Memorial Cycling Marco Pantani

Comme en 2009 et 2010 retour aux Deux-Alpes, pour ma huitième manche dans le Grand Trophée, histoire d’assurer définitivement ma place de leader. En arrivant à la station il fait déjà 15°C ; voilà qui annonce un soleil brûlant pour midi, lorsque nous roulerons du côté de la Garde et Auris. La participation est en forte hausse, avec près de 700 engagés sur les parcours Senior et Master. Le temps de récupérer ma plaque et celle de David, je monte le vélo, m’habille et descends directement au Freney le retrouver, en attendant le départ réel.

Memorial Cycling Marco PantaniLe départ est donné vers 8h30, et nous attaquons tambour battant la longue descente jusqu’à la Paute. L’essentiel est de rester devant avant la séparation des parcours, pour éviter les accrochages et éventuelles cassures. J’aperçois aux avants-postes Nicolas du Team BVsport, Frédéric du CTC et Mickaël du VCP ; quelques escarmouches secouent le peloton, mais rien de bien méchant : j’entame l’ascension vers le col d’Ornon (11.1 km @ 5.8 %) bien calé aux avants-postes.

Le premier kilomètre permet de faire la sélection d’une quarantaine de coureurs ; jusqu’à la Pallud ça monte groupé et au train. Trop au goût de Nicolas, qui attaque dans le replat qui suit. Là c’est du sérieux ; je ne réagis pas immédiatement mais reviens au train dans la roue de Frédéric, en évitant de me mettre dans le rouge. Les autres favoris remontent et nous continuons à un rythme très soutenu jusqu’au sommet du col, avant d’attaquer littéralement la descente.

Jérôme, Nicolas, puis David prennent quelques longueurs et je reste dans leur sillage pour ne pas me faire surprendre avant Valbonnais. Les écarts restent faibles, et nous sommes une bonne vingtaine au pied du col du Parquetout (7.4 km @ 8.7 %). Les deux premiers kilomètres sont les moins raides, mais ça roule déjà en file indienne derrière Nicolas, bien décidé à forcer la décision. Je tiens le choc, mais au plus fort de la pente je lâche prise, imité par David et Frédéric. Devant les sept meilleurs sont partis ; je monte au maximum de mes possibilités sans me préoccuper du reste, naviguant à 30″ de la tête que je garde en point de mire. Dans le dernier kilomètre je donne tout pour me rapprocher avant la descente, mais baisse pavillon peu avant le sommet : je ne reviendrai pas seul.

Je bascule avec 1′ de retard ; David est un peu plus loin. Que faire : tenter de revenir dans la descente, ou attendre le groupe derrière ? Ne voyant personne loin devant ni derrière, je descends tranquille et en profite pour me ravitailler et bien boire, car il commence (déjà) à faire chaud. A la Salle-en-Beaumont un petit groupe me rejoint, emmené par David. Kenny et Sébastien l’accompagnent ; assurément un bon wagon, même si nous pointons déjà à 3′ de la tête de course. Nous roulons bientôt à cinq en direction d’Oris, puisqu’un Italien a lâché devant, et ne semble pas au mieux.

Grâce aux relais appuyés de David l’écart se stabilise autour de 2’30 », insuffisant pour espérer un retour, surtout avant la Morte (3 km @ 8.2 %). Mon objectif est simple désormais : basculer dans ce groupe pour la longue descente sur Séchilienne, puis passer la vallée de la Romanche avec eux. Je ramasse deux bidons au pied, et c’est parti… Je suis encore pas mal, et fais le train dans les premiers lacets. Le jeune Italien ne bluffait pas : il décroche dès le pied, et ne reviendra plus. Devant ça bouge, puisqu’ils ne sont plus que cinq en tête ; nous apercevons le sixième au loin.

Le sommet est plus facile et venté ; je me remets dans les roues et bascule sans problème avec les autres. David attaque la descente plein gaz : je suis à la rupture dans sa roue, et les virages s’enchaînent très rapidement. Nous revenons sur le coureur intercalé à St-Barthélémy ; nous revoilà cinq pour passer les 25 km de vallée, toujours à 3-4′ de la tête. Immédiatement David incite tout le monde à rouler : je suis un peu juste sur mes relais, le cardio est un peu haut mais je passe quand même… Nous sommes tous dans le même bâteau, et puis nous roulons pour la 6° place :).

Memorial Cycling Marco PantaniUn petit point s’impose : les trois premiers de la catégorie sont là, le podium est envisageable si je ne m’écroule pas dans le final. Côté boisson tout va bien, et la mère de David nous annonce régulièrement les nouvelles du front. Mickaël a eu un pépin mécanique et a lâché le groupe de tête, ils ne sont plus que quatre pour la gagne : les deux Nicolas, Jérôme et le Suisse Christian Charrière (ex-pro). Nous revenons fort sur Mickaël, et la jonction est faite après Rochetaillée, en même temps que Jean-Luc nous rejoint avec le fourgon du VCP.

Heureusement car 2 km avant Bourg-d’Oisans je perce ; il ne pouvait pas mieux tomber ! Le dépannage est efficace (merci Jean-Luc :)), mais je repars dans les voitures avec une bonne trentaine de secondes du groupe. Peu importe : on recommence à grimper jusqu’à l’arrivée, et si j’ai suffisamment de forces je reviendrai devant. L’ascension démarre (8.7 km @ 6.8 %), et je vois le groupe exploser au loin : David, Kenny et l’Italien lâchent Sébastien et Mickaël dans les plus forts pourcentages.

Je garde ces deux derniers en point de mire ; après deux virages je reviens sur Mickaël qui ne semble pas au mieux. Il ne cherche pas à s’accrocher, et j’atteins la Garde sur le même rythme. Dans le bref replat je rejoins Sébastien, qui prend mon sillage en remontant sur Auris. Les balcons sont toujours aussi magnifiques, mais sous le soleil de midi c’est une vraie fournaise. Au train Sébastien décroche : me voilà seul, en huitième position à 20 km de la ligne. Un dernier effort et je bascule dans la descente sur le Freney.

L’ombre des virages avant le tunnel fait du bien ; j’en profite pour avaler un dernier gel. Dernier remplissage des bidons au pied des Deux-Alpes… C’est parti pour le final (9.8 km @ 6.2 %), moitié sous le soleil, moitié à l’ombre. D’entrée je ne suis pas au mieux, pourtant la pente n’est pas très prononcée. J’essaie de garder un bon rythme, motivé par un top 10 et un podium dans ma catégorie. Les kilomètres défilent lentement ; je ne pense à rien d’autre que pédaler, boire et m’arroser dans une chaleur intense.

J’attends avec impatience la rupture de pente à 5 km du sommet ; le répit est de courte durée mais permet de souffler un peu. En me retournant j’aperçois deux concurrents qui reviennent fort ; ils me dépassent quelques hectomètres plus loin, sans que je ne puisse réagir. L’un d’eux me paraît jeune ; j’espère que le podium n’est pas en train de filer… Je continue ainsi jusqu’au sommet, j’ai mal partout : le dernier kilomètre semble durer une éternité et je franchis enfin la ligne en 5h29’05 », au bord des crampes. Je suis 10° scratch et rate le podium des 18-29 ans (4°) ; Frédéric revient à 1′ derrière moi, suivi de Mickaël et Sébastien.

Pas de regrets, car j’ai tout donné aujourd’hui ; un trophée aurait été la cerise sur le gâteau, mais c’est comme ça. L’essentiel est là, vu que je consolide ma première place au général du Grand Trophée. Mon avance sur Ruvar devrait être suffisante avant les deux dernières manches. Enfin coup de chapeau à Pierre, à court de condition après de longues vacances mais qui s’est arraché pour finir et reprendre le maillot de leader chez les 40-49 ans : bravo à lui !

7 réflexions sur « Memorial Cycling Marco Pantani »

  1. Dommage il y a pas la fin du fichier mais ça watt fort sur le début! Un de tes meilleurs si ce n’est le meilleur début sur 3 h avec les 3 B, 272 wnp! Dommage de ne pas mettre cette forme sur la préalpes qui est annulée. Viens faire les Ballons VOsgiens ce dimanche!
    A+
    Alban

  2. En fait j’hésitais entre Préalpes le dimanche, ou Vercors-Drôme le samedi… ce sera donc la Drôme, même si ça fait un jour de moins en récup 😉
    D’ici là je vais essayer de rouler un peu, avec un peu de PMA demain soir s’il ne fait pas trop trop chaud (et suivant les sensations).
    Mais j’ai livré une course au niveau des Trois Ballons, avec de très bonnes sensations dans le Parquetout (et jusqu’à la Garde, compte tenu de la distance et le passage en 36*23 maxi sur la roue de secours :D).

  3. Cette place vient recompenser une très belle progression. Bravo à toi. Je suis un ultra convaincu de l’approche du powertraing 🙂
    On se voit donc Samedi.
    Fred
    PS : je viens de voir que le vainqueur avait été suspendu 2 ans y a qq années…

  4. Tiens, tiens, tiens… un autre « Currit » ? 😉
    Oui la progression est importante, même si comme le rappelle souvent (et à raison) Alban je fais trop de seuil, et pas assez de PMA à l’entraînement.
    C’est clair que je ne pourrai plus me passer de capteur de puissance…
    @ samedi matin !

  5. Grace au capteur on voit clairement sur ta saison le temps passés dans chaque zones. La pma reste tout de même bien sollicitée grace à l enchainement des courses. Manque surtout un peu de diversité ( i2,i3 et i7) la semaine! De quoi progresser encore!

  6. je ne pensai pas perdre autant après un mois arrêt
    Le moral en prend un coup sur le moment puis après analyse on comprend que pour faire de belles performances ça ne s’invente pas il faut pratiquer

    Je considère que ce mois d’arrêt sera ma coupure !!!!!
    j’ai repris le capteur de puissance hier et je suis heureux

  7. Certes, mais nul doute que cette bonne coupure en famille t’a fait du bien dans la tête… L’équilibre est toujours délicat à trouver entre envie de « lâcher » un peu la bride après un(de) gros objectif(s), et la perte programmée de rythme.
    Exemple à la Vercors-Drôme ce matin (pas de Préalpes dimanche, vu qu’elle a été annulée => le CR va venir rapidement), où sous l’averse, dans le froid j’avais du mal à rester concentré/motivé après 2h de course… pourtant les jambes n’étaient pas si mal, et j’étais dans le groupe de tête au milieu des élites/nationaux et l’inévitable Fredo. Le soufflé qui retombe en quelque sorte, après une Pantani très intense physiquement et émotionnellement (j’ai terminé bien plus entamé qu’à la Marmotte).

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