Trois Cols

Une fois n’est pas coutume, je décide de m’aligner ce matin sur le petit parcours des Trois Cols… afin de préserver quelques forces pour la Bourgogne Cyclo moins de 48 heures plus tard, manche du Grand Trophée où il faudra répondre présent. En attendant c’est un ciel bleu printanier et une température enfin agréable qui nous accueille à la Tour-de-Salvagny, pour cette classique du calendrier organisée par le TAC Cyclo. Le temps de laisser partir les concurrents du « grand », et nous prenons place avec Brice dans le sas prioritaire.

Quelques amis du forum VO2Cycling sont présents, pas mal de coureurs du club du CVAC Vienne : les adversaires sont différents de d’habitude, mais le niveau promet d’être relevé pour une féroce empoignade dans les Monts du Lyonnais. Sans me poser de question je me cale devant dès le fictif pour éviter les pièges du parcours, attendant avec impatience la première difficulté pour juger de mon état de forme.

Trois ColsLe premier test arrive au bout d’une douzaine de kilomètres. J’appuie fort dès le pied du col de la Luère et les jambes répondent parfaitement. Tout le monde souffre en file indienne dans ma roue, une première sélection se fait mais moins importante que prévue : nous sommes quasiment une trentaine en tête au sommet. Les costauds sont là : Brice, bien sûr mais aussi Ludovic Colomb, Pierre Badel, Sylvain Garde, Jérôme Giraud et plusieurs coureurs viennois. L’allure se réduit, et certains tentent de partir dans la descente alors que nous slalomons (déjà) entre les attardés du grand parcours.

C’est assez acrobatique, et je ne remarque même pas les deux attaquants du club local qui se mettent rapidement hors de vue dans cette longue descente sinueuse et étroite. Derrière la chasse tarde à s’organiser, Sylvain puis Brice assurent quelques relais mais tout le monde attend la difficulté suivante pour revenir sur les fuyards, que nous apercevons dès que ça recommence à grimper.

La côte de Chateauvieux est relativement courte mais irrégulière : moins à l’aise je subis les accélérations de Brice, Ludovic qui font mal au groupe et nous permettent de faire -difficilement- la jonction à la bascule. Nous voici une douzaine en tête, quittant le grand parcours et retrouvant du même coup une route plus dégagée. Après un rapide état des lieux je vois que le CVAC est toujours en surnombre (4 coureurs), mais avec Brice on a une belle carte à jouer. Malheureusement ça ne roule pas vraiment, et certains lâchés reviennent de l’arrière pour porter le groupe à une vingtaine d’unités.

Le cap de la mi-course est passé, très actif dans la première moitié je me laisse glisser derrière pour observer ce qui se passe. Dans un faux-plat vent de côté Brice arrive à sortir avec deux coureurs de Vienne. Derrière Sylvain je laisse partir mon équipier mais le trou ne se fait pas, et Jérôme réunit tout le monde au prix d’un gros effort. Cela fatigue les organismes et joue en ma faveur, alors que nous approchons de la dernière heure de course.

Celle-ci va se jouer… en descente. Dévalant à toute vitesse sur La Brévenne, trois coureurs parviennent à nouveau à faire la différence et bien qu’idéalement placé derrière Sylvain je ne peux que constater les dégâts. L’écart prend de l’importance et nous les perdons bientôt de vue, d’autant qu’une fois au plat personne ne souhaite engager la poursuite. L’allure reste modérée, à peine perturbée par une petite erreur de parcours à 20 km de l’arrivée. L’écart excède les 30″ avec les hommes de tête, mais curieusement le train de Vienne ne se met pas en marche.

Les courtes difficultés s’enchaînent, la côte de St-Pierre-la-Palud est l’une des dernières occasions de faire le break. Mais personne n’arrive à prendre du champ et la situation évolue peu, bien que l’écart se réduise avec la tête. Sur une relance appuyée j’arrive enfin à sortir, personne ne réagit. Tandis que nous rattrapons l’un des trois coureurs de tête j’insiste… au cas où. Jérôme ramène alors tout le monde, et comme à la parade Brice contre à l’entrée des 10 derniers kilomètres.

Je laisse faire, l’écart ne se fait pas plus mais cela use les organismes et le groupe se réduit progressivement de moitié. Nous continuons ainsi ce petit jeu « à toi, à moi » avec Brice, et je lâche ma dernière cartouche à 3 km du but, au pied de la côte du Casino. Sur le gros plateau c’est quitte ou double, mais je n’ai guère plus de réussite lorsque mon équipier arrive -enfin- à décrocher tout le monde. Un coureur du CVAC tente d’y aller aussi mais plafonne, derrière je me recale dans les roues et attends le sprint.

Le duo devant est complètement cuit, Brice complète le podium à moins de 10″ et je ferme la marche de notre petit groupe qui arrive pour la cinquième place… finalement neuvième au sprint après 2h47′ d’effort. A la lecture des chronos nous sommes à moins de 20″ de la gagne, il y avait largement de quoi rentrer surtout que les deux coureurs avaient craqué dans la deuxième difficulté du jour. L’expérience du petit parcours est néanmoins intéressante : cela permet de me rassurer sur ma condition actuelle, sans trop piocher dans les réserves 🙂

Résultat(s) : Trois Cols – petit parcours

3 réflexions sur « Trois Cols »

  1. Salut, j’étais avec toi ce matin. Beau récit comme d’habitude.

    Bonne course pour samedi et peut être à une prochaine;)

    Loïc

  2. Excellent ! T’as fait une belle course ! Top 10 c’est super !

  3. Je m’attendais à un peu mieux en fait… les jambes étaient là, mais pas l’habitude de jouer la gagne, pas assez « tueur » dans le final 🙂
    Samedi matin sera bien différent je pense… faudra économiser le moindre watt pour la fin de course.

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