Malgré un résultat mitigé à la Drômoise quelques jours plus tôt, la curiosité me pousse à participer aux Cimes du lac d’Annecy ce dimanche. Nouvelle cyclosportive organisée par LVO, elle propose un parcours alléchant dans le massif des Bauges (133 km – 3000 m), avec pas moins de cinq cols à escalader (Leschaux, Crêt de Chatillon, Plainpalais, Prés, Leschaux) sur des routes jamais plates. Le niveau est également relevé ; outre les participants au challenge Rotor Cyclo’Tour, les teams BVSport et Scott sont bien représentés.
Le départ est donné au bord du lac d’Annecy ; le col de Leschaux donne immédiatement le ton. Le train est soutenu, et les sensations pas mauvaises contrairement aux entraînements de la semaine : vaut mieux ça que l’inverse :-). Je retrouve les deux Nicolas (Fritsch et Raybaud) aux avants-postes, tout comme Sébastien et Cédric. Rien à signaler si ce n’est une accélération à mi-pente, sans grands dégâts ; au sommet le peloton est encore compact. On prend la direction du Crêt de Chatillon, une longue ascension de 13 km avec des pourcentages soutenus (5-6 %).
Au premier lacet pentu je prends quelques longueurs sans vraiment le vouloir, Nicolas (Fritsch) contre : la grande bagarre est lancée. Dans un premier temps je ne cherche pas à le suivre ; quand Nicolas Ougier part à sa poursuite je tente de faire l’effort… mais impossible de tenir la cadence. Nicolas Roux, Éric Wagon et Cédric partent en chasse ; derrière j’essaie de suivre le tempo imposé par Philippe Colevret, mais après quelques minutes j’accuse le coup et décroche du petit groupe. Je me ressaisis en voyant que derrière ça explose ; j’aperçois Nicolas (Raybaud) quelques secondes plus bas : il finit par revenir avec un concurrent dans une portion plus roulante, tandis que je garde le groupe de chasse en point de mire.
J’en remets une couche sur un passage raide à 5 km du sommet, et me retrouve à nouveau seul. Plus haut je pointe à 40″ du groupe de chasse qui a rattrapé Cédric : avec la longue descente qui suit ça me laisse une chance de revenir. Je couvre les deux derniers kilomètres à bloc, profitant peu de la vue sur le Mont Blanc. Parfum d’automne dans la descente : feuilles mortes et humidité jonchent les parties ombragées de la route, on se croirait au Tour de Lombardie. La descente est sinueuse, et bien aidé par mes Continental GP4000S j’enchaîne les virages presque comme sur le sec ; en quelques kilomètres je rejoins le groupe.
Je poursuis l’effort jusqu’à rejoindre Jean-Francis Pessey, décroché lui aussi de la tête… déjà pointée à 3 minutes après 40 km de course. Je coupe mon effort et le groupe se reconstitue : nous sommes une petite dizaine quand Nicolas nous rejoint. L’entente n’est pas bonne ; chacun pense à la suite et n’ose se découvrir… Malgré tout Philippe Colevret impose le rythme : leader du Cyclo’Tour, il n’a pas intérêt à ce que ça revienne derrière. Les relais tournent timidement, jusqu’au pied du col du Plainpalais. Les sensations restent bonnes, mais je suis étonné d’avoir mal aux jambes si tôt dans la course. Rassuré en voyant que c’est pareil pour certains, je me force à mouliner un peu plus pour éliminer les toxines : tactique payante pour la suite. Au sommet le cap de la mi-course est atteint ; nous descendons droit sur la difficulté suivante : le col des Prés, annoncé difficile avec ses passages à 12 %.
Il commence à faire chaud ; au sein du groupe je me sens encore pas mal. Dès les premières rampes difficiles Pessey tente de partir : d’habitude très fort je le laisse partir, mais aujourd’hui il plafonne. Philippe Colevret ramène la troupe qui se réduit au fil des accélérations : Nicolas, Cédric, Sylvain Oswarek, Jean-Francis Pessey et le leader du Cyclo’Tour restons seuls dans le coup. Après Thoiry Nicolas tente de contrer, je lui emboîte le pas. L’allure ne faiblit plus jusqu’au sommet, bien au contraire. Cédric accélère dans un passage plus raide ; Nicolas craque et je lutte pour rester au contact. A ce rythme-là je ne peux tenir très longtemps, et à 3 km du sommet je dois les laisser filer, lentement mais sûrement. Au moment de basculer je les ai toujours en point de mire, mais malgré le retour de Nicolas dans la descente celle-ci n’est pas assez longue et technique pour rentrer.
Il reste alors 40 km à couvrir, et nous unissons nos forces ; autant pour essayer de revenir que pour conserver notre position. Sur des routes jamais plates et au revêtement irrégulier nous les apercevons parfois en point de mire, mais au fil des courtes ascensions nous perdons du temps. Le final est très usant, mon compagnon est de plus en plus fatigué ; dans le dernier passage au col de Leschaux j’assure la majeure partie du travail. Le sommet est une délivrance pour nous deux : plus qu’une descente pour rallier la côte de l’arrivée.
Nous arrivons ensemble au pied : 2 km suffisamment pentus pour faire la différence. J’accélère d’entrée, et sens l’acide lactique monter dans les cuisses ; Nicolas ne peut pas suivre, en bon gentleman il m’aurait de toute façon laissé passer pour le travail fourni dans le final ;-). Je franchis la ligne à la 8° place scratch en 4h27’38 », avec un nouveau podium catégorie à la clé. Devant Nicolas Ougier (Scott – les Saisies) remporte la victoire légèrement détaché devant Éric Wagon (GMC38) ; Nicolas Fritsch (BVSport) complète le podium scratch. Dernière épreuve de la saison, et meilleur résultat : voilà qui conclut une journée idéale, en attendant la remise des prix sur le site magnifique du lac d’Annecy… rendez-vous en 2012 !
Résultats : Cimes du lac d’Annecy – grand parcours
Bonjour,
Beau compte rendu et bravo pour la perf.
J’y été aussi. C’est étonnant comme j’aurais presque pu faire le même CR, pas loin de 50 places derrière, sauf sur la fin : j’ai lâché mon groupe dans le col des Prés, un peu trop pentu pour moi et j’ai fini tout seul.
Sinon, c’est 9ème au scratch, pas 8ème 😉
Je vois aussi que tu as 3 minutes de moins au chrono qu’au classement, comme moi
Ouais j’ai vu ça : 8° dimanche soir au moment du podium, 9° hier.
Le quatrième du scratch s’est intercalé entre-temps, je ne me souviens pas de sa présence pendant la course… Enfin ça ne change pas grand chose 😉
Y’a moyen d’avoir les données Garmin en Km et non pas en Mi ?
(225 de cadence max, ça envoie sévère !)
Oui ; pour cela il faut cliquer sur le parcours, puis « Afficher en métrique » sur Garmin Connect…
C’est un paramétrage propre à chaque utilisateur.
Ping : TEAM BVSPORT LOIRE » LES CIMES DU LAC D’ANNECY. UNE PREMIERE AMPLEMENT REUSSITE.
Salut Rodolphe,
Voila qui conclu une belle saison de cyclosport !
Bien sympa de suivre tes comptes rendus et fichiers puissances.
On peut retenir que tu as une sacré aptitude d’endurance critique et maintien de puissance au seuil avec des bests obtenues en fin de saison sur le chrono de Saint Nizier (40min AP315w) et ici sur les Cimes (3H NP275 AP237).
Sur les épreuves allant jusqu’a 6h d’effort, on releve des puissances NP250 et AP215. Les écarts NP et AP se creusent, sûrement une conséquence des efforts plus important fournies en début d’épreuve pour définir les positions et qui entame bien le physique sur les dernières heures.
A la vue de l’asymptote sur la courbe des puissances moyennes, j’aurais dis que la FTP tend vers 310w (courbe WKO+ AP et NP).
Le profil anaérobie n’est pas tres haut mais c’est sûrement plutôt par manque d’enregistrement d’épreuve type route FFC car les sprints fais apres 4-5h de route sont bien impactés. C’est sur que ce n’est pas ce qui fait défaut pour performer sur les épreuves cyclosports. Mais cela pourra peut être aider à grapiller des watts en plus pour la progression.
Les ingrédients qui marchent : un poids plume avec un bon seuil et une bonne endurance critique.
Encore une fois : tres belle saison !
@+
Olivier.
Merci pour l’analyse, c’est à peu près mon ressenti sur le terrain ;-)… dans la première ascension dimanche je sentais bien que ça « wattait » fort, au point d’avoir un doute sur ma capacité à finir correctement l’épreuve (la peur de trop en faire, sur un parcours bien difficile pour une fin de saison).
Je n’ai que très peu ou pas travaillé la filière anaérobie cette saison, et ça s’est ressenti sur le FFC 2/3 + les cyclos qui se sont courues comme des FFC (Granfondo Colnago, Drômoise…).
Voilà une filière à explorer pour 2012, sans toutefois délaisser les autres pour rester capable de tenir jusqu’à 7h de course 🙂
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Salut Rodolphe.
Comme je te l’ai dit en MP sur véloptimal hier soir, j’ai commencé de lire ton blog. Sympa toutes ces cyclosportives de montagne. Je me lancerais bien mais je suis vraiment un mauvais descendeur et cela me gène un peu.
Je vais du coté d’annecy début juin pour une sortie club. 185kms avec le col de tamié, des prés, le cormet de roselend et le col de la forclaz. J’y retournerai peut-être la semaine suivante pour le brevet de haute montagne.
Ce col des prés à l’air vraiment difficile. C’est ce que j’avais noté mais c’est ce que l’on cherche malgré tout.
Bonne saison 2012.
MIMI