Un peu de nouveauté ne nuit jamais : ce matin direction le Grand-Bornand, sur des routes et des cols que je ne connais que de nom. Les cols de la Croix-Fry, des Fleuries, Mont-Saxonnex et Colombière promettent une courte (120 km) mais intense empoignade entre les meilleurs grimpeurs du cru. Tant pis si l’épais tapis de gravillons dans la descente du col de Romme contraint les organisateurs à amputer le parcours de cette difficulté, il y a largement de quoi faire !
Le soleil est de la partie et il fait frais au départ. Si quelques nuages s’accrochent aux sommets, la température devrait être agréable dans les dernières difficultés. Après les dernières recommandations de l’organisateur le départ est donné à 8h00 pile, au son des cloches de l’église. Quelques hectomètres neutralisés, puis on monte directement au col de la Croix-Fry. Romain Fiard imprime un gros tempo qui réduit le groupe de tête à une vingtaine d’hommes : tous les favoris sont là, avec Sylvain qui m’accompagne ce matin sur le grand parcours. Je franchis le sommet à bloc dans les premières positions, sentant que la descente va être rapide…
Et elle l’est ! Nicolas Roux prend immédiatement les choses en main, suivi de Nicolas Raybaud, Nicolas Ougier et Jean-Francis Pessey. Il y a là que du costaud, alors je me fais violence pour rester au contact. Malheureusement Nicolas Raybaud se fait surprendre et chute dans une épingle : il terminera avec une clavicule endommagée, on lui souhaite une bonne convalescence. Derrière y’a des cassures de partout, à Thônes la relance est énergique et je suis dans le bon paquet, ouf 🙂
Dans la partie vallonnée qui suit ça discute beaucoup et n’embraye pas franchement, permettant le retour d’une dizaine de concurrents dont Romain et Sylvain. On souffle un peu, on ravitaille en vue du col des Fleuries, plutôt roulant. Le léger vent de face n’empêche pas Romain et Joris Chavanne de prendre du champ ; plusieurs fois je laisse le trou derrière Sylvain, mais Nicolas Ougier veille au grain… Dans la descente c’est au tour de Michel Bellina d’y aller : trois hommes en tête désormais, mais vu le menu final l’écart est anecdotique.
Le vent tourne et devient favorable à l’approche du Mont-Saxonnex, ça musarde toujours et je tente d’anticiper le pied de l’ascension sur une attaque « en facteur ». Sans trop m’entamer je prends 20″, et je commence le pied de cette montée délicate à un très bon rythme, autour de 330-340 W. Les jambes tournent bien, j’aperçois Joris et Michel un peu plus haut, tandis que Romain a tourné sur le parcours moyen. Sans surprise les grandes manœuvres sont lancées derrière, ça explose de partout et je vois revenir Nicolas Roux, Clément Maertens et Florian Hudry comme des avions.
Je m’accroche quelques minutes dans les roues, mais à 360 W ça ne tient pas longtemps… et il faut penser à la Colombière juste après. Nicolas Ougier me rejoint à son tour, puis un petit groupe avec Jean-Francis, Constantin. Ça monte à peine moins vite, d’ailleurs Jean-Francis fera la jonction plus tard avec la tête. Toujours ok de mon côté, je perds du terrain dans le replat, pointé septième à une trentaine de secondes au sommet 🙂 A tous les étages de la course les écarts restent faibles, j’essaie de ne pas perdre de temps dans la descente rapide sur Marnaz, malgré le trafic.
Virage à droite, c’est parti pour le combat final dans le col de la Colombière. 14 km @ 8 % de moyenne, faut pas s’enflammer malgré un top 5 à une quarantaine de secondes. Je prends un gel, laisse le superflu à Jean-Luc et Odile (mes accompagnateurs du jour 😉 ) et en avant toute ! Calé à 290-300 W ça monte plutôt bien ; à cette allure je suis quasi certain de ne pas être rejoint et regarde devant. Les kilomètres défilent gentiment, toujours la même règle car il commence à faire chaud : une borne kilométrique = 1 gorgée d’eau.
Au Reposoir je peine à maintenir la puissance dans le replat, et perds du terrain : 1’20 » sur mes adversaires directs. Là sauf défaillance devant ça va être compliqué, mais je reste concentré sur mon effort, on ne sait jamais. A la faveur d’un long lacet j’aperçois Constantin en difficulté à 4 km du sommet ; ça redonne le moral et je fais le forcing, sans me mettre dans le rouge. Les deux derniers kilomètres sont pentus et interminables : ils me permettent de rejoindre le jeune coureur du Chris-Net, qui n’arrive pas à s’accrocher au passage. Environ 30″ au sommet, c’est peu avant la longue redescente sur le Grand-Bo.
Je me ravitaille une dernière fois pensant à une éventuelle difficulté finale, où je pourrais faire la différence. Constantin revient logiquement dans ma roue et prend des relais impressionnants jusque dans les tous derniers kilomètres. L’arrivée est tortueuse, en descente derrière un rond-point : connaissant mal le terrain je passe en seconde position, nettement battu à 100 m de la ligne. Septième scratch, je m’en contenterai 😛 Plus tôt Nicolas Roux l’emporte en solitaire devant Florian Hudry et Jean-Francis Pessey : tout s’est joué dans la Colombière, entre habitués de l’épreuve.
De mon côté les sensations étaient rassurantes avant les objectifs de juillet, le mental n’a pas lâché malgré beaucoup de fatigue accumulée depuis mai… et l’été semble enfin arriver 🙂 La gestion de course était optimale, un autre bon point en vue des prochaines épreuves de difficulté et durée similaires. Tous les voyants sont au vert, place maintenant à la récupération avec un week-end sans compétition, pour arriver au top du côté de Pra-Loup, la Toussuire et Risoul.
Résultat(s) : Grand-Bo – grand parcours
Merci pour le résumé ! T’as bien marché ! Alors comme ça Sylvain se met à faire des cyclo ?
Ouais j’ai bien géré le truc, pas excellent mais très bon… encore une fois le podium était inaccessible 🙂
Beau parcours, difficile (et encore on n’a pas eu l’enchaînement Saxonnex – Romme – Colombière) ; un coin à re-découvrir.
Sylvain était là, ça lui a rappelé quelques course élites à D+ dans la durée et la difficulté… comme Hudry, Maertens, Roux qui marchent aussi en FFC dès que ça grimpe.
Salut Rodolphe,
pourquoi pas toi aussi te tourner de tant en temps vers des courses ffc qui pourrait t’amener un petit supplément de rythme?
Félicitations pour toutes tes perf’
Salut Laurent,
J’ai pratiqué la FFC jusqu’en 2012… à part du stress en peloton et quelques cartons, ça ne m’apporte pas plus qu’une bonne séance de PMA ou Gimenez à l’entraînement. Surtout pour les cyclos que je vise en montagne, où ça se joue à i3, i4 et beaucoup plus rarement i5. D’ailleurs je suis meilleur aujourd’hui sur un programme 100 % cyclos et grimpées (y compris sur des cyclos moins accidentées type Corima), que par le passé où je mixais FFC et cyclos.
Le seul intérêt que j’y vois serait le placement dans un peloton (savoir s’abriter, rouler fort au plat, etc) et la tactique de course… mais à bientôt 33 ans et presque 20 ans de vélo derrière moi je pense qu’il est trop tard pour y remédier : je courrai toujours comme un bourrin et je ne serai jamais un rouleur 😀
Tu roules fort sur le plat, je ne comprends pas ta dernier phrase « je courrai toujours comme un bourrin et je ne serai jamais un rouleur ».
Non Gilles, ni toi ni moi ne roulons fort sur le plat. N’importe quel coureur élite (ou ancien comme Nicolas Ougier) nous met à l’amende, je m’en rends compte à chaque passage « un peu appuyé » en plaine. Et c’est logique, vu que je ne travaille jamais cet aspect à l’entraînement (à part quelques 30/30 et Gimenez sur rouleaux en tout début de saison).
Disons qu’on limite la casse, mais face à des Sala, Muzette ou Genthon on prend une minute aux dix kilomètres quand ça embraye… c’est énorme.
J’ai rajouté « bourrin » car je ne sais absolument pas m’économiser dans les roues quand il le faut (ex : la première moitié de course aux Trois Ballons). C’est ce qui me coûte probablement un top 5 dans les Vosges, car TOUS les mecs devant moi à l’arrivée sont restés dans les roues jusqu’au Grand Ballon… pendant 100 bornes en gros. Et en plaine ou des ascensions à 6-7 % max ça compte.
Mince, je n’avais pas réalisé que j’étais mauvais rouleur… Quelle vitesse doit-on être capable de tenir pendant 20 minutes sur le plat pour être un bon rouleur ?
Pas forcément mauvais, mais pas au niveau des coureurs élites rompus à ce genre d’exercice.
Plus qu’une vitesse donnée, si j’arrivais à pousser 345 W sur 20′ au plat (soit mon CP20 en côte) ce serait déjà pas mal.
La semaine prochaine, je me testerai sur la piste cyclable entre St Quentin et St Gervais, et je te dirai ce que ça donne pour moi…
En attendant, j’ai ce test sous la main, le 31 mars dernier sur HT, j’ai fait 346W sur 20 minutes 🙂
Lien strava https://www.strava.com/activities/532063581
Mon CP20 en côte est 360W (Mont Saint Martin le 22 Mai dernier)
Lien strava https://www.strava.com/activities/584863854
Jamais réellement fait de test au plat, mais de mémoire sur mes Gimenez « au rouleau » je perdais facile 10 % de puissance par rapport à un vrai col.
J’ai fait le test sur du « plat » ce matin, avec une fatigue résiduelle de la cyclo de dimanche (J+2), et un TSB limite négatif (-1).
CP5 sur la piste cyclable entre le passage à Gué et St Quentin = 394W (43 km/h de moyenne)
CP20 sur la route entre St Quentin et Cognin les gorges = 325W (39,7 km/h de moyenne)
Pour le CP5, c’est 10% de moins que mon record effectué à la grimpée des 3 communes, mais il faut relativiser car je ne suis pas aussi frais que lors de cette grimpée. Pour le CP20, c’est 6% moins bien que sur mon HT, mais c’est pareil, je n’étais pas 100% frais ce matin.
Autre commentaire : sur la route, j’ai du ralentir aux feux tricolores à St Gervais, et je perds des watt dans les descentes aussi…
https://www.strava.com/activities/630637682/analysis/2531/3730