Madeleine

Surfant sur ma bonne condition physique je décide au dernier moment de m’engager sur la Madeleine, belle épreuve offrant 140 km et 3900 m de dénivelé via les cols de Champlaurent, Grand-Cucheron, Chaussy et Madeleine. Une course taillée pour purs grimpeurs sous un soleil enfin retrouvé, même si la température reste froide au petit matin (7°C) lorsque nous prenons le départ chaudement habillés à St-François-Longchamp. L’ambiance est décontractée pour les quelques centaines de participants : l’organisation a prévu un véhicule pour ramasser les affaires superflues au départ réel de La Chambre… Bien vu 😉 .

Madeleine15 km plus bas le départ est donné, ça roule vite d’entrée sous l’impulsion des prétendants au petit parcours. Le terrain est un peu plus vallonné que dans mon souvenir, ce qui permet de se réchauffer dans la partie ombragée de la vallée et tester les jambes, plutôt bonnes ce matin. Tranquille dans le paquet jusqu’à Aiton, je m’y ravitaille et me replace pour la première difficulté, le col de Champlaurent (9.4 km @ 8 %).

Tous les costauds remontent illico : Loïc Ruffaut, Jérôme Phanon, Julien Lodolo et Yoann Sert assurent un gros tempo dès le pied. La puissance flirte avec les 400 watts mais le coup de pédale reste bon dans les forts pourcentages. Naturellement la sélection se fait par l’arrière : Loïc finit par se détacher avec Julien et un coureur de Vaulx-en-Velin, tandis que je prends place dans un groupe de chasse plutôt relevé avec Jean-Francis Pessey, Nicolas Ougier, Franck Lemasson, Bart Vrolijkx et Kenny Nijssen notamment. Au sommet tout le monde souffle un peu, j’avale un gel dans la courte descente et le regroupement s’opère dans la remontée vers le col du Grand Cucheron (4 km @ 7 %).

Le rythme baisse un peu et je bascule au milieu d’une douzaine d’hommes, un peu sur la réserve dans une descente que je ne connais pas. En habitué des lieux Julien ne se pose pas de question et mène la danse, suivi de près par Bart et un autre coureur belge. La course bat son plein et les kilomètres défilent vite : je profite d’un nouveau temps mort pour me ravitailler en solide. Quelques kilomètres plus loin Bart file à l’anglaise avec le coureur belge et un concurrent du parcours moyen, sans que nous y prêtions vraiment attention.

MadeleineLa chasse ne s’organise pas dans la plaine et l’échappée prend rapidement du champ, tandis que quelques coureurs reviennent de l’arrière (dont Roland Chavent et Thibaut Menut). A St-Rémy-de-Maurienne les deux parcours se séparent, la situation s’éclaircit en vue du final : Bart et son homologue belge en tête, une dizaine d’hommes en chasse 3′ derrière. Connaissant la valeur du garçon (4° de la Marmotte l’an passé) pas sûr qu’on le revoie avant l’arrivée ; en revanche j’ai quelques doutes sur son compatriote, déjà en difficulté dans l’ascension précédente. Je ne m’affole pas et attends patiemment en fin de groupe le col du Chaussy (13.8 km @ 7.3 %), déjà monté le mois dernier dans le brouillard et la pluie.

La météo du jour permet de pleinement l’apprécier malgré la chasse que l’on mène avec Yoann, Jean-Francis, Nicolas et Jérôme. Les autres subissent le rythme, notamment Loïc qui mettra la flèche un peu plus tard, fatigué par une grosse semaine de préparation pour la Haute-Route. Nicolas décroche à son tour à quelques kilomètres du sommet, où le vent est présent. Nous reprenons également le deuxième coureur belge échappé, ce qui laisse Bart seul en tête. Malgré un effort soutenu dans l’ascension (290 W sur les 48′) le Flamand n’a rien perdu de ses trois minutes d’avance, et chacun semble passablement entamé.

Franchissant le sommet en tête je me ravitaille à nouveau en solide, avant la descente tortueuse où Yoann ouvre la route. Sous le soleil c’est plus facile, et les virages s’enchaînent très rapidement jusqu’à rejoindre la route de la Madeleine. Une petite cassure se forme avec Yoann, Jean-Francis, Kenny et moi, suivis de près par Jérôme et Andrew qui semble facile. Place maintenant à l’ascension du col de la Madeleine (14.3 km @ 7.7 %), décisive pour le podium car Bart semble désormais hors de portée (sauf défaillance).

MadeleineAprès le croisement je perds quelques longueurs sans m’inquiéter, car je dois ramasser un bidon pour le final. Le temps d’enlever les manchettes, prendre un gel je me retrouve à 20″ de Yoann, Jean-Francis et Kenny tandis que Jérôme et Andrew me rejoignent. Malgré la pente le coup de pédale reste efficace, autour de 280 watts mais ça ne dure pas plus de quelques kilomètres… Tout le monde est à la limite et je finis par décrocher sur une accélération de Jérôme, qui parvient à rejoindre le groupe de chasse. Septième à ce moment-là j’essuie un passage à vide quelques lacets sous la station, mais me reprends pour limiter la casse avec le top 5 : l’ascension est encore longue.

Andrew souffre également, petit à petit je refais mon retard et le lâche en traversant St-François-Longchamp. Il reste cinq kilomètres jusqu’à la ligne, les autres ne sont pas bien loin ; mais très entamé je préfère gérer pour finir à peu près correctement. Derrière mon poursuivant le plus proche est à plusieurs minutes, pas d’inquiétude même si ça ne défile pas bien vite. Je franchis la ligne sixième en 4h46′, à trois minutes du podium mais très satisfait de ma performance du jour. Malgré les efforts du groupe de chasse l’homme de tête accentue encore son avance dans le final, avec six minutes d’avance sur Jérôme et Yoann, qui complètent le podium devant Kenny et Jean-Francis pour le top 5.

Excellente journée pour ma part : les jambes étaient bien meilleures qu’à la Risoul-Vauban trois semaines plus tôt, validant les trois semaines de vacances passées à enchaîner les cols haut-alpins et vosgiens. Mention spéciale à Bart Bury, nous « accompagnant » sur l’épreuve avec un vélo de ville de 12 kg tout en prenant quelques photos pendant la course et terminant seulement quelques minutes derrière moi à l’arrivée 🙂 ! Un grand coup de chapeau à cet énorme moteur, récent vainqueur solo du Tour du Mont-Blanc dans un temps stratosphérique (moins de 11h20′ pour les 330 km et 8000 m de dénivelé) après avoir triomphé aux Trois Ballons, la Marmotte ou la Vaujany (en 2013).

Résultat(s) : Madeleine – grand parcours

3 réflexions sur « Madeleine »

  1. Le déroulé de la course évoque des images probablement intéressantes pour les lecteurs qui connaissent les acteurs. Ce qui serait enrichissant pour moi serait une approche plus pédagogique dans des domaines techniques, de position, de manière de faire en descente, à l’aspi, de gestion du mental, des choix, des doutes………..enfin………tous ce qui n’est jamais abordé par les journalistes dans leurs interviews, qui amène toujours les séries de voila, voila, et donc voila………………..voila ,des coureurs
    Dans tous les cas toutes mes félicitations pour les performances. Pour info, à signaler de mon coté l’éclatement à l’avant (en montée) d’un fusion3 25 tubeless, neuf, gonflé à 7bars au bout de 2km d’utilisation, sans choc,pierre ou trou
    Très cordialement
    michel

  2. Certainement Michel… Mais là ce n’est plus une heure qu’il me faut pour taper l’article, mais trois ou quatre 😉
    Pas de bol pour ton pneu, car les éclatements sont rares en tubeless…

  3. Je te confirme : si tu veux tout détailler, ça prend beaucoup de temps. Pour ma part, la rédaction de certains articles comme le Tour des Flandres ou Liège-Bastogne-Liège m’a pris plusieurs heures.

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