Ventoux – Beaumes de Venise

Conforme à l’alternance des parcours, cette année nous avons droit au « petit » (mais costaud) parcours à la Ventoux – Beaumes de Venise. Vu la chaleur régnant au départ il risque d’être largement suffisant pour désigner les hommes forts, la température approchant déjà les 30°C tandis que je discute au départ avec Grégory. La mise en route est laborieuse mais rapide, direction la côte de Roque-Alric. Calé devant avec Bernd les sensations ne sont pas extraordinaires, d’un autre côté on grimpe souvent à plus de 300 watts et ça écrème rapidement derrière. Même schéma dans la côte de Suzette où nous ne sommes plus qu’une bonne vingtaine devant, tous parcours confondus.

Ventoux - Beaumes de VeniseEncore quelques kilomètres et nous atteignons Malaucène, pied de LA difficulté du jour : le Géant de Provence. Sentant les jambes revenir je mets un bon tempo dès le pied, profitant de la relative fraîcheur : nous transpirons déjà abondamment, et si certains souffrent la décision tarde à se faire. Quelques kilomètres passent ainsi, et dans les premières pentes difficiles certains mettent le nez à la fenêtre : Philipp prend quelques mètres, bien pisté par David mais ça rentre, l’élastique se tend mais ne rompt pas.

En revanche lorsque Kenny place une belle accélération le groupe de tête explose, je lâche avec Bernd et un jeune Belge puis maintiens le rythme… des fois que ça se regarde un peu devant. Heureusement le vent est nul, et dans un replat avant le Mont Serein ça se ravitaille devant : je fais la jonction en quelques minutes et ne lâcherai plus jusqu’au sommet, malgré quelques tentatives de Kenny. Au sommet on respire un peu, mais le coupe-vent est inutile 🙂 Nous sommes sept dont le leader du petit parcours : Ludovic Colomb qui ira chercher la victoire après un long raid solitaire, comme en 2013.

De mon côté il y a quelques très bons descendeurs, aussi je reste concentré pour ne pas me faire avoir. Au Chalet-Reynard les relais tournent bien : avec David De Vecchi, Michel Roux, Philipp Schaddel, Bernd Hornetz et Kenny Nijssen c’est à coup sûr la bonne. Avec un rythme très régulier y compris dans les ascensions j’y tiens ma place sans trop de mal : la ruée vers l’eau peut alors commencer avec le thermomètre qui ne cesse de grimper (près de 40° dans les gorges du Toulourenc). L’organisation et les motos ouvreuses nous aident bien en nous donnant des bouteilles : pas d’arrêt superflu.

Ventoux - Beaumes de VeniseL’entente reste très bonne au fil des kilomètres : à l’approche du col de Veaux nos plus proches poursuivants pointent à plus de quatre minutes, sauf incident l’affaire est pliée. Rien ne se passe dans l’ascension, où Bernd se contente d’imprimer un train soutenu. Je commence à grimacer en même temps que les bidons se vident, mais ça passe. Le sommet franchi il reste une vingtaine de kilomètres à couvrir : la décision se fera à coup sûr dans le col de la Chaîne. Et elle ne tarde pas à venir avec une attaque de Bernd, bien suivi par David. Derrière ça plafonne mais les écarts restent faibles : Kenny, Michel, moi et Philipp suivent dans cet ordre, on est tous à fond.

En vue du sommet je donne le coup de rein pour basculer avec Michel et Kenny, mais craque aussitôt pour attraper une bouteille d’eau car je suis au bord des crampes et les bidons sont vides. Le temps de se rafraîchir et le duo s’éloigne définitivement ; Philipp me reprend même dans la descente avant de me déposer dans les dentelles de Montmirail. Ma chance est passée, je veille à bien finir les derniers kilomètres menant à l’arrivée pour conserver une excellente sixième place. Un dernier coup de main d’un concurrent du petit parcours, et je coupe la ligne après 4h12′ d’effort dans une vraie fournaise.

Le podium est à moins d’une minute, le duo vainqueur (David De Vecchi / Bernd Hornetz) à deux minutes : ce sont les plus difficiles à combler. Je reste malgré tout très satisfait par ce résultat, qui vaut largement ma quatrième place de 2013 (dans un contexte moins relevé). Reste à se réhydrater, récupérer et achever le travail sur la grimpée en ligne demain, pour remporter le Trophée de Provence (temps cumulé sur les Granfondo St-Tropez, Ventoux et la grimpée en ligne).

Résultat(s) : Ventoux – Beaumes de Venise – grand parcours

2 réflexions sur « Ventoux – Beaumes de Venise »

  1. Bravo Rodolphe pour cette belle performance et encore merci pour ce compte rendu.
    L’an passé vous aviez fait le choix de courir en tubeless, est-ce encore le cas en 2015 et notamment dans la grimpée du dimanche ?
    (Je ne suis pas une référence mais j’ai abandonné ce type de pneu depuis quelques mois….)
    Répondez si vous trouvez un moment de dispo, dans tous les cas je suis vos récits avec un grand plaisir
    Bonne continuation et bonne réussite dans vos objectifs
    Michel

  2. Bonjour Michel, merci.
    Oui je reste fidèle au tubeless en compétition : les quelques watts de rendement perdus sont largement compensé par l’aspect sécurité et la réduction des crevaisons (surtout par pincement)… sans oublier le confort.
    D’ailleurs j’envisage de passer aussi en tubeless à l’entraînement, dès le prochain changement de roues (qui devrait intervenir en fin de saison, mes vénérables Neutrons totalisant près de 50000 km).
    @+

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