Comme dirait David c’est un « chantier naval » qui nous attend ce matin à Serre-Chevalier. Centenaire du Galibier oblige, le grand parcours (115 km – 3500 m) propose un aller/retour à Valloire via le col du Galibier par ses deux versants, puis le col de Granon pour forcer la décision. La météo est fraîche mais pas froide sous le soleil levant, et la majorité des 1300 engagés devrait en avoir terminé avant les premiers orages annoncés.
Le départ est donné vers 8 heures ; les premiers kilomètres sont neutralisés le temps d’une petite boucle par St-Chaffrey, histoire de laisser chacun remonter le peloton étiré à sa convenance, en vue du départ réel. J’aperçois Jean-Luc Chavanon et Nicolas Fine de Chamrousse, Brice et ses coéquipiers du VC Pontois, sans oublier Jean-Luc le président pour l’assistance. D’autres habitués non partants à l’Étape du Tour du lundi sont là, comme Éric Leblacher ou Serge Garnier.
La vingtaine de kilomètres en faux-plat jusqu’au col du Lautaret est couverte à un rythme suffisamment soutenu pour écrémer le peloton, mais pas assez pour réellement m’entamer : avec un léger vent favorable une quarantaine de concurrents se détache au sommet. La pente s’élève alors un peu plus sérieusement, avec l’ascension du Galibier proprement dite (8.5 km @ 6.9 %). Le vent de côté est présent, et si le rythme n’est pas infernal je dois faire l’effort pour combler une cassure à mi-pente. Les favoris sont présents à l’avant, et le train imprimé réduit bientôt le groupe à une petite vingtaine de coureurs, lorsqu’on se présente au niveau du tunnel, pour le dernier kilomètre à 10 %. Là c’est la grosse explication, et je me mets à bloc pour basculer quasiment dans la roue des meilleurs au sommet.
Leblacher attaque très fort la descente, et le temps de refermer le coupe-vent je perds une quinzaine de secondes sur les quatre hommes de tête, que je m’emploie immédiatement à boucher. Jusqu’à Plan-Lachat je me rapproche d’eux petit à petit, sans parvenir à faire la jonction… Dans le faux-plat avant Valloire je suis à fond sur le 50*12 @ 65-70 km/h, mais je reperds à nouveau du terrain ; ma chance est passée. J’attends le deuxième groupe avec Brice, qui me rejoint à l’entrée de Valloire. Demi-tour dans le village savoyard, et c’est reparti pour un Galibier (18.1 km @ 6.9 %) !
Dès les premières rampes Brice place une grosse accélération pour revenir à l’avant ; les jambes tétanisées après la descente je ne peux y aller, comme le reste du groupe. Il parviendra à faire la jonction au prix d’un gros effort, et prendra la deuxième place sur le parcours B. De mon côté j’ai du mal à digérer le changement de déclivité, et dois me faire violence pour suivre le train imposé par les costauds du groupe, et rester abrité jusqu’à Plan-Lachat. Je finis par décrocher à 2 km du virage sur la Valloirette ; les écarts restent faibles et quelques coureurs me rejoignent à Plan-Lachat.
Les sensations restent bonnes, et j’impose un train soutenu dès les premières rampes difficiles. Le compteur affiche 280-290 W, et mes compagnons décrochent un par un, sauf deux qui résistent à 200 m. Je poursuis ainsi mon travail de sape, afin de garder un peu d’avance au sommet pour me ravitailler sereinement avant la descente. Deux lacets plus bas j’aperçois Nicolas qui revient fort, et bascule dans le tunnel avec un jeune du parcours B. La descente jusqu’au Lautaret est très rapide malgré le trafic ; je le laisse filer vers l’arrivée dans le faux-plat qui suit, préférant attendre Nicolas et souffler un peu avant le Granon.
Il me rejoint avec un autre concurrent du parcours B, et nous roulons de concert -vent de face- jusqu’à Chantemerle où nous nous retrouvons à deux pendant quelques kilomètres. Au pied un autre coureur nous rejoint : j’aperçois Jean-Luc qui me tend un dernier bidon, j’ouvre le maillot en grand et c’est parti pour l’Ogre du Briançonnais (11.5 km @ 9.2 %). Je me cale rapidement à mon rythme et laisse partir mes deux concurrents, lentement mais sûrement. La pente est constante mais rude, et n’offre aucun répit sous un chaud soleil de midi. Heureusement un peu de vent est là pour nous rafraîchir, car à 12-13 km/h la transpiration est abondante.
Toujours la même stratégie : grimper en souplesse (le 36*25 est de rigueur ;)), sans se mettre à fond et se donner des objectifs à court terme, kilomètre après kilomètre. Ne penser à rien d’autre que boire et pédaler. Concentré j’arrive au ravitaillement à mi-pente, où on m’annonce 10°. Avec un bon verre d’eau ça fait du bien au moral, d’autant que le 11° est à plusieurs minutes derrière. Passé 2000 m la végétation se raréfie en même temps que le ciel se couvre ; l’atmosphère redevient fraîche et agréable… Pas de surprise dans les derniers kilomètres où je ne faiblis pas ; je franchis l’arrivée à la 10° place scratch, en 4h20’29 » et bien content d’avoir terminé ce col très difficile.
Ambiance particulière au sommet, où après quelques mots échangés avec une jeune (et jolie) bénévole je refais la course avec les quelques arrivants. Leblacher (Meaux) remporte l’épreuve devant un coureur élite de Nantes et Chavanon (Chamrousse), puis Mouchard (GMC38) et Garnier (Hautes-Alpes) complètent le top 5. Nicolas finit quand à lui 8° avant son Étape du Tour le lendemain ; d’après mes calculs je dois être le 3° des moins de 30 ans. Confirmation quelques heures plus tard à la remise des prix, où je monte sur mon premier podium de la saison, et pas le moins prestigieux :).
Voilà qui clôt une excellente campagne de six semaines 100 % cyclosportives. Maintenant place à la récupération avant le travail spécifique en haute montagne et la reprise dès la fin du mois, à la Risoul-Vauban. @ bientôt !
Félicitations Rodolphe, encore une course rondement menée… avec le podium caté en prime!
Belle saison !
Un réel plaisir à lire tes comptes rendus.
Merci… à une semaine près c’était la catastrophe niveau météo (en ce moment dans les Hautes-Alpes c’est du froid et de la pluie battante un jour sur deux :().
C’est la cata pour tout le monde… aller encore quelques jours à tenir et les températures remontent! tu devrais être pas mal pour la Risoul question météo, les prévisions sont bonnes!
Heureusement, car @ 8h30-9h dans les gorges du Guil il ne fait jamais bien chaud… et on grimpe à 2000-2300 m.
Enfin on verra bien 🙂
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