Quelques jours après une expérience lozérienne mitigée, je retourne dans les Monts du Lyonnais où l’épreuve des Trois Cols a pris une place prépondérante depuis l’arrêt de la Scott 1000 Bosses il y a deux saisons. Bien aidée par une météo parfaite (soleil, pas de vent), la sympathique équipe du TAC Cyclo franchit un nouveau cap en réunissant plus de 1000 participants sur l’ensemble des parcours. David et Sébastien m’accompagnent pour représenter le VC Pontois, ce qui promet un écrémage rapide dès les premières difficultés… avec un plateau de qualité au départ.
Quelques kilomètres sont neutralisés le temps de sortir de la Tour-de-Salvagny, puis on attaque les choses sérieuses dans le col de la Luère. Damien imprime un tempo très élevé de suite, qui fait exploser le groupe de tête en quelques kilomètres. Bien placé dans les premières positions je m’accroche mais n’en mène pas large, d’autant que Sébastien puis David relaient à leur tour en vue du sommet. Une petite cassure projette une douzaine d’hommes en tête, mais cela reste insuffisant pour forcer la décision. Certains parviennent à rentrer mais sont déjà dans le dur, d’autant que les difficultés s’enchaînent.
La côte de Châteauvieux est du même acabit : Damien et Sébastien font la montée, l’élastique se tend un peu plus mais ça passe… Toujours une vingtaine d’hommes en tête au gré des regroupements, car entre les difficultés ça n’embraye pas réellement sur le plat. Le parcours est un vrai toboggan et les kilomètres défilent à toute allure grâce aux attaques, sans que personne n’arrive à prendre vraiment d’avance. St-Symphorien-sur-Coize marque le début d’une longue descente sur Grézieu-le-Marché, où profitant d’une accalmie devant je tente de sortir avec Dominique.
Sur des routes sinueuses nous arrivons à nous mettre hors de portée visuelle de nos poursuivants, mais personne ne nous laisse prendre beaucoup de champ et aux alentours du km 80 nous laissons la meute revenir, histoire de garder des forces pour la difficile côte d’Aveize. L’allure est de nouveau très rapide et je suis rapidement dans le dur avec Cédric, Fabien, Jean-Francis et Julien. Devant ils sont une demi-douzaine à tenir la cadence, une poignée de secondes devant nous : j’essaie de ne pas faiblir en tête du groupe pour maintenir cet écart, et envisager de rentrer dans la courte descente qui suit. Ce qu’on arrive à faire après de longues minutes de chasse à cinq.
Guère le temps de souffler que le col de la Croix-de-Pars se profile déjà sous nos roues. Il est long et plutôt irrégulier : pas ce que je préfère. Après trois heures de course ça va être difficile de passer avec les meilleurs, et le schéma se reproduit quasiment à l’identique : si Jean-Francis arrive à s’accrocher aux branches, Cédric, Fabien et Julien lâchent à nouveau… Et je dois me faire violence pour recoller à leurs basques et ne pas me retrouver seul dans la pampa. Devant ça temporise un peu, si bien qu’au sommet (km 110) nous ne sommes pointés qu’à 40″.
Mais contrairement à la difficulté précédente personne n’a vraiment la force de relancer suffisamment dans la succession de montées/descentes qui suivent ; à part Fabien qui parviendra à recoller seul au groupe de tête au prix d’un bel effort solitaire. De mon côté je craque dans une énième côte que je crois -à tort- plus longue. Je garde longtemps Cédric et Julien en visuel, pour les perdre définitivement dans une descente où je ne suis plus dans l’allure. Restent 30 km à couvrir pour éviter le retour d’un groupe derrière : le profil est plutôt descendant jusqu’à l’arrivée, même si je n’ai aucune idée des écarts derrière.
La côte de St-Pierre offre un dernier frisson avec des passages à 14 % : voilà qui a dû départager les derniers rescapés pour la gagne quelques minutes plus tôt (souhaitant que mes équipiers soient encore dans le coup à ce moment-là 😉 ). De mon côté ça ne passe pas trop mal ; encouragé et rassuré par Katy sur les écarts j’y garde un rythme soutenu et régulier… Plus qu’une quinzaine de kilomètres au sommet, ça sent bon l’écurie. Les jambes tournent encore bien et les kilomètres défilent rapidement sur les grands axes, jusqu’à une ultime remontée dans Charbonnières, où le petit plateau est une dernière fois de mise.
Personne ne revient jusqu’à la ligne, franchie en onzième position en un peu plus de 4h12′. Sept minutes plus tôt l’inoxydable Benoît Luminet l’emporte au sprint devant Fabien (qui aura joué le coup à fond), après une attaque décisive dans la côte de St-Pierre qui aura laissé sur place ses autres adversaires. David termine cinquième dans le sprint pour la troisième place, et Sébastien septième… Cela permet au club de remporter le classement par équipe 🙂 Chacun de nous monte sur le podium de sa catégorie, pour une belle journée de vélo.
Contrairement à la Lozérienne je n’ai aucun regret à avoir, car ça s’est joué à la pédale dès le départ et je ne pouvais pas en mettre plus. Je regrette simplement le petit coup de mou vers la fin qui m’empêche de terminer avec Cédric et Julien, mais à part un hypothétique top 10 ça n’aurait pas changé grand chose. Cap maintenant sur la montagne, avec le Challenge Vercors quasiment à domicile dans deux semaines… En espérant mieux y figurer que ces dernières années 😛
Résultat(s) : Trois Cols – grand parcours
Bravo Rodolphe, belle course, la suite de la saison sera à ton avantage. Bonne continuation. Laurent.
Merci Laurent, on se voit dans le Vercors le 31/05 ? (je ne descends pas dans le Verdon la semaine prochaine, m’autorisant un petit break)
Salut rodolphe,
Toi qui est proche de alban lorenzini, tu restes sur ta prepa habituel qui a fait ses preuves ou tu te fais tenter par l’entraînement polarisé?
Laurent
Salut Laurent,
Disons qu’avant de trop me creuser la tête avec le polarisé, j’essaie de voir jusqu’où je peux pousser dans ma prépa habituelle.
En ce moment j’ai trop de trucs (perso, boulot, vélo) dans la tête pour cogiter cet aspect… je bourrine à l’entraînement, essaie de bien récupérer entre les compétitions et ça se passe pas trop mal ma foi 🙂
@+