Challenge Vercors

Il fait déjà 12°C au soleil sur le plateau vercorin, sur la ligne de départ du Challenge Vercors à St-Nizier-du-Moucherotte. Voilà qui promet une hausse rapide des températures, avec un soleil généreux et peu de vent annoncés. Ce départ inédit entraîne une modification de parcours : exit l’enchaînement col de Lachau / col de Portette, un peloton important devrait se présenter au pied du col de la Machine, là où tout devrait se jouer avant un long retour via les gorges de la Bourne, puis un faux-plat de 10 km jusqu’à St-Nizier.

Challenge VercorsEn attendant la plupart de mes collègues cyclosportifs sont présents dans le départ -neutralisé- jusqu’à Lans-en-Vercors, où se mêlent grand et petit parcours car le premier départ a dû être retardé (pour inscrire les derniers retardataires… plus de mille participants ce matin 🙂 ). A l’ombre et en descente il ne fait pas chaud, et les premières pentes du col de la Croix-Perrin arrivent enfin pour se réchauffer.

Depuis Lans le versant est court mais suffisamment difficile pour brûler les cuisses : après un effort pour me replacer je reste sagement dans les roues du team Vercors, qui finit la montée à bloc. Le peloton est en file indienne, une trentaine d’hommes se dégage mais pas d’écart définitif avant la traversée en pente douce d’Autrans, puis Méaudre. Cédric Richard et Vincent Arnaud appuient un peu plus fort dans les gorges du Méaudret, des concurrents du petit parcours tentent de prendre du champ mais les choses sérieuses démarrent au col d’Herbouilly.

J’attaque la montée derrière Vincent, et William Turnes accélère de suite. Pas vraiment à l’aise je me fais néanmoins violence (comme tout le monde) jusqu’au replat de Bois-Barbu : ça grimpe suffisamment fort pour reprendre les hommes de tête, mais pas suffisamment pour provoquer une cassure. Même scénario dans la dernière partie de l’ascension : à fond je recule dans le groupe de tête et reste accroché aux roues, très concentré pour la descente.

Challenge VercorsJe l’aborde avec mes équipiers Dario Giovine et David Polveroni dans les dix premiers, alors que Frédéric Ostian assure un gros tempo devant. L’an passé une grosse cassure nous avait imposé une longue et coûteuse poursuite : cette fois nous sommes parfaitement placés à la séparation des parcours, au tunnel des Grands Goulets. Déjà 60 km de parcourus, encore une vingtaine de kilomètres jusqu’au pied de la difficulté suivante et rien n’est fait.

J’en profite pour me ravitailler, me décontracter… d’autres s’arrêtent pour un besoin naturel car la course de côte est imminente. Km 80, St-Jean-en-Royans : on y est, et le groupe se déchire dès les premiers hectomètres du col de la Machine. William mène à nouveau grand train, et sur un énième changement de rythme je suis incapable de suivre les huit meilleurs. A 330 watts je suis pourtant « dans les clous », ça me rassure un peu et je maintiens l’allure pour voir ce qui se passe.

Alors que je laisse coupe-vent et manchettes à notre assistance du VC Pontois, je vois Dario puis David qui montrent des signes de fatigue devant, preuve que l’allure est élevée. Derrière Frédéric Ostian, Julien Lodolo et Gilles Martinet suivent pas loin : en gardant la tête de course à moins d’une minute à Combe-Laval, rien n’est perdu. Au col de Gaudissard je rejoins David ; Dario craque et je compte une trentaine de secondes de retard sur le groupe, duquel Nicolas Roux et William viennent de s’extraire.

Challenge VercorsImperceptiblement je ralentis la cadence ; Frédéric, Julien et David prennent les choses en main dans le replat pour inciter tout le monde à rouler. L’écart se maintient jusqu’au sommet tandis que le duo de tête est à quasiment 2′ devant : à coup sûr ces deux-là se disputeront la gagne tout à l’heure. Loin de penser à ça je reste concentré sur les relais, et l’allure reste soutenue jusqu’au col de Carri, chacun jouant le jeu malgré les premiers signes de fatigue.

40″ de débours au sommet sur le groupe de chasse ; c’est tendu mais ça « doit » le faire avant la descente, où Frédéric prend une nouvelle fois les devants. Deuxième passage à La-Chapelle-en-Vercors, où nous avons nos adversaires en visuel : moins de 20″ à combler, ça sent bon et après d’ultimes gros relais nous faisons enfin la jonction vers Chabotte. Le groupe recomposé compte une douzaine d’hommes, à la poursuite des leaders désormais à 2′. Sans vraiment m’en préoccuper je me laisse glisser derrière pour me ravitailler et récupérer un peu, alors que le vent souffle favorablement.

L’entente n’est pas parfaite, nous attaquons la côte de St-Julien-en-Vercors ensemble et David arrive à sortir, au prix d’un bel effort. Comme certains je suis dans les cordes, mais tiens bon avant la rapide descente vers les gorges de la Bourne. Heureusement pour moi le début d’ascension n’est pas très rapide ; l’allure s’accélère progressivement pour reprendre mon équipier mais je ne participe pas à la poursuite, ce qui m’arrange 🙂

Challenge VercorsAvec la fatigue générale ces quelques kilomètres suffisent à écrémer sérieusement le groupe, qui arrive à Villard-de-Lans. Encore 20 km à couvrir, les hommes de tête à 3’40 » : l’affaire est entendue, restent les places d’honneur. David accélère de nouveau avec Frédéric avant les Geymonds, cette fois-ci est la bonne et cinq hommes prennent plusieurs longueurs. Comme la moitié du groupe je n’ai plus la force (ni l’envie) de donner le coup de pédale nécessaire, et l’écart atteint la minute au moment de rejoindre l’ancienne route de Lans.

Cinq minutes plus tard je retrouve des sensations, en même temps qu’un début de crampes. Je bois abondamment, mange un dernier morceau et veille à bien tourner les jambes pour le final car une huitième place reste en jeu. Chacun fait de même sur cette portion de route vallonnée, sans se livrer à 100 %. Les relais tournent ainsi jusqu’à Lans, puis dans le long faux-plat menant à l’arrivée. Plus que 10 km, que je connais sur le bout des doigts ; reste à tirer la dernière cartouche avec succès, car je n’aurai aucune chance au sprint.

Cédric est le premier à dégainer, à 4 km de la ligne : trop tôt, il plafonne rapidement et Corentin Blanc du Team Vercors ramène tout le monde. Avec Grégory Pascal il assure le tempo, avant que Julien ne tente sa chance. A 2 km il ne parvient pas davantage à faire la différence ; lorsque Grégory fait la jonction je contre immédiatement et donne tout. Flamme rouge, il n’y a plus à calculer et je parviens à conserver un maigre écart jusqu’au dernier virage : pour une poignée de secondes je prends la huitième place, satisfait 🙂

Plus tôt Nicolas Roux l’emporte devant William Turnes, ayant fait plier ce dernier dans la traversée de Villard. Julien Sauvigné complète le podium scratch, juste devant David, Vincent, Frédéric et Dominique Colliard. Moins à l’aise que lors de mes dernières sorties je me suis accroché pour un très bon résultat dans cette nouvelle étape du Grand Trophée ; rendez-vous au Ventoux dans deux semaines pour continuer sur cette belle lancée 😉

Résultat(s) : Challenge Vercors – grand parcours

2 réflexions sur « Challenge Vercors »

  1. Bravo Rodolphe ! Beau résumé ! T’as bien géré !

    On dirait que Julien Lodolo a bien la caisse maintenant ?!

  2. Courir à domicile m’a beaucoup aidé, surtout le final à St-Nizier… j’ai plutôt subi toute la course, mais c’est sympa de conclure comme ça (et encore trop rare).
    Julien est toujours fort et (parfois trop) généreux en course, comme Cédric 🙂 ça change de certains cyclosportifs.

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