Bourgogne Cyclo

Suite de la saison ce dimanche à Crêches-sur-Saône, sur une épreuve nouvellement intégrée au Grand Trophée : la Bourgogne Cyclo. Succédant à l’ancienne Bourguignonne, celle-ci offre un parcours très tournant et accidenté au cœur des vignobles du Beaujolais et Mâconnais. Pas vraiment ce qui me correspond le mieux, mais il faut en passer par là pour retrouver le rythme de la compétition. Avec un fort vent du nord l’atmosphère est fraîche voire froide malgré un grand soleil au départ, où je retrouve les cyclosportifs habituels : Frédéric, Jean-Luc, Sébastien, Nicolas, Loïc, Kenny… ainsi que quelques coureurs élites voire professionnels venus aligner les kilomètres.

Bourgogne CycloDe quoi vite se réchauffer : malgré le vent de face les offensives sont nombreuses dès le départ, offrant peu de répit à la fois dans les montées et les descentes. Le paysage défile à toute allure, on traverse de nombreux petits villages et je reste calé devant pour éviter toute mauvaise surprise. Avec le froid les jambes sont dures en début de course ; mais après une heure ça se débloque un petit peu, lorsque certains commencent à se découvrir. Au gré des difficultés l’écrémage du peloton se fait progressivement par l’arrière.

Les cols de la Croix-Montmain (6.4 km @ 3 %) puis des Quatre-Vents (3.8 km @ 5 %) permettent de dégager une trentaine d’hommes en tête ; c’est difficile et le dérailleur avant est souvent mis à contribution. Un court moment de répit permet de se ravitailler, et ça continue d’attaquer sans que personne n’arrive à faire la différence. On approche ainsi de la mi-course : pour l’instant je tiens bon devant, mais je sens que ça ne va pas durer après deux bonnes heures de course. Et je finis par coincer, dans une côte anodine après le col des Chèvres (2 km @ 8 %). A la suite d’une énième relance mal négociée je rentre à bloc sur un bout de descente, juste avant un talus où les gros bras passent à l’action.

Réagissant trop tard je prends une cassure juste derrière Kenny, qui attrape le groupe de chasse juste devant. Pas moi qui bascule avec Nicolas dans une portion très roulante : à deux contre une dizaine de costauds impossible de faire la jonction. On attend le groupe qui revient de l’arrière ; nous voilà une petite dizaine, tandis qu’une quinzaine d’hommes se regroupent devant. Avec moi je reconnais Gaël, solide coureur suisse vainqueur du Grand Trophée dans sa catégorie l’an passé. Il prend les relais les plus appuyés dans le groupe, où chacun assure sa part de travail avec les moyens du bord.

Le cap des 100 km est bientôt franchi : le vent est plutôt favorable à présent, même si nous l’avons parfois de face ou côté au gré des changements de direction sur le parcours. Les organisateurs nous font visiter toutes les côtes du coin, où certains affichent leurs limites. Heureusement personne ne songe à attaquer si loin de l’arrivée, préservant la bonne entente et l’unité du groupe. Je ne suis moi-même pas au mieux, et je tourne un maximum les jambes pour économiser la musculature. Le col de la Pistole (4.2 km @ 5 %) se monte au train ; Gaël prend quelques longueurs mais nous attend une fois le sommet franchi.

Au ravitaillement de St-Pierre-de-Langues une trentaine de kilomètres restent à couvrir ; ayant peu bu depuis le départ je ne m’affole pas, le bidon restant devrait suffire. Les relais de certains sont un peu moins appuyés, quand d’autres passent un peu plus souvent vent dans le dos : ça compense… Un spectateur nous annonce seize coureurs qui nous précèdent : avec plusieurs minutes d’écart devant et derrière, les positions devraient se figer jusqu’à l’arrivée.

Pas grand chose à signaler dans les dernières bosses du parcours, qui finissent par éliminer deux d’entre nous à l’approche des dix derniers kilomètres. Je reste attentif aux attaques éventuelles, finalement chacun attend la flamme rouge pour tenter sa chance… Contrairement au Raid du Bugey une semaine plus tôt tout le monde est entamé, et les attaques guère tranchantes. Un peu à bout je me fais surprendre et rate le top 20 après un sprint entre gentlemen : 21° scratch et 5° de la catégorie. Pas grand chose à me reprocher ; déjà limite dans le groupe j’aurais probablement sauté de celui qui nous précède, et duquel s’est extrait le trio pour la victoire (un Italien, un Russe et l’inévitable David De Vecchi).

Après les quatre heures de samedi dernier, un nouveau cap est franchi aujourd’hui avec cinq heures de course… Mais que ce fut difficile sur une épreuve qui n’a rien à envier à ses voisines d’avril/mai (plus de dénivelé positif qu’aux Trois Cols ou à St-Tropez). Rendez-vous à la Lozérienne dès le week-end prochain, sur un parcours relativement court (135 km) que je découvrirai totalement.

Résultat(s) : Bourgogne Cyclo Master

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