La chaleur est de retour ce matin au Plan de Phazy, sur la ligne de départ de la troisième édition de la Risoul-Vauban. Cette fois-ci plus de 600 participants répondent présents, à la grande satisfaction de Bernard Assaud, organisateur de l’épreuve et coureur dans le team Scott – Vélo101. Le temps de déposer un bidon au pied de l’ascension finale, puis un sac à dos d’affaires de rechange dans l’une des navettes de l’organisation, et me voilà dans le sas prioritaire.
L’ambiance est décontractée, et j’aperçois plusieurs collègues : Jean-Luc, Nicolas et Sébastien (Chamrousse), Jérôme Phanon, Sébastien Merle, Serge Garnier (Hautes-Alpes), Éric Leblacher (Meaux), Nicolas Ougier (Scott – les Saisies)… Le monde du cyclosport est petit. Quelques coureurs d’Aix, Martigues et Marseille ont également fait le déplacement, ce qui promet une belle bagarre dans la vallée du Guil (et ses montagnes !). En effet 115 km et 3200 m de haute montagne sont proposés, via St-Véran (10.8 km @ 5.8 %), le col Izoard (14.6 km @ 6.9 %) et l’ascension finale sur Risoul (13.4 km @ 6.4 %).
Largement de quoi faire la différence, mais je me place devant dès le départ pour éviter les éventuelles cassures dans les gorges du Guil, avalées à très vive allure. Le peloton reste groupé derrière Jérémy Fabio (Martigues) qui a pris du champ avant St-Véran, et je passe sans encombre la route étroite qui contourne Château-Queyras. Au rond-point de Ville-Vieille les concurrents des moyen et petit parcours nous laissent à une trentaine, pour entamer la montée vers St-Véran.
Dès le pied Jérôme part seul ; derrière je mène la troupe à mon allure, en gardant de la réserve. Peu avant Molines Leblacher décide de tester tout le monde, et ce n’est plus la même histoire : je m’accroche aux basques des favoris, derrière le groupe fond à vue d’œil. Après Molines ça redescend 2 km ; les meilleurs en profitent pour satisfaire un besoin naturel. Ça remonte à bloc pour les 3-4 derniers kilomètres, qui me semblent une éternité : cette fois-ci Ougier prend le relais, et nous basculons à une douzaine dans la plus haute commune d’Europe, avant de revenir plein gaz sur Ville-Vieille.
Au pied de l’Izoard nous sommes pointés à 3′ des deux hommes de tête ; derrière le trou est fait. Une barre en guise de ravitaillement, et c’est parti pour la deuxième difficulté du jour, avec les inévitables Leblacher et Ougier aux commandes. Les relais s’organisent jusqu’à Arvieux, et le groupe explose dès les rampes suivantes : Leblacher et Ougier s’en vont seuls combler l’écart avec les deux hommes de tête. Derrière je navigue aux alentours de la septième place avec Jean-Luc et Sébastien ; après Brunissard on laisse filer ce dernier dans des pentes à 11 % : les efforts de St-Véran ont laissé des traces… On se relaie néanmoins avec le Chamroussien pour limiter les dégâts, et croisons la tête de course après la Casse Déserte : sur l’ascension nous avons perdu la bagatelle de 5′ sur le duo Leblacher-Ougier !
Demi-tour au sommet, courte remontée à la Casse Déserte et nous voilà lancés à vive allure dans la descente. Nous descendons prudemment face aux autres concurrents, et Patrick Schmitt (Courchevel) nous rejoint. Je prends quelques relais (autant que je peux avec mon 50*12) ; le vent n’a pas l’air de trop souffler, bonne nouvelle :-). Au col de l’Ange Gardien pas besoin de se parler : les relais s’organisent à trois dans la vallée. J’en profite pour manger à nouveau, même si la digestion est difficile ce matin. La poursuite est efficace, et sans trop puiser dans les réserves nous rejoignons Sébastien vers Montbardon. Nous continuons ainsi à quatre jusqu’à Guillestre, où je prends une centaine de mètres d’avance avant le pied de l’ascension finale.
Avance cependant insuffisante pour changer les bidons et rester avec le groupe : je repars avec 30″ de débours. Au ravitaillement de La Rua Jean-Luc perce ; devant Sébastien lâche Patrick que je garde quelques kilomètres en point de pire, sans parvenir à rentrer. La huitième place semble perdue ; je m’attache à finir le mieux possible, car d’après mes calculs je suis encore en course pour un podium dans ma catégorie. Les premiers kilomètres passent relativement bien, mais j’accuse le coup à 7 km du sommet, en même temps que la pente se raidit. 7-8 % sans répit sous un soleil du midi ; le braquet oscille entre 36*25 et 36*21, sans pouvoir mettre davantage sous peine de crampes…
Après 3/4 d’heure de montée j’arrive enfin à la station : un dernier effort pour grimper sur le front de neige et je franchis la ligne en 4h09’22 », à 16′ du vainqueur Leblacher. 9° du classement scratch, je monte sur la deuxième marche du podium des 18-29 ans : encore une performance très satisfaisante, en étant à la planche sur la majeure partie de la course. La caisse est là, reste maintenant à travailler davantage le spécifique en vue du prochain objectif dans trois semaines : la Pantani.
Un dernier mot sur l’organisation qui était remarquable ce dimanche, tant au niveau de la course que des prestations. Navette pour les sacs à dos le matin du départ, sécurisation du parcours (pas évidente avec les « chassés-croisés » de cyclistes des différents parcours), copieux repas d’après-course (en terrasse de restaurant), possibilité de douche… Rien ne manquait, et même la remise des prix était (presque) à l’heure. Un grand bravo à tous les bénévoles présents, à qui je donne rendez-vous en 2012 pour la quatrième édition ;-).
Félicitations Rodolphe, tu accumules les cyclos surtout les podiums et les bons résultats en fait…Ta saison est d’ores et déjà réussie! Est-ce ta meilleure ?
J’ai regardé ta trace garmin : tu peux me confirmer dans les grosses ascensions , 10-12km/h – 70bpm – 167 FCMoyen – 36/21 à 25 ? Merci.
Merci Pierre-Yves…
Ce ne sera sans doute pas toujours le cas, mais oui depuis 3 ans chaque saison est un cran au-dessus de la précédente.
C’est à peu près ça dans les ascensions, mais un poil plus vite (j’ai dû tomber à 11-12 km/h dans la partie à 11% sur l’Izoard, le reste du temps j’étais plus à 13-14 km/h en moyenne).
Salut Rodolphe, petit calcul de puissance pour conserver la tête, tu dis 5 min d’avance entre Arvieux et le sommet de l’izoard? 810 mD+ sur 10km600, il te faut donc pousser encore 40/45w de plus pour suivre un leblacher! 🙂
Aller avec 15 w par an de progression, tu joue la gagne pour tes 30 ans, sympa non?
:-))))
Alban
Sur le papier certes, ou alors maigrir encore un peu lol… quoique fallait encore arriver à suivre les meilleurs jusqu’à Risoul, où je lâche 10′ en 14 km !
Enfin je m’entraîne mieux et continue de progresser en prenant du plaisir… c’est bien le principal.
Même si j’ai encore des difficultés à me mettre « carton » dans les longues ascensions finales, sans pouvoir réellement batailler avec mon groupe au pied… avec l’expérience ça viendra j’imagine 🙂
Salut Rodolphe,
Encore une excellente performance… Bientôt une victoire dans ta caté…
Bon courage pour la fin de saison. Moi j’ai enlevé le 50*36 pour remettre le 52*39, prochaines cyclos le Chti bike et la Ronde Picarde…
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