Critérium du Ballon d’Alsace

Après avoir suivi l’édition 2012 en touriste, me voici au départ du 89° Critérium du Ballon d’Alsace en compagnie d’Alban, dans un peloton d’une soixantaine de coureurs Pass’Cyclisme. La météo est parfaite, un léger vent d’Est devrait même nous aider dans le final. Le parcours est simple : une vingtaine de kilomètres vallonnés (bien reconnus la veille) dans le Territoire de Belfort, avant l’ascension du Ballon d’Alsace par son versant le plus facile (Lepuix-Gy). La forme du moment est très bonne sans être exceptionnelle, je vise néanmoins la gagne vu les temps des meilleurs l’an passé.

Le départ vers Offemont est tranquille, ça change de ma dernière expérience (malheureuse) en 2° catégorie ! Afin d’éviter les rares pièges du parcours je ne quitte pas les cinq premières positions : l’objectif est d’arriver groupé au pied de l’ascension, sans se laisser surprendre. Peu importe les primes disséminées sur le parcours, je ne compte pas mes efforts et vais chercher tous ceux qui essaient de sortir, assurant l’essentiel du travail en tête de peloton. Cela me permet également de tester un peu les jambes, et de voir que le cœur monte haut ce matin : bon signe.

Critérium du Ballon d'AlsaceAprès la traversée du bois d’Eloie, puis Giromagny nous arrivons au pied de l’ascension finale. Je prends les commandes d’entrée, ne lâchant le gros plateau qu’après la Roche du Cerf. A partir de là il faut tenir 30′ au seuil ; j’adapte mon allure en conséquence. Nous sommes encore trop nombreux à mon goût ; mais le train commence à écrémer sérieusement la meute, tandis qu’Alban est bien calé dans mon sillage.

Après le Saut de la Truite je compte une demi-douzaine de coureurs dans ma roue, en file indienne mais bien accrochés. Je commence à douter de ma tactique, lorsque quelques lacets plus haut mon premier suiveur passe en tête. L’accélération est minime, mais suffit à faire éclater le groupe à la rupture. Alban lâche ainsi que quelques autres : nous sommes quatre, bientôt trois aux commandes. La situation me plaît davantage et je reprends immédiatement la tête pour creuser l’écart, gardant une petite marge au cas où…

A 5 km du sommet j’aperçois mon père en moto, qui sécurise la route aux côtés de la voiture ouvreuse. Nous rejoignons plusieurs coureurs de la course 2/3/J partie quelques minutes devant, l’un d’entre eux s’accroche au wagon tandis qu’un Pass’Cyclisme décroche à son tour. Je ne m’en rends pas compte de suite, jusqu’à ce que mon père m’annonce que nous ne sommes plus que deux en tête.

Les kilomètres suivants défilent sur le même rythme, j’en ai encore un peu sous le pied mais je n’arrive pas à jauger l’état de fraîcheur de mon adversaire. Dans les derniers virages j’estime notre avance suffisante, et lève un peu le pied en vue du final. Mon adversaire ne bronche pas, et nous débouchons ensemble dans la dernière longue ligne droite. Comme prévu le vent est favorable dans le dernier replat, et nous passons de concert le gros plateau.

Mon rival est collé à ma roue dans un final que je connais par cœur… J’accélère brutalement sur le 50*19 dans le dernier mur, et creuse de suite un petit écart. Encouragé par mon père je prends quelques longueurs d’avance, mon adversaire plafonne alors qu’il me reste de l’énergie. J’écrase les pédales sans me retourner jusqu’à la ligne, tenant enfin ma première victoire, avec la manière ! Le temps de refermer le maillot je lève les bras, très heureux après tant de sacrifices :-). 30″ plus tard Alban termine sur le podium, après une seconde moitié d’ascension au métier. Nous battons nos records respectifs sur la grimpée, et montons sur la boîte pour notre première course ensemble… Une journée parfaite en somme.

Résultats : Critérium du Ballon d’Alsace (Pass’Cyclisme)

6 réflexions sur « Critérium du Ballon d’Alsace »

  1. Bravo Rodolphe, dommage que je n’ai pas vu ça, surtout que je la connais bien cette montée, j’étais en Ardèche…

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