Granfondo Cannondale – Golfe de St Tropez

Le partenaire change (Cannondale remplace Colnago), mais pas la formule : j’ai rendez-vous ce matin avec le Grand Trophée à St-Tropez. Le parcours est conforme aux éditions précédentes, l’arrivée étant déplacée à Gassin. Les puncheurs (ou non-sprinters comme moi) espéraient une arrivée en côte dans le village : raté, puisque celle-ci est jugée en bas, sur terrain plat. Peu importe : un peu plus de mille participants se massent au départ des deux parcours, sous un frais matin ensoleillé. Les habitués sont là (David, Hugues, Jean-Luc, Pierre…) ainsi que beaucoup d’étrangers dont le team Grinta : l’épreuve est qualificative pour la finale de l’UCI World Cycling Tour fin août à Pietermaritzburg (Afrique du Sud).

Granfondo Cannondale - Golfe de St TropezAprès une semaine de repos forcé (malade + météo maussade) je pars un peu dans l’inconnu sur ce parcours exigeant (179 km – 2500 m). La nuit qui précède est comme d’habitude agitée, mais au petit matin je suis prêt au combat, d’autant que le soleil a décidé de se montrer. Bien placé sur la ligne je pars dans les premières positions, et me place devant pour éviter les embûches d’un départ massif en ville, puis sur des routes sinueuses et étroites. Le plan se déroule parfaitement jusqu’à Cavalaire, via le col de Collebasse. Virage à droite, c’est parti pour le premier point chaud.

On attaque le col du Canadel au train, pas suffisamment vite pour étirer le peloton : c’est difficile de remonter aux avants-postes. J’arrive tant bien que mal à me frayer un chemin vers la tête, quand les gros bras décident de passer à l’action : une demi-douzaine d’hommes prennent quelques longueurs, je fais l’effort pour tester un peu les jambes. Elles répondent bien, mais je dois m’employer pour garder ma place jusqu’au sommet, franchi à une vingtaine d’unités. Le reste de la troupe n’est pas bien loin, et finit par revenir sur la route des crêtes. Pas grand chose à signaler : certains profitent du train de sénateur pour satisfaire un besoin naturel.

Granfondo Cannondale - Golfe de St TropezLe col de Gratteloup est franchi dans l’élan, et les Grinta commencent à s’agiter dans le col de Babaou : là encore je me mets à bloc pour suivre, mais le peloton finit par rentrer. Les kilomètres défilent rapidement, sans vraiment faire la sélection : au ravitaillement de Collobrières (km 78) nous sommes encore une bonne quarantaine dans le coup, c’est beaucoup. Quelques coureurs tentent de partir en facteur, personne ne veut rouler derrière et le col des Fourches (habituel juge de paix) va faire exploser le peloton.

La route est très étroite et gravillonneuse (voire caillouteuse) au pied, et je décroche dès la première pente. Un replat suit, je reviens dans les roues et vois que c’est dur pour tout le monde, alors je m’accroche. Rapidement je ferme la marche d’un groupe de vingt, qui se morcelle petit à petit. Devant les meilleurs s’expliquent et prennent 30″ sur un groupe mené par David et Jean-Luc : à quelques longueurs derrière je me bats avec Kristof Houben (champion du monde cyclosport chez les 30-34 ans) pour les garder en point de mire. Seconde après seconde nous nous rapprochons pour basculer avec eux au sommet, avant la difficile descente sur Gonfaron.

Devant ils sont cinq dont trois Grinta ; je me retrouve en chasse dans un groupe avec David, Jean-Luc, Michel Heydens et Patrick Fiorentino (VC La Pomme)… ça pourrait être pire ;-). La descente est rapide, mais sans plus : arrivés à Gonfaron les fuyards ont une bonne minute d’avance et la chasse commence à s’organiser. Les relais tournent mollement : David, Jean-Luc et Michel sont faciles, moi beaucoup moins alors qu’on n’a pas atteint les deux tiers de la course. La montée vers la Garde-Freinet est roulante et sans à-coups : un lacet plus haut nous apercevons la tête de course, mais ce n’est pas à ce rythme que nous allons les revoir.

Le rythme s’accélère à peine au col de Vignon, et nous restons groupés jusqu’à Vidauban, avant la longue traversée de la « vallée de la mort » : une bonne vingtaine de kilomètres sinueux, sans ombre et jamais plats. Le groupe continue au train, tandis que je ressens mes premières crampes à la moindre montée. Tenir le plus longtemps possible dans ce groupe : tel est mon unique objectif. Juste avant le Plan-de-la-Tour David accélère le rythme pour éviter un démarrage : je serre les dents et ça passe… 25 km restent à couvrir avec un léger vent de face. Je filoche un peu derrière, et m’attends à quelques attaques des moins bons sprinteurs du groupe.

Kristof est le premier à dégainer, sans surprendre personne : Michel y va de suite, et le groupe se recompose avant le col du Reverdi. Profitant d’un moment de flottement David s’en va seul, personne ne réagit : le voilà parti pour 15 km en mode chrono :-). Par solidarité iséroise Jean-Luc n’a pas trop envie de rouler derrière, moi non plus… de toute façon je suis à la rupture. Quelques attaques secouent de nouveau le groupe, et je finis par lâcher prise juste avant le sommet de cette dernière côte. Je m’applique dans la descente, devant ça temporise un peu. Profitant de l’aspiration d’une voiture je rentre sur eux : maintenant c’est plat, y’a plus qu’à tourner les cannes et essayer de faire un sprint correct.

Les kilomètres défilent et tout le monde s’observe : arrive la longue ligne droite vers Gassin, avant un dernier virage à 300 m de la ligne. Je fais le tempo dans le léger faux-plat, quand Jean-Luc puis Michel me débordent juste avant le virage. Je vire en quatrième ou cinquième position du groupe, donne tout mais me fais déborder sur la ligne : avant-dernier du groupe je termine l’épreuve à la 13° place scratch, au pied du podium des 18-29 ans… une fois de plus :-P. David et Jean-Luc terminent respectivement 6° et 8° ; devant c’est un triplé du team Grinta puisque Bart Deurbroeck l’emporte devant David Motte et Bart Van Damme. Passée la petite déception du sprint final je m’en tire plutôt bien malgré 50 derniers kilomètres bien difficiles : pour l’anecdote je suis qualifié pour les Mondiaux UCWT en Afrique du Sud… même si je suis sûr à 99.9 % de ne pas y aller !

Résultats : Granfondo Cannondale – Golfe de St Tropez

4 réflexions sur « Granfondo Cannondale – Golfe de St Tropez »

  1. Encore bravo je trouve que t’as fait fort vu que tu venais d’être malade.
    Tu devrais aller en Afrique ça devrait être sympas comme voyage.
    @+
    jd

  2. Il y en a qui ont pu roulés au sec ce week end ! Bande de veinards 🙂
    Pour les critères de qualifs, il me semble que c’est 25%, par rapport au temps ou nombre de participants par caté ? Tu sais ?
    Dommage pour le podium dans la caté, c’était vraiment tout prêt … ! #lasciencedusprint
    Olivier.

  3. Pourtant en virant bien placé au dernier virage je pensais avoir fait le plus dur (d’autant que ça se joue au centième)… m’enfin on se refait pas !
    Apparemment il devrait y avoir la liste des qualifiés sur le site de l’UCWT : http://www.uciworldcyclingtour.com/
    On en saura plus les prochains jours je pense… mais vu que les Mondiaux tombent au moment de la Pantani, pour moi le choix est vite fait de toute manière 😉

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