Profitant de la très bonne condition du moment, je décide au dernier moment de m’aligner au départ de la réputée grimpée de Prapoutel (15.3 km @ 7 %). Malgré les 4h30 du samedi les jambes ne sont pas trop mauvaises pendant l’heure d’échauffement ; la météo est couverte et la température douce, des conditions idéales pour une montée chronométrée. La première ligne a fière allure avec le favori Mickaël Gallego, son équipier Nicolas Ougier, Serge Garnier, Joris Ronflet, Jérémy Brunello… Tous sont des clients sérieux pour le top 10.
De mon côté je compte laisser faire les premiers kilomètres, le temps de mettre en route la machine ; on verra comment les jambes répondent dans le final. Comme prévu Mickaël sort dès le départ ; derrière personne ne bronche, à part un courageux coureur du club organisateur (VC Froges Villard-Bonnot) qui tente de le suivre quelques kilomètres. Derrière Nicolas assure un gros tempo : autour de 300-330 watts dans les roues, le rythme est idéal pour « finir » l’échauffement. Au fil des minutes l’écrémage s’opère : une petite douzaine de concurrents chassent derrière Mickaël, désormais seul en tête.
Trop nombreux aux yeux de Joris et Serge, qui se chargent d’accélérer par à-coups dans leur style classique de pur grimpeur. Un peu juste pour répondre je laisse Nicolas ramener tout le monde au train à chaque fois ; au fur et à mesure nous perdons des éléments tandis que Mickaël se met hors de portée devant. Gardant cette tactique la première moitié de course, j’économise quelques watts tout en restant bien véloce pour « gérer » la musculature.
Au col des Ayes (9.7 km @ 7 %) nous sommes moins d’une dizaine : il ne reste que des costauds dans le groupe, où Joris semble marquer le pas. Serge continue de nous faire mal avec ses attaques, qui réduisent le groupe à quatre coureurs. Ça sent bon le top 5, cette fois je relaie pour éviter le retour des autres car les écarts restent faibles. La force est encore là, je suis à peu près certain de ne pas m’effondrer avant le sommet.
A 4 km du but Nicolas contre violemment une n-ième attaque de Serge : avec Jérémy nous sommes trop justes pour répondre immédiatement et les deux vétérans creusent l’écart. Pour avoir reconnu le profil je sais qu’il y a un replat quelques hectomètres plus loin ; je me mets à bloc pour rentrer sur le duo, Jérémy collé à ma roue mais à la limite. Nous arrivons ainsi tous les quatre à la flamme rouge, pour les deux places restantes sur le podium.
Ne connaissant pas le profil de l’arrivée j’essaie de me placer derrière, Jérémy menant encore aux 500 m. Un petit écart se fait avec lui, lorsqu’il démarre à 300 m de la ligne. Nicolas réagit avec un temps de retard, moi encore plus et je sens que Serge est à la rupture dans la roue. Tout le monde est à bloc dans le mur final @ 11 % et Nicolas plafonne : c’est le moment ou jamais pour accrocher le podium. Je donne tout (et même un peu plus 😛 ) pour le passer à 100 m de la ligne, au bord des crampes en la franchissant sous les 45′.
Derrière Nicolas et Serge arrivent dans cet ordre, suivis de Joris. Encore une très belle performance en cette fin de saison, qui se poursuit sous les meilleures auspices avec de beaux enchaînements 🙂 Rendez-vous dès samedi prochain à la Forestière (encore une épreuve « découverte »), et peut-être la grimpée du Granier dimanche matin suivant la forme.
Résultat(s) : Grimpée de Prapoutel
Très beau récit de course ! Et superbe grimpée, bravo.
Très belle puissance moyenne sur 45′. 347w nouveau record?
327 W, n’exagérons pas 😉 (je n’atteins pas 347 W sur 20′)
En effet, nouveau record.
J’ai vraiment eu l’impression d’y être, excellent récit et performance BRAVO