Après ma déconvenue au dernier jour de l’Arvan-Villards, j’ai à cœur de rebondir ce matin à la Risoul-Queyras, épreuve organisée de main de maître par Bernard Assaud et son équipe. Grâce à une météo optimale on s’approche doucement du millier de participants, sur un parcours aussi magnifique que difficile entre Izoard, St-Véran et Risoul. Sur des routes que je connais bien je redoute la longue procession vers L’Argentière puis Briançon, via la RN94. Ça file très vite et les coureurs sont nerveux : je reste constamment aux avant-postes pour éviter les pièges qui traînent.
Peu de mouvement à signaler avant les rampes de l’Argentière, premier test où Loïc Ruffaut met tout le monde en file indienne. J’arrive à tenir la cadence, sans de très bonnes sensations toutefois. Devant Benoît Bessière (ECSEL) réalise un rallye solitaire de haute-volée, avec déjà 3′ au pied du col d’Izoard… Ça commence enfin à monter, même si l’approche jusqu’à Cervières est roulante. J’en profite pour me ravitailler, et me retrouve en tête avec Sébastien sans trop le vouloir… Moment où Loïc lance les grandes manœuvres.
C’est sauve-qui-peut et ça en met de partout, un groupe de chasse se forme avec notamment Kenny Nijssen, Jérôme Phanon, Michel Roux, Yoann Sert. Malheureusement je ne peux pas l’accompagner, en retrait pour le moment. Je limite la casse jusqu’au sommet avec Jean-Noël Sarlin, passant à environ 1’30 » du groupe et 30″ de Franck Lemasson, une valeur sûre. Derrière les écarts restent faibles, et je ne sais pas trop qui va tourner sur le grand parcours.
La descente est rapide, bien qu’encombrée de pas mal de voitures : je me fraye un chemin sans trop perdre de temps, et croise Loïc qui a crevé dans une épingle… Sur le bas je me ravitaille à nouveau, et vois rentrer sur moi un autre coureur de ma catégorie. A deux c’est mieux, et on roule bon train jusqu’à Ville-Vieille quelques secondes devant un autre petit groupe avec Jean-Noël. Franck n’est pas bien loin devant, mais je reste concentré sur la difficulté suivante.
La montée de Pierre-Grosse puis St-Véran est très irrégulière, et je creuse à nouveau l’écart sur mes poursuivants. Jean-Noël revient avec un jeune coureur de Vaulx-en-Velin et nous lâche dans son style caractéristique, tout en force. Les jambes sont un peu meilleures que dans l’Izoard : bonne nouvelle, d’autant que je m’isole au train après Molines. La courte remontée vers St-Véran fait mal sur une route raide qui ne rend pas : au ravitaillement on m’annonce autour de la dixième place, mais je préfère lever le pied et attendre les autres pour passer les gorges du Guil à plusieurs.
A cinq les relais tournent bien ; il y a même des coureurs du parcours moyen qui nous donnent un coup de main, sympa 🙂 Nous reprenons Jean-Noël vers la Maison-du-Roy : les passages de tunnels sont pénibles avec la circulation estivale, mais nous revenons rapidement sur Guillestre malgré un léger vent défavorable. Une dernière descente, quelques ronds-points et voici le pied de l’ascension finale, Franck est également rejoint au moment où il ramasse un bidon.
La montée vers Risoul est longue, de plus en plus difficile en approchant du sommet. Nous sommes une demi-douzaine pour la huitième place : un top 10 est encore jouable, mais il faudra jouer serré. Le groupe éclate et Jean-Noël s’envole, suivi d’un jeune coureur francilien et Franck. Je perds quelques longueurs sur le trio en ramassant un bidon, et gère mon ascension. Lentement mais sûrement Franck disparaît de ma mire, tandis que je creuse l’écart avec mon poursuivant direct. Les derniers kilomètres sont les plus difficiles : un dernier gel et je tiens le coup sans faillir jusqu’à la flamme rouge, où je lâche tout pour finir juste sous les 4h30′ à une douzaine de minutes du vainqueur Yoann Sert.
Un peu déçu de rater le top 10 avec une onzième place scratch (2° de la catégorie) mais vu les sensations dans l’Izoard je m’en sors bien, avec ma meilleure ascension de Risoul depuis que je participe à l’épreuve 🙂 Comme souvent ça se joue sur des détails, mais aujourd’hui il manquait un peu de fraîcheur physique (et mentale) pour basculer avec le groupe de chasse qui fera la jonction avant Ville-Vieille. Maintenant place à des vacances bien méritées, prochain dossard d’ici deux bonnes semaines en Alsace…
Résultat(s) : Risoul-Queyras – grand parcours
Bonne vacances Rodolphe. 🙂
Merci Jean-Daniel, je serai dans la Comté la semaine du 15 août.