Après avoir passé la semaine à hésiter sur la météo, me voici au départ de la troisième édition de la Drômoise, sur un grand parcours remanié par rapport à 2010. A priori plus facile (143 km – 2200 m annoncés), il emprunte cependant les routes escarpées -et jamais plates- du Diois. Le ciel est chargé mais reste sec ; en revanche les violents orages de la veille ont laissé des traces, l’eau se mêlant par endroits aux gravillons et à la terre.
Bref il convient de rester vigilant dès le départ, l’imposant peloton restant compact pendant plus de 30 km. La route est humide voire trempée et se rétrécit souvent ; malgré l’allure peu soutenue je peux à peine discuter avec mes différentes connaissances cyclosportives présentes aujourd’hui (David, Frédéric, Sébastien, Nicolas, etc). Tenant ma place dans les 20-30 premiers je passe au travers les chutes, et comme prévu Nicolas Fritsch passe à l’action dès Roanne pour écrémer l’imposant peloton.
Il est vite relayé par un concurrent, et je dois me mettre à bloc pour tenir la cadence… sans savoir combien de temps dure l’ascension. Les minutes sont longues, et je dois laisser filer une demi-douzaine de coureurs peu avant Tavard. On revient dans la courte descente qui suit, mais je ne suis pas aussi aérien que d’habitude… Après St-Nazaire-le-Désert vient le premier gros morceau de la matinée : le col des Roustants par Volvent.
Là encore nous sommes trop nombreux au goût de Nicolas, qui accélère : ça casse de partout, mais bien placé je résiste avec la tête de course jusqu’au col de Portail. Les jambes brûlent, et logiquement je craque après Volvent : le groupe de tête se découpe en deux, et Bonnafond (récent 26° de la Vuelta) fait l’effort pour ramener tout le monde. Je n’arrive pas à suivre le groupe de chasse, et dois me faire violence pour accrocher la roue de Frédéric qui assure un bon tempo. Au sommet nous gardons le groupe en point de mire, et en prenant quelques risques mesurés dans la descente nous rentrons sur la tête après Chalançon.
Deux fois lâché en deux ascensions, je ne me fais guère d’illusions pour la suite. A la séparation des parcours 116/143 km nous sommes une quinzaine à partir sur le grand parcours, et dès les premiers hectomètres du col des Fays le groupe explose. A la rupture je ne cherche même pas à suivre la tête, me contentant de suivre le groupe de chasse avec notamment Frédéric, Nicolas (Raybaud) et Raphaël. Le rythme est bien assez soutenu, et devant les favoris se mettent rapidement hors de portée.
Au sommet un dernier effort nous amène au col de Rossas, avant de descendre longuement sur Valdrôme et son fameux mur. Rien à signaler ; 40 km restent à couvrir, et pointés à 4′ de la tête de course il s’agit maintenant de rallier l’arrivée ensemble. Nous arrivons groupés à Beaurières ; virage à gauche direction Lesches-en-Diois et c’est parti pour 6-7 km d’ascension, le plus dur étant au début. Deux concurrents décrochent instantanément ; ne souhaitant pas finir seul je m’accroche aux quatre autres. Frédéric assure la majorité du train, Raphaël semble encore fringant et je lutte le plus souvent en queue de groupe pour rester au contact.
A l’approche du sommet la pente se radoucit, je franchis ce dernier avec le groupe : mission accomplie ! Maintenant place à 30 km de descente/plat avant Die… Les relais sont efficaces, chacun assure sa part de travail et le compteur dépasse très souvent les 40-45 km/h. Les deux courtes ascensions vers Collet et St-Romans perturbent à peine la belle mécanique ; à chaque fois je flirte avec les crampes, mais ça passe.
Dernière ligne droite avant Die, là où l’an dernier j’avais crevé… Cette fois-ci pas de pépin mécanique, mais Nicolas plante une banderille à 5 km de l’arrivée, histoire de rappeler à tous qu’il y a une dixième place en jeu. Nous arrivons néanmoins au sprint : j’aborde le dernier rond-point en 2° position derrière Frédéric, rate ma relance et lance mon sprint de beaucoup trop loin pour espérer résister à mes adversaires. L’acide lactique monte dans les cuisses, je me rasseois : game over… Dernier du groupe, je coupe la ligne en 4h00’26 » à la 14° place ; Frédéric remporte le sprint pour prendre la 10° place, suivi de Nicolas. 8 minutes plus tôt les six meilleurs sont arrivés au sprint pour la gagne : Michel Heydens l’emporte devant Lionel Genthon et Tony Mezure ; Geoffrey Bouchard, Nicolas Fritsch et Guillaume Bonnafond complètent le top 6.
Pas grand chose à regretter sur ma course du jour, tant le niveau était relevé (seulement 9° de ma catégorie malgré un top 15 !). Le travail PMA entamé la semaine m’a certainement aidé dans certains passages difficiles, mais il m’a manqué un peu de fraîcheur et de constance pour espérer mieux ce matin. La fin de saison est proche, avec une certaine lassitude… Il me reste quelques jours pour me décider entre la grimpée de Montaud ou les Cimes du Lac d’Annecy, nouvelle épreuve sur des routes complètement inédites pour moi.
Résultats : Drômoise – grand parcours
Salut
Ton compte-rendu fait bien comprendre la course, celle que tu as vue déjà. Je me permets une petite critique, il manque le nom du vainqueur, voir le podium. Sais-tu si les classements sont disponibles quelque part?
Ma suggestion: Annecy plutôt que Montaud. Histoire de vraiment faire du vélo!
Oui malgré la fatigue une première à Annecy me tente bien… d’autant que je ne roule jamais là-bas et la météo semble tourner à l’été indien.
C’est vrai que j’oublie souvent (pour ne pas dire toujours ;-)) de publier les résultats… ce sera corrigé dans la journée.
Devant ça arrive à six pour la gagne : Michel Heydens s’impose au sprint devant Lionel Genthon, Tony Mezure (très à l’aise pendant la première moitié de course), Geoffrey Bouchard, Nicolas Fritsch et Guillaume Bonnafond (qui n’a pas fait le sprint).
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