Corima – Drôme Provençale

Après le déluge de l’an passé c’est un grand soleil qui nous accueille ce matin à Montélimar pour la troisième -et déjà classique- Corima. Le grand parcours reste inchangé : la côte de Citelle puis les cols de Valouse, la Sausse, Comps et Perthuis sont chargés de faire la sélection avec un élément important : le vent. Pour ma part c’est l’occasion de voir où en est ma condition, bien que mes objectifs soient plus éloignés dans la saison (et surtout plus montagneux). Cela reste néanmoins un plaisir de renouer avec le cyclosport : dans le sas prioritaire j’aperçois Mickaël, Nicolas, Sébastien, Frédéric, Jean-Luc et tant d’autres…

Corima - Drôme ProvençaleLa traversée de Montélimar est neutralisée, pourtant les 1800 concurrents sont très nerveux avec de nombreux coups de patin voire chutes sans gravité. Je veille à garder mes distances (autant que possible), et profite de la sortie de la ville pour remonter en tête avant la première difficulté. Dès le départ réel quelques attaques secouent le peloton ; je suis le mouvement sans trop de mal, mais sans avoir la socquette légère non plus. Quelques hommes arrivent à se détacher, et on arrive rapidement à la côte de la Citelle, première difficulté du jour.

Avec le vent personne n’ose prendre l’initiative, la montée est moins rapide que l’an passé. Le train est suffisamment soutenu pour revenir sur les hommes de tête, mais pas assez pour écrémer le peloton. La descente qui suit est très rapide, et bientôt nous arrivons à la séparation des parcours, où ça frotte un peu. Je reste devant sans regarder ce qui se passe derrière : Sébastien en profite pour prendre quelques longueurs, histoire de basculer avec les meilleurs si la bagarre commence. J’entends un accrochage entre deux coureurs derrière moi en pleine montée, preuve que le rythme n’est pas très rapide.

Cela ne dure pas, et à un kilomètre du sommet le tenant du titre Reynaud place un violent démarrage, bientôt relayé par Heydens, Genthon et quelques autres coureurs dont Stéphane du GMC38. Connaissant la descente technique qui suit je me fais mal pour prendre le wagon, mais plafonne à 100 m du sommet. La descente est rapide et étroite ; sans me retourner j’ouvre grand la poignée pour me rapprocher, en vain. Au bas de celle-ci un groupe de chasse plus important me reprend, et nous finissons par rentrer juste avant le col de la Sausse.

Nicolas tente sa chance seul, j’en profite pour m’alimenter ; cela fait déjà deux heures qu’on roule. Je redoute des attaques dans le col, mais elles ne viennent pas : le rythme est élevé mais régulier, et je bascule au sommet avec le groupe… Tout reste à faire même s’il reste un homme en tête. La descente nous ramène à toute allure sur Crupies, avant d’entamer la courte mais difficile côte de Comps. D’entrée je sens que ça va être difficile de tenir, mais tiens bon en queue de groupe. Nicolas est repris et les favoris se font la guerre en vue du sommet : à la rupture je décroche avec Stéphane puis Frédéric. Les dix meilleurs sont partis, et j’intègre le groupe de chasse dans la descente.

Je souffle un peu, ravitaille et fais le point : dix devant, nous derrière et une difficulté restante. J’avais craqué ici l’an passé, rendant les trente derniers kilomètres longs et pénibles à couvrir… Pas question que l’histoire se répète. Dans un faux-plat vent de face JP Roux part seul en contre ; personne ne réagit à son attaque, et nous entamons l’ascension vers le col de Perthuis. Les jambes brûlent au fur et à mesure que le sommet se rapproche, mais à entendre le souffle rauque de mes adversaires c’est aussi le cas pour eux ; je me fais violence et bascule avec le reste de la troupe. La descente est menée tambour battant jusqu’à ce qu’on croise un accidenté dans une épingle : les pompiers sont là et l’ont déjà immobilisé, voilà de quoi calmer les ardeurs de chacun :-(.

Corima - Drôme ProvençaleIl reste maintenant 30 km à couvrir, vent de côté. Sous l’impulsion de Nicolas et Frédéric les relais s’organisent efficacement, ainsi que les inévitables éventails… L’expérience de Montmeyran il y a deux semaines est salutaire ;-). Chacun donne de sa personne et les kilomètres défilent à toute allure, mais petit à petit certains montrent des signes de lassitude. Bluff ou pas cela ne perturbe pas Frédéric et Nicolas, clairement les deux plus costauds du groupe. Dès que le vent tourne ça roule à 50 km/h, impossible pour moi de prendre le moindre relais dans ces conditions.

Nous arrivons groupés à Savasse, dernier toboggan du parcours à 5 km de l’arrivée. Chacun (ou presque) tente sa chance dans la courte difficulté, mais le regroupement est général dans la descente. Sentant le (mauvais) coup venir au sprint je tente ma chance à 2 km de la ligne, en vain. Les jambes tétanisées je prends la dernière place du groupe, soit la 20° au scratch en 3h49’02 » (7° des moins de 30 ans). Stéphane remporte le sprint pour se classer 12° ; quant à Nicolas et Frédéric ils prennent les 16° et 17° places. Cinq minutes plus tôt Lionel Genthon remporte l’épreuve légèrement détaché, devant Nicolas Reynaud et Michel Heydens.

Première cyclosportive de la saison, premier top 20 sur un terrain pas forcément idéal pour moi… Pas de regrets à avoir, car devant c’est du très costaud avec une belle progression par rapport à l’an dernier. Une manière idéale de lancer la saison et valider le travail effectué jusqu’ici ; rendez-vous à Vienne (2/3/J) dimanche prochain.

Résultats : Corima – Drôme Provençale

9 réflexions sur « Corima – Drôme Provençale »

  1. Salut Rodolphe,

    Oui les sprints ça se travaille!Mais bon quand on arrive après avoir donné son max pendant plusieurs heures, je suis pas sur que cela change grand chose d’avoir progressé de 100w sur des efforts de 10s.
    Donc pour avoir les infos puissance, associe ton power2max avant d’entrer dans le sas si j’ai bien compris ! 🙂
    Alban

  2. Oui… je ne ferai pas la même boulette deux fois 😛
    Pour le sprint ça n’aurait pas changé grand chose en effet… après 30 bornes dans une bordure j’étais un peu rincé.

  3. Salut,

    Félicitations pour ce beau résumé et cette belle course. Une belle perf, on voit que tu as une sacrée caisse, car finir dans le top 20 n’est pas donné à tout le monde !

  4. Excellent récit. Merci pour le clin d’oeil à montmeyran. Je pense qu’à vienne le vent pourrai aussi faire son apparition. Tu devais être avec le team bvs.
    Cela annonce une nouvelle et belle saison cyclosport ! Keep in the touch

  5. Salut Rodolphe. Bravo pour ta performance et pour ce superbe récit. J’ai découvert ton blog il y a 3 semaines et j’ai dévoré tous tes CR de cyclosportive. J’ai moi aussi participé à cette épreuve mais sur le petit parcours. Bon courage pour la suite de ta saison. Je me suis permis de te suivre sur Strava. Au plaisir de te rencontrer au détour d’une cyclo ;).

  6. Salut Rémi, et merci.
    J’irai également jeter un œil à ton blog… peut-être @ bientôt en effet 🙂

    @ Nico : oui on aura certainement du vent à Vienne, voire même de la pluie… mais ce n’est pas un objectif en soi, juste une dernière course de préparation avant le GF Cannondale de Cogolin dans trois petites semaines (là y’aura encore du gros poisson à mon avis). Bon courage pour Bourg-de-Péage : en nationale j’aurais bien tenté le coup, mais 150 bornes en ligne avec des élites c’est un coup à se retrouver seul dans la pampa 😛

  7. Salut Rodolpho,

    T’es un pro course bien gérée bravo, je sens que tu montes dans les tours, en juin tu vas être au top du top!
    biz

  8. Bonjour,
    Beau CR.
    Je n’ai pas eu de problème avec mon Garmin (détection du cardio et du capteur de vitesse/cadence OK) alors qu’il y en avait plusieurs autour de moi. Peut-être parce que je l’avais démarré pour l’échauffement et qu’il a gardé le « contact » avec les capteurs malgré la mise hors tension automatique.
    Et grâce à toi, je viens de découvrir Strava (sympa les comparaisons sur les différentes bosses du parcours).

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