Granfondo les Deux Alpes

Après une bonne nuit réparatrice en chalet sous un ciel sans nuages, le réveil est frisquet en station : 4°C au moment de s’habiller et sortir le vélo. Même si le soleil va se montrer généreux, il convient de s’habiller chaudement pour descendre au départ réel. Comme chaque année j’anticipe et quitte tranquillement bonnet, gants, jambières, veste au Freney-d’Oisans. Je dépose également un bidon dans un buisson pour tout à l’heure, au cas où… Puis discute avec Frédéric en attendant le reste de la troupe.

Granfondo les Deux AlpesLe plateau est de qualité avec deux cents coureurs au départ, dont les Italiens du Team Beraldo Greenpaper Europa autour de Bernd Hornetz, champion du monde 45-49 ans en titre. Nicolas Ougier et Jérôme Phanon sont également présents avec Michiel Minnaert, Kenny Nijssen et les deux Italiens du team Kemo : Andrea Paluan et Stefano Sala. Largement de quoi remplir le top 10, je pars le couteau entre les dents.

Et il le faut ! Dès le coup de sirène la descente est avalée à fond et une bonne dizaine de coureurs prend de l’avance. On a vite fait de se réchauffer en roulant à bloc jusqu’au pied du col d’Ornon (11.1 km @ 5.8 %), où nous faisons enfin la jonction avec le groupe de tête qui temporise quelques minutes. Pas de round d’observation, heureusement les jambes répondent bien, même si le cardio est un peu plus bas que d’habitude. Le Team Beraldo augmente fortement l’allure et ça explose de partout : je suis à fond en essayant de rentrer après deux-trois kilomètres, reconnaissant à peine Hervé en le dépassant sur une portion difficile.

Une ou deux fois je suis à la limite de lâcher l’affaire si tôt dans la course : à chaque fois je prends la roue d’un coureur, ce qui me permet de revenir en économisant de précieux watts. A mi-pente l’écart est fait et l’allure se stabilise à un niveau plus raisonnable : nous voilà une quinzaine en tête avec quatre ou cinq Français. Jérôme mène la descente, je mange un morceau avant que Stefano ne secoue le groupe, pour ne pas se refroidir avec le difficile col du Parquetout (7 km @ 9.9 %). Les Italiens se remettent en ordre de marche au pied, avant de passer la seconde dans la partie finale, au-delà des 10 % pendant de longs kilomètres.

Aux côtés de Jérôme je sens que ça ne va pas tenir longtemps à cette allure, et finis par décrocher avec Andrea. Nous gardons les dix hommes de tête longtemps en point de mire, mais à 13-14 km/h un lacet fait au moins 30″ d’écart. Au sommet nous sommes quasiment dans le brouillard à une petite minute de la tête ; Andrea ne se pose pas de question et fait la descente à fond. Quelques graviers traînent, j’hésite un peu dans certains virages… Deux-trois fois l’Italien en rose se retourne pour obtenir un relais, avant de poursuivre seul et faire un gros effort et revenir devant au pont de la Roizonne.

Granfondo les Deux AlpesManque de clairvoyance de ma part, car devant le futur vainqueur Alessandro Bertuola est sorti en costaud dans la descente du Parquetout : bien contrôlé par ses trois équipiers le groupe de chasse a ralenti l’allure et je n’ai rien perdu sur eux malgré une descente très moyenne. Y croyant un peu je relance l’allure, et déraille à Siévoz en passant le petit plateau 🙁 Grrrr je râle un bon coup et remets la chaîne vite fait : encore 30″ de perdues, ça devient compliqué sur un terrain qui ne m’est pas favorable. Heureusement le vent n’est pas pénalisant sur l’enchaînement de côtes et faux-plats menant à Lavaldens.

Au pied de la Morte (3 km @ 8.2 %) l’organisateur m’annonce à 1’30 » du groupe de chasse et 1′ devant trois poursuivants (Stefano Sala, Sébastien Biau, Gérald Carrier), que j’aperçois bientôt en contrebas. Voilà 40 km que je roule intercalé pour pas grand chose, grillant pas mal de forces 🙁 J’accuse le coup au sommet balayé par l’habituel vent de face : il ne fait pas bien chaud et je bascule dans la descente sous d’épais nuages, sans m’arrêter au ravitaillement. Dans la descente Stefano revient comme un bolide, je peine à tenir ses trajectoires jusqu’à Séchilienne et un groupe de quatre se forme dans la vallée de la Romanche.

Cette partie est la plus pénible de l’épreuve avec la circulation du week-end, heureusement l’entente est parfaite et le vent légèrement favorable. Sans un mot les relais s’organisent à bonne allure, ce qui permet de garder un peu de forces tout en maintenant les écarts. Je veille à bien m’alimenter pendant cette phase relativement tranquille, ne pensant plus qu’aux dernières difficultés et surtout mon état de fraîcheur face à mes adversaires. Rochetaillée, Bourg-d’Oisans… Nous voilà dans le money-time, après moins de quatre heures de course.

Maintenant chacun pour soi, dès les premières rampes vers La Garde (2.3 km @ 9.9 %) Stefano prend les devants. Je suis le seul à pouvoir suivre, sans trop piocher. Ça se présente bien, mais je dois laisser filer au ravitaillement pour remplir un bidon. Je repars à 20″ de l’Italien et pas bien loin devant Sébastien et Gérard. Les écarts se figent un peu vers Auris (4.8 km @ 7 %) où le cumul des difficultés commence à peser pour tous. La température est idéale même en plein soleil, je m’alimente une dernière fois en solide avant l’ascension finale, perdant un peu de terrain dans la descente.

Dernier arrêt au Freney, histoire de décharger un peu les poches et récupérer un bidon. Je serai plus à l’aise pour finir, contre de précieuses secondes d’arrêt. Sébastien est revenu au contact avant le Chambon ; il reste 10 km d’ascension pour tout donner. Dès le pied des Deux Alpes (9 km @ 6.7 %) j’arrive à maintenir 260-280 watts, moins bien que la veille en montée sèche mais nettement mieux que d’habitude. Dans les virages à plat je relance debout, tirant un peu plus gros sans trop souffrir : je me fais plaisir sur l’ascension, augmentant l’écart avec Sébastien.

Aux Mont-de-Lans j’aperçois Stefano au loin ; le vent de face nous cloue tous les deux sur place avant le replat. J’avale un dernier gel pour assurer les derniers kilomètres, et mesure mon retard à 40″ sur l’Italien. Ça fait 10″ à reprendre au kilomètre, au risque d’exploser après cinq heures de course… Difficile de choisir, je me contente de relancer un peu plus fort dans les virages, guettant une éventuelle défaillance devant. Elle ne viendra pas : je franchis la ligne en 12° position après 5h24′ de course, soit 5′ de moins qu’en 2011 où je n’avais pas eu à m’arrêter.

Un peu déçu de rater à nouveau le top 10 sur une ou deux erreurs après le Parquetout, mais très satisfait des sensations du jour avec un final bien maîtrisé (6′ de gagnées sur les 10 derniers kilomètres par rapport à 2011 !). Vingt minutes plus tôt Alessandro Bertuola remporte logiquement l’épreuve, nettement détaché devant le tenant du titre Christian Charrière et Bernd Hornetz. Avec la grimpée de la veille je me classe cinquième du Trophée les Deux Alpes : cela valide l’enchaînement grimpée + cyclosportive, à condition d’arriver frais et soigner la récupération.

Résultat(s) : Granfondo les Deux Alpes / Trophée les Deux Alpes

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