Vaujany

Une courte semaine de répit après la Morzine, et me voici déjà en Oisans pour la Vaujany, une classique qu’on ne présente plus. Après un samedi très pluvieux le ciel se dégage progressivement à l’aube, et les 10°C du départ n’annoncent pas la canicule… Tant mieux pour la récupération. Parmi le millier de cyclosportifs au départ je retrouve David Polveroni, Nicolas Raybaud, Bart Bury (tenant du titre), et les autres habitués Belges, Français ou Hollandais. 7h20 la sirène retentit, lâchant l’imposant peloton dans la vallée de la Romanche, direction Séchilienne.

VaujanyL’allure est rapide, et la route encore humide à certains endroits. Comme d’habitude je me place devant pour passer cette demi-heure pénible, et retire le coupe-vent avant le col de la Morte. Dès le pied un Belge imprime un gros rythme, les jambes répondent pas mal. Venu en voisin Jérémy Bescond (professionnel chez Cofidis) tente de sortir, ce qui excite certains ; l’allure monte d’un cran, et le groupe se réduit à une quinzaine d’unités. J’y tiens ma place jusqu’au sommet franchi dans le brouillard, l’occasion de me ravitailler une première fois en solide.

Les meilleurs sont déjà là, dans la longue descente sur Valbonnais ça se relève tandis que Jérémy sort à nouveau. L’écart monte rapidement à 2′, mais il est engagé sur le petit parcours ; personne ne songe à rouler derrière. Quelques coureurs reviennent de l’arrière quand le train s’accélère progressivement en vue du col d’Ornon. Là encore je ne m’affole pas, et serre les dents dans la partie finale, avant de manger à nouveau au sommet. Rien à signaler dans la rapide descente, si ce n’est un coureur qui prend un peu du champ avant la deuxième boucle. Jusqu’ici tout va bien, vu que je n’ai jamais été aussi loin avec le groupe de tête sur l’épreuve.

A la séparation des parcours l’écrémage se fait très rapidement par l’arrière. Je récupère un bidon tendu par le père de David et gère ma montée, après déjà trois heures de course. Nous nous relayons bien avec Oege Hiddema, mais les écarts se creusent petit à petit avec les autres sans que nous puissions revenir. Dans le replat juste avant Villard-Reculas je reprends une barre, et perds quelques longueurs sur Oege, qui m’attend dans la liaison vers Huez. Je reviens dans sa roue, mais comprends rapidement qu’il est un ton au-dessus : sans accélérer il me lâche dans les derniers lacets de l’Alpe-d’Huez. Malgré les encouragements de Romaric je peine à relancer, et perds de vue le Hollandais au ravitaillement du sommet.

VaujanyJe poursuis ma route vers le col de Sarenne, toujours aussi pénible à franchir : l’état de la route ajoutant à la difficulté de la pente. En contrepartie le décor est sublime, et je prends le temps de remplir mes bidons au sommet avant de basculer sur Mizoën. Descente périlleuse avec les gravillons, je reste très prudent : les deux Hollandais qui me suivent étaient à bonne distance au sommet, ils ne sont pas encore dans mon sillage. Encore une barre avalée après Clavans, et c’est parti pour un rallye solo jusqu’à Bourg-d’Oisans. Je commence à connaître la route, et gère mon effort en gardant un peu d’énergie pour l’ascension finale.

Au tunnel de l’Infernet je coince un peu, et aperçois mes adversaires dans un long virage. La jonction se fait aux feux alternés dans la dernière partie descendante : contraint de m’arrêter alors que mes poursuivants sont passés au vert :P. Peu importe, c’est même ce que j’espérais pour arriver à Rochetaillée sans laisser trop de plumes dans le vent de face. Les relais ne sont pas très appuyés de la part de trois grimpeurs bien entamés, mais ça tourne pas trop mal autour de 35-40 km/h. Quelques kilomètres plus loin nous tournons -enfin- à droite, direction le barrage du Verney. Dès la première rampe je suis vite fixé sur mes ambitions : je suis dans le dur tandis que mes deux compères se baladent, à voir leur fréquence de pédalage élevée.

Je craque quelques hectomètres avant la bifurcation, et y ramasse un bidon de sirop. Je maintiens le rythme le long de l’ouvrage hydro-électrique, et me donne un dernier objectif : finir en moins de six heures, maintenant que le top 15 semble presque acquis. L’ascension finale vers Vaujany débute sous les encouragements de Romain ; debout au début, je me rassois et mets tout à gauche. Vu la pente les jambes ne tournent pas vite pour m’amener à 240-250 W, mais je m’en contente d’autant que derrière ça ne revient pas… Un dernier effort et je franchis la ligne en 14° position et 5h54’59 », contrat rempli sur une épreuve toujours difficile à gérer :).

Une petite demi-heure plus tôt Bart Bury a écrasé la fin de course en laissant le deuxième David à une dizaine de minutes. Après une excellente ascension finale l’aigle de Voreppe monte sur le podium, juste devant le récent vainqueur des Trois Ballons Frédéric Glorieux. Voilà qui ouvre parfaitement une semaine chargée en Oisans ; pour ma part ce sera récupération maximale, avant de revenir à Bourg-d’Oisans pour la Marmotte (et sa grimpée le lendemain).

Résultats : Vaujany Master

9 réflexions sur « Vaujany »

  1. Bravo, 250w de maintient à la fin avec tout le reste avant! Alors déja une idée / pronostic sur la Marmotte et les watts restant dans la marmotte en fonction des dernières cyclos?

  2. Bravo Rodolphe, encore une très belle perf, c’est super de te voir progresser ainsi, ça fait envie! Merci pour tes CR, on y prendrait presque autant de plaisir que toi 🙂
    Bonne chance pour la marmotte, les watts et la condition sont la, tu vas cartonner!

  3. Merci… même s’il est temps que le programme s’allège un peu, la récupération devenant un peu difficile d’un weekend à l’autre.
    Pour la Marmotte je ne sais pas trop, c’est tellement relevé… Disons que passer la barre des 6h30 (au total) et un top 30 seraient sympas, mais j’aborde la chose avec humilité (comme les Trois Ballons). En essayant de ne pas trop penser à la grimpée le lendemain, aussi ^^
    Côté watts si je tiens 250-260 W dans l’Alpe (240 W en 2011) ce sera déjà une grosse perf, avec le retour annoncé de la chaleur 🙂

  4. Et bravo pour ta perf à la Grand-Bo aussi (celle-là je la coche pour 2014, j’apprécie de plus en plus ce type de parcours/durée).

  5. Ping : La Vaujany. Team Racepoint a le sourire. Bart Bury est irrésistible. | TEAM BV SPORT

  6. Encore bravo Rodolphe ! Avec le niveau que tu as cette année, tu seras « forcément » plutôt dans les 6h20 (voire moins) que dans les 6h30. Bien sûr en prenant une météo normale et sans défaillance. J’y crois 😉

  7. Bravo Rodolphe,
    Belle perf,
    Alban à fait du bon boulot une belle progression en 2013 encore un peu d’effort et tu va rattraper David.
    Félicitations.

  8. Rattraper David, un doux rêve… le problème c’est que ma puissance décline progressivement au fil des heures (surtout après 4/5 heures de course), alors que lui est capable d’en remettre une couche dans le final (comme le top 5/10). Sur des ascensions comme Vaujany ça se chiffre en minutes ^^

  9. Bravo Rodolphe! Tu tenais en effet le bon bout à l’Alpe 😉 Ce fut avec plaisir que l’on vous a vu passer vite…très vite. Bonne continuation et bravo pour ton blog également, merci de nous faire partager ces moments forts. Félicitations.

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