.5 km @ 7 %). Les pentes sont toujours soutenues, et après 60 km de course Laby du Team Scott commence à accélérer l’allure… Là encore quelques-uns décrochent, mais je reste dans le coup. La descente dans les Gorges du Pont du Diable permet de souffler à nouveau, avant de remonter sur la Vernaz.

Ça embraye dès le pied et ce coup-ci je dois m’employer pour suivre, tout comme Patrick avec qui je décroche pendant quelques longueurs. J’ai mal : le bras de fer dure quelques longues minutes à bloc, et finalement ça se relève peu avant le ravitaillement et on rentre… Ouf ! La suite est plus calme avant le col de Jambaz, bien roulant mais qu’il faut absolument passer dans les roues pour s’abriter du vent.

85 km sont parcourus et les meilleurs n’ont toujours pas fait la différence : je vais peut-être arriver avec eux à Samoëns. On reprend une bonne douche en descendant sur Mégevette, histoire de ressortir l’imperméable pour ceux qui l’avaient quitté. Petite surprise cette année, les organisateurs nous font passer par Quincy plutôt que St-Jeoire : quelques kilomètres en moins mais une bonne montée en plus. Tout le monde est un peu surpris, et aucune escarmouche ne vient perturber le groupe jusqu’au retour sur Taninges.

Je me prépare à m’arrêter au ravitaillement pour remplir un bidon et heureuse surprise, les bénévoles nous tendent des bouteilles. Sans doute le privilège d’être en tête : je fais le plein et passe la bouteille à un compagnon, sans perdre de temps. Tout le monde fait de même, et quelques hectomètres plus loin le groupe s’agite sur une attaque franche. Curieuse tactique sur une portion plane, mais je m’arrache pour recoller au groupe, à la limite des crampes. Tout le monde se calme ensuite jusqu’à Samoëns, au pied de la dernière difficulté du jour : le col de Joux-Plane (11.6 km @ 8.5 %).

Pour l’avoir emprunté l’an passé je connais les lieux, et préfère ne pas suivre les attaques qui secouent le petit groupe après 120 km de course. Rapidement je lâche en compagnie de deux autres concurrents, naviguant autour de la 15° place. Les jambes sont dures mais restent encore suffisamment efficaces ; je perds du terrain sur les meilleurs, mais en gagne sur ceux qui me suivent… Il me faut continuer à ce rythme. Le passage à mi-pente est toujours aussi difficile : sur le 36*25 je me bats dans la pente à 11 %, et aperçois des coureurs qui lâchent devant, tandis que d’autres reviennent de l’arrière.

Bien plus frais que moi ils me rejoignent et je ne peux accrocher les roues. A deux kilomètres du sommet Hendrik Vos (une vieille connaissance en cyclosport) me double, et je fais le forcing pour rester au contact avant la descente. Au sommet je passe à 30″, et après un dernier coup de rein je retrouve un concurrent dans la rapide descente sur Morzine. Les relais sont efficaces, et nous revenons sur Hendrik dans Morzine, à 2 km du but. Pas très lucide je lance mon sprint de trop loin pour surprendre les deux autres, et me classe 14° (6° des 18-29 ans) à 11′ du vainqueur Laby.

Vu les conditions voilà un très bon résultat, rassurant après ma défaillance dans la Planche samedi dernier. La gestion de course fut optimale, idem pour l’alimentation. J’ai cette fois-ci remporté mon duel avec Ruvar pour le général du Grand Trophée, mais tout se jouera probablement en Oisans dans les quinze jours à venir (Vaujany puis Marmotte). A moi maintenant de bien récupérer pour ces deux échéances, où j’avais connu des fortunes diverses la saison passée :-).

3 réflexions sur « Morzine – Vallée d’Aulps »

  1. Salut Rodolphe,

    Voilà une belle course bien gérée.Environ 300 watts de maintient dans tous les cols sauf les derniers, vraiment top ! Si Laby colle 11-12 minutes dans joux plane cela veut dire, après rapide calcul, qu’il te faut sortir pas loin de 340 watts pour suivre…manque juste 90 watts 🙂 Je comprends pourquoi il gagne le moyen de la time…
    Bonne récup pour la Vaujany !
    Alban

  2. Disons que les 340W j’arriverai peut-être à les sortir… sur les 45′ d’une montée sèche, et encore !
    La différence entre un honnête coureur FFC de 3° catégorie et un bon 1° caté sans doute 😉

  3. les watts ! la donnée objective et sans faille.
    avec impatiente de retrouver le srm.
    a demain

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