Retour sur mes anciennes routes d’entraînement ce weekend à Champagney, au départ des Trois Ballons. Cette année j’ai la chance de porter le maillot de leader sur la ligne de départ, où je reconnais les habitués : David, Frédéric, Nicolas, Patrick, Pierre… Sans oublier l’armada du Team Veltec, emmenée par Michel Snel, un habitué des lieux. La météo est annoncée favorable, mais une bonne averse douche tout le monde quelques minutes avant le départ, arrosant copieusement la route… Comme l’an dernier !
7h15, c’est parti pour 205 km et 4300 m de dénivelé via le Ballon de Servance, le col du Ménil, le col d’Oderen, le col de Bramont, le Grand Ballon, le col de Hundsruck, le Ballon d’Alsace et enfin le “mur” final vers la Planche-des-Belles-Filles. Profitant de mon dossard prioritaire je veille à me placer devant, pour négocier au mieux les ilots et ronds-points qui jalonnent le parcours jusqu’à Plancher-Bas. La route trempée rafraîchit pieds et mains, et c’est un peloton compact qui attaque la première difficulté.
Dès les premières rampes difficiles du Ballon de Servance (6.5 km @ 7.3 %) le ton est donné : le Team Veltec mène un train d’enfer, et la sélection s’opère en quelques kilomètres. Dans la forêt je monte plus vite que l’an dernier, mais je lâche le groupe de tête avant le sommet. David est devant ; et on attaque la descente humide dans un groupe avec Nicolas. Le brouillard se dissipe peu à peu et le rythme s’accélère après le feu rouge (obligatoire) au Thillot. Nous rejoignons ce qu’il reste du peloton dans le col du Ménil ; quatre coureurs sont partis “en facteur” un peu plus tôt, avec désormais 1’30” d’avance.
Je souffle un peu en queue de groupe, me ravitaille et on passe le col d’Oderen au train, avant de redescendre sur Krüth. Mes parents m’attendent dans le faux-plat qui suit pour me passer un premier bidon, tandis que certains profitent du relâchement général pour satisfaire un besoin naturel. Le col de Bramont (7.1 km @ 5.4 %) est lui aussi passé tranquillement ; nous basculons à une trentaine au sommet, pour une courte descente avant la remontée sur la route des crêtes.
Dès la remontée les favoris décident de faire l’écrémage. Le revêtement est irrégulier, et je m’accroche pour garder un rythme en compagnie de Patrick ; David mène un petit groupe un lacet plus haut mais Nicolas a plus de mal. Je sais que ça ne dure que quelques kilomètres, et fais l’effort pour basculer le plus près possible du groupe qui nous précède. A l’embranchement de la route des Américains j’évalue notre retard à 15-20″ ; ça doit rentrer. La chasse s’organise, et les relais appuyés de chacun nous permettent de revenir en quelques kilomètres.
Dès la jonction David incite tout le monde à rouler ; en effet le peloton est à moins d’une minute devant, et semble temporiser. Malheureusement chacun est à la limite, et nos relais sont insuffisants pour revenir. Nous continuons ainsi à une dizaine dans le froid (7°C) ; à 1 km du Grand Ballon David s’en va seul, une jambe au-dessus des autres. Il creuse rapidement un écart conséquent, et rejoindra la tête de course au pied de la descente.
Ayant beaucoup donné jusqu’ici je profite de la descente pour récupérer ; ils sont une bonne douzaine devant, je dois maintenant rester dans ce groupe le plus longtemps possible. La traversée de Willer/Thur est périlleuse, mais passe sans encombre et nous attaquons groupés le col de Hundsruck (5.5 km @ 6.8 %). J’y récupère un autre bidon et quelques fruits secs bienvenus : merci aux parents :-). Au sommet ça accélère, mais je tiens le choc ; nous basculons sur Masevaux avec quelques unités en moins.
La longue approche vers Sewen est l’occasion de se ravitailler une nouvelle fois, et les relais s’organisent pour assurer un rythme de croisière suffisant face au vent. Au pied du Ballon d’Alsace (13.2 km – 5.1 %) je me retrouve plus ou moins dans la même situation que l’an dernier, sauf qu’on bataille pour la 14° place ! Cela me motive pour m’accrocher ; deux concurrents décrochent, je fais l’élastique dans les pentes les plus rudes mais tiens bon jusqu’au sommet, avec un Belge et un Hollandais de Veltec qui me font forte impression.
La descente est rapide mais sans risque, et à Giromagny les relais se réorganisent ; ça roule fort. Avec le vent de côté j’ai du mal à assurer ma part de travail, d’autant qu’il faut garder un peu de réserves pour l’arrivée… Le rythme se calme un peu en tournant à Errevet, où les petites routes montent et descendent constamment, avec des virages à en donner le tournis. Je change plus souvent de plateau que de pignon, et à Champagney je souffle en voyant le panneau “arrivée @ 20 km”.
Le répit est malheureusement de (très) courte durée, puisque les deux plus costauds font le trou sur un relais appuyé. Je ne peux y aller tout de suite, Patrick non plus. Un troisième larron les rejoint : nous voilà à trois contre trois, mais il ne reste plus grand chose dans le moteur pour combler l’écart. Ce trio serait de toute façon parti dans la Planche ; sans regret je me cale dans les roues, et avale un dernier morceau de pain d’épices, pensant -à tort- que ça suffira pour les 15 km à venir…
Nous arrivons à Plancher-les-Mines, où (comme l’an dernier) je m’arrête satisfaire un besoin naturel. Un autre compagnon d’échappée fait de même, et lorsque j’enfourche à nouveau ma monture un groupe important nous dépasse… Va falloir serrer le jeu pour rentrer dans les 25 premiers, mais c’est encore possible. J’attaque la montée (5.5 km @ 8.5 %) après 6h20 de course ; à ce moment-là je pense pouvoir améliorer mon temps de l’an dernier.
Mais dès les premières rampes le calvaire commence ; je n’ai plus grand chose dans les jambes, et peine à maintenir la vitesse au-dessus de 10 km/h. J’attends patiemment le premier virage, où la pente est sensée se radoucir : c’est le cas, mais je n’arrive pas à relancer pour autant. Je double un puis deux concurrents, mais beaucoup d’autres me rejoignent et je suis incapable de résister ! A 3 km du sommet je dois me rendre à l’évidence : je suis en hypoglycémie :-(. Encouragé par mes parents je me traîne jusqu’au sommet, franchi comme une délivrance en 6h54, à la 46° place (15° des 18-29 ans cialis best price).
Voilà comment gâcher six heures de course par une erreur de cadet, d’autant qu’il me restait encore une barre en réserve… Rageant car j’avais toutes les cartes en main pour faire un excellent chrono avec de bonnes sensations tout au long de l’épreuve ; malgré cette grosse défaillance je termine à quelques minutes de mon temps de l’an passé (6h47). Je limite néanmoins les dégâts au général du Grand Trophée, puisque mon dauphin Ruvar Spauwen termine juste devant moi, à la 14° place de la catégorie. Rendez-vous à Morzine dimanche prochain pour la suite de mes aventures cyclosportives ;-).
Super CR, sacré perf tout de même avec presque 270 wNP sur les 4 premieres heures en sachant qu’il faut gérer encore 3 h sup. Comme on fait le même poids, mes 260 wNP sur les 3h35 du 105 km à la TIME sont bien minable surtout que le SRM avance toujours un peu sur le powertap! Encore Bravo malgré ta défaillance dans la planche. Bonne récup avant la Morzine!
Salut Rodolphe,
Dommage pour cette fringale qui vient quelque peu en-tâcher une solide performance sur un parcours hyper exigeant. Suite des épisodes le week end prochain…
Retour au source pour ma part également ce week end, 3 jours de course dans l’Oise. Au programme, du vent, des bordures, quelques gouttes de pluie et quelques bosses. Avec mon début de saison axé sur les cyclos, je manquais un peu de rythme, mais j’ai pris du plaisir.
C’est clair…
Mais la déception est passée, et j’ai de nouveau une grosse envie de bien faire dès dimanche prochain, à Morzine…
Bon chance à Morzine, j’espère que je pourrai finir près de chez toi dans les hautes montagnes 🙂
Merci Ruvar, en espérant que la météo soit meilleure que l’an passé…
Bonne chance à toi aussi 🙂
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