Marmotte

Moins d’une semaine après la Vaujany me revoici en Oisans pour le sommet de la saison : la Marmotte. La météo est optimale avec un grand ciel bleu sans nuages ; les derniers entraînements confirment une bonne récupération physique. Bref, me voilà prêt au moment de partir dans le sas prioritaire. On y retrouve les habitués du Grand Trophée et du Trophée de l’Oisans : Bart Bury, David Polveroni, Mickaël Gallego… ainsi que la cohorte de Belges et Hollandais venus s’affronter sur cette épreuve trentenaire.

MarmotteMieux placé qu’en 2011 je remonte très rapidement devant sans trop d’effort, pour arriver au pied du col du Glandon quasiment en tête. Certains se testent et prennent du champ dans la première rampe ; j’en fais de même pour me débloquer les jambes après deux jours sans vélo. Ça répond bien, et lorsque le peloton revient je conserve ma place devant sans problème. L’allure est soutenue jusqu’au Rivier-d’Allemont, avant une courte descente et remontée vers le barrage de Grand-Maison. Mickaël choisit d’imprimer un gros tempo dans les pourcentages les plus élevés, et le groupe commence à se réduire, tandis que je garde ma place dans les dix premiers. Le train se calme un peu dans les kilomètres suivants, l’occasion d’admirer le paysage et de discuter un peu avec Cédric Bonnefoy du Team BV Sport.

A trois kilomètres du sommet nouvelle rupture de pente, et dès la remontée ça accélère progressivement, pour se finir au sprint au sommet. Là je suis vraiment dans les cordes d’un groupe réduit à une quinzaine d’unités, mais passe le portique d’arrêt du chronométrage en soufflant un grand coup, pensant que la descente sera tranquille. Erreur : malgré sa neutralisation les meilleurs la font à bloc. Placé en queue de groupe je mets un peu de temps à doubler les moins habiles, pendant que ça file à toute allure devant. Bart a pris le large, et je rejoins un petit groupe de chasse avec David et Éric Leblacher, notamment.

A St-Colomban-des-Villards je me ravitaille en solide, choisissant un semblant de ligne droite pour avoir le temps de manger. Le groupe de chasse (re)grossit, et nous voilà une vingtaine au pied de la descente, lorsque le chronométrage reprend. Là deux concurrents s’échappent ; ils reviendront sur la tête de course. Derrière tous les favoris sont là, mais l’entente n’est pas bonne et l’écart grandit lentement, mais sûrement en remontant la vallée de la Maurienne. Sentant venir les attaques dans le Télégraphe je prends mes relais normalement, mais pas à fond : l’arrivée est encore bien loin…

MarmotteA St-Michel-de-Maurienne je mange à nouveau un morceau, quelques hectomètres avant le début du col du Télégraphe. Comme prévu les meilleurs s’excitent d’entrée, et je laisse filer progressivement sans griller de cartouches. Je me retrouve dans le sillage d’Éric, qui imprime un train idéal autour de 280-290 watts. Devant ça commence à lâcher, et nous revenons sur Cédric à mi-pente. Éric est cependant plus à l’aise, et je décroche sur une relance à quelques hectomètres du sommet. Jusqu’ici tout va bien, mais à partir de Valloire les choses sérieuses commencent.

Je m’y arrête pour remplir mes bidons vides, pile à mi-course ; Cédric me double et trois coureurs me reviennent dessus en repartant. Le vent est plutôt favorable avant le col du Galibier, aussi je mène le rythme à mon allure (260 watts) sans rien demander à personne. Nous revenons sur Cédric ; dans un mauvais jour il ne peut accrocher les roues. Puis c’est au tour d’un autre coureur de décrocher : nous voilà trois autour des quinze-vingt premiers. Même scénario à Plan-Lachat, où les choses sérieuses commencent : un autre coureur décroche dans les pentes les plus rudes, alors que nous revenons sur David Motte du Team Grinta. Lui aussi essuie un passage à vide, et ne peut suivre l’allure au-delà des Granges.

De mon côté je pioche de plus en plus, peinant à maintenir la puissance à 250 watts. Le dernier kilomètre est terrible : Jérôme Phanon nous revient dessus et attaque la descente en tête du groupe. J’en profite pour manger à nouveau : bientôt 4h30 de course, chacun en fait de même et la descente est rapide mais tranquille. Au col du Lautaret virage à droite, c’est parti pour la longue descente de la vallée de la Romanche. Éric nous a attendus pour unir nos efforts, et les premiers lacets sont avalés tambour battant à quatre, puis trois lorsque Jérôme décroche, moins à l’aise dans le dénivelé négatif.

MarmotteCraignant la fringale je mange à nouveau à Villar-d’Arène, perdant quelques longueurs sur mes deux compagnons. Avec le trafic et le léger vent de face j’ai un mal fou à revenir dans le faux-plat descendant, mais c’est chose faite avant les tunnels. On roule plutôt fort sans se mettre à bloc, et certains concurrents de la Mi-Marmotte nous prêtent main-forte : idéal pour revenir sur Bourg-d’Oisans. Les quelques remontées comme le tunnel de l’Infernet sont négociées au train, chacun préservant des forces pour le final. Nous arrivons au pied de l’Alpe-d’Huez avec 10′ d’avance sur mon temps de référence, parfait 🙂

Je m’y arrête quelques secondes pour récupérer un bidon placé le matin même, et commence mon ascension vers la Garde au train, essayant de tourner encore un peu les jambes. Devant Éric s’envole, tandis que l’autre jeune coureur semble piocher. Je vois revenir David Motte comme un avion, et ne cherche pas à m’accrocher ; Jérôme se rapproche lui aussi. Après la Garde je relance, et finis par reprendre et lâcher celui qui m’avait accompagné jusqu’à l’arrivée des Trois Ballons, tout en conservant mes distances avec le grimpeur triévois. Les kilomètres défilent, ça devient difficile mais je pense bien à manger et boire : le top 20 et un temps sous les 6h30 sont à portée de main.

En arrivant au Vieil-Alpe je commence à avoir des frissons, sentant que la fin est proche. Un Danois me reprend dans les derniers hectomètres mais j’en termine enfin, tout simplement heureux. Après décompte du temps de la descente du Glandon je finis 21° au scratch à quelques secondes du top 20, pour un temps total de 6h25 soit 12′ de moins qu’en 2011 ! Contrat largement rempli, il n’y a plus qu’à terminer le boulot demain matin sur les pentes de l’Alpe-d’Huez 😉 Une demi-heure plus tôt Bart Bury remporte l’épreuve haut la main devant Kristof Houben et Frédéric Glorieux, tandis que David prend une excellente septième place à moins d’une minute du top 5.

Résultats : Marmotte Granfondo

2 réflexions sur « Marmotte »

  1. Hein quoi même pas un commentaire de félicitations pour cette épreuve mythique! un grand bravo évidemment, top 21 juste énorme!

  2. Merci Alban ; l’actualité était bien chargée aussi 😉
    Quand je suis arrivé au pied de l’Alpe avec Éric dans le top 20 je n’y croyais pas… même s’il m’a vite déposé ensuite ^^

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