Vercors-Drôme

Contrairement aux autres années où je disputais la Préalpes, celle-ci est annulée au dernier moment. Me voici donc en route vers Romans pour ma première participation à la Vercors-Drôme, belle épreuve organisée par le Cyclo-Club Romanais Péageois. La météo est incertaine jusqu’à la veille, aussi je m’engage le matin même sur le grand parcours. Long de 145 km, il offre une jolie boucle via les cols Jean Cavalli, des Limouches, de la Bataille, de la Portette, de l’Echarasson et à nouveau le col des Limouches au retour. Bref un bon chantier, plus difficile qu’il n’y paraît sur le papier et sur des routes que je connais peu.

Vercors-DrômeAu moment du départ le ciel est chargé sur l’Isère, mais dégagé sur la Drôme : je pars en manchettes et coupe-vent sans manches, ça devrait suffire pour la fraîcheur matinale (15°C). A 8h00 la sirène retentit, et le millier de concurrents présents sur les deux parcours défile dans les rues de Romans, pour quelques kilomètres neutralisés avant la sortie de la ville. J’en profite pour discuter avec Frédéric (CTC) et les frères Vannier, deux ex-Fontainois venus faire du rythme sur le 90 km, avant les critériums de fin de saison.

Comme souvent ça ne roule pas bien vite avec pas mal de vagues, et dès le départ réel j’attaque sèchement ; autant pour me mettre en sécurité que pour faire monter le cœur, et quelques coureurs dont Frédéric suivent le mouvement. Mais l’écart n’est pas très important et le peloton a vite fait de revenir sur les petites routes qui nous séparent de la première difficulté. Je reste très vigilant et nous arrivons enfin à Combovin pour attaquer le col Jean Cavalli.

Nous passons peu après une petite échappée, et les favoris remontent rapidement dans ce col roulant. Gastaldi (VS Hyérois) mène grand train ; l’écrémage se fait par l’arrière, et certains engagés du petit parcours secouent le cocotier. Les hommes de tête sont repris dans l’ascension, et à la bifurcation nous sommes une bonne vingtaine en tête du grand parcours. Frédéric et Jérôme sont là, avec beaucoup de costauds comme Chevalier, Genthon (BAC01), Campagnole (GMC38), Girard (CCF) et deux jeunes coureurs de Sarras. La suite vers le col des Limouches est très accidentée avec de courts passages à 14 %, mais nous passons groupés à Léoncel, tandis que la pluie menace au loin.

Une grosse averse nous tombe dessus peu avant le col de la Bataille, et je commence à regretter l’imperméable… Quelques attaques secouent le groupe : je suis à bloc et nous perdons quelques unités, avant de basculer plein gaz dans la descente. Connaissant le terrain Genthon enchaîne les virages à vive allure sur la route détrempée ; je fais de même en évitant soigneusement les bandes blanches. Il fait froid et humide, mes doigts sont engourdis et je suis bien content de me réchauffer en entamant la difficulté suivante : le col de la Portette.

Le train est soutenu mais sans plus, chacun cherche à se ravitailler. Dans le col de l’Echarasson un coureur tente de nous fausser compagnie, mais le groupe est prompt à réagir et nous franchissons ensemble le sommet. C’est l’endroit que Chevalier et Genthon choisissent pour attaquer de concert ; sans me poser de question je leur emboîte le pas. La descente est tortueuse mais sèche, et je reste au contact grâce à quelques freinages dont j’ai le secret :). Ils poursuivent leur effort jusqu’à St-Jean-en-Royans, si bien que nous sommes cinq ou six en tête avec une petite avance sur nos poursuivants.

Surpris de me retrouver en si bonne position après 2/3 de course j’hésite à me livrer totalement avec les deux élites, et après une grosse poursuite le regroupement est général au pied du col des Limouches. Le groupe est encore trop fourni au goût de certains : Gastaldi tente de partir, Girard contre et j’y vais avec Frédéric, mais les jambes commencent à brûler. Sur ces accélérations le groupe se réduit petit à petit, mais quand Chevalier contre je reste assis, impuissant. Il s’échappe en force avec Gastaldi et Bard (SSVC), bientôt suivi par Genthon et Begot (SSVC). Sentant le bon coup partir Jérôme démarre à son tour ; Frédéric et moi souffrons quelques hectomètres dans sa roue, avant de craquer sur sa seconde accélération. Il reviendra sur le groupe intercalé pour la 4° place, sans rejoindre la tête.

Frédéric mène un train suffisamment soutenu dans le long faux-plat qui suit ; j’essaie de relayer de temps en temps, mais j’accuse le coup du début d’ascension. Derrière Campagnole décroche, accompagné de Girard ; nous roulons maintenant à six pour la septième place, pas mal 😉 ! Après Léoncel la pente se durcit sur quelques kilomètres avant le col des Limouches ; j’en profite pour tester un peu mes compagnons, malgré le vent qui se lève. Le plus jeune décroche irrémédiablement et Frédéric me relaie jusqu’au sommet : il reste 30 km à parcourir, dont une bonne dizaine en descente.

Un membre du groupe fait toute la descente en tête, tandis que nous retrouvons progressivement la chaleur drômoise. Les 15 derniers kilomètres sont couverts vent de côté, mais chacun effectue sa part de travail ; nous approchons rapidement de Bourg-de-Péage par la route empruntée 4 heures plus tôt. Dans Bourg-de-Péage, un panneau annonce la flamme rouge ; dernier virage à 500 m de la ligne, où je prends au sprint la 10° place scratch en 4h25′. Pas mal après une récupération difficile du weekend précédent, même s’il m’a manqué un peu de force pour suivre les meilleurs avant Léoncel. Une fois de plus je suis au pied du podium des 18-29 ans, mais pour y être invité il fallait finir dans les cinq premiers du scratch… Donc pas de regrets.

Suivant la récupération et la météo je poursuivrai peut-être cette dynamique à l’Alpigap dimanche prochain, sur un parcours que j’aimerais découvrir ; j’ai quelques jours pour me décider…

7 réflexions sur « Vercors-Drôme »

  1. Salut Rodolphe,

    Félicitations pour ta course. Tu as vraiment franchi un palier cette année, tes tops 10 sont très réguliers et tu pèses sur la courses. La classe! Une victoire dans ta caté pour la fin de saison…
    @bientot

  2. Salut Olivier,

    Tellement régulier que je m’en suis « contenté » avant-hier, sans trop aller au bout de mes forces pour chercher mieux (au risque d’exploser ensuite).
    La victoire dans la caté ? Un autre podium serait déjà pas mal, car de plus en plus de -30 ans talentueux viennent sur les grands parcours cyclos 😉

    @+

  3. As tu quelques grimpées au programme pour la fin de saison? il y a certainement moyen de bien faire aussi et de watter un max! 🙂

  4. Au moins deux (à moins qu’il ne tombe des cordes le jour J) : St-Nizier le 17/09, Arzelier le 24/09.
    De belles grimpées pas très loin de chez moi, et suffisamment longues (40-45′ d’effort) pour m’exprimer 🙂

  5. le cyclosport, effort individuel, dépassement de soi ! il y a un sujet à developper !
    rodolphe, une saison régulière, et qui aime partager ! j’aime !

  6. Ta saison n’est pas mal non plus Nico 😉
    C’est vrai que mis à part la « bâche » de Montmeyran et le gros couac aux Trois Ballons (mille fois dommage), je n’ai pas connu de jour sans malgré l’enchaînement des épreuves… Une meilleure préparation et surtout l’expérience d’un GT ont été capitales.
    Tu as d’autres épreuves programmées pour la fin de saison ? Je comptais faire l’Alpigap, mais c’est assez loin et la météo semble bien incertaine 🙁

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