Corima – Drôme Provençale

Après une reprise difficile mais nécessaire à Montmeyran, ce matin je retrouve mon terrain de jeu habituel : le cyclosport. La Corima est une épreuve jeune, mais comme dit la publicité « elle a tout d’une grande »… Après les 1500 participants l’an dernier, ce sont 2100 coureurs qui se pressent au départ ce matin à Montélimar pour la deuxième édition. Le grand parcours offre une difficulté modérée, mais suffisante en début de saison : 138 km pour 1922 m de dénivelé, avec la côte de Citelle, le col de Valouse, le col de la Sausse, la côte de Comps et le col de Perthuis.

Corima - Drôme ProvençaleLargement de quoi en découdre, d’autant que la pluie est annoncée ; heureusement le mistral se montre très discret aujourd’hui. La participation est à la hauteur de l’événement, puisqu’une bonne partie des professionnels du VC la Pomme est présente, avec les spécialistes du cyclosport et d’autres très bons coureurs FFC… Bref, il va y avoir du sport ; à quelques minutes du coup de sifflet je me glisse dans le sas prioritaire. Pour des raisons évidentes de sécurité le départ est neutralisé les premiers kilomètres, le temps de traverser Montélimar.

Comme toujours c’est laborieux, et je m’applique à remonter derrière les motos aussi vite que possible en vue du départ réel. Top chrono, les attaques fusent. Les jambes répondent pas trop mal, et je suis le mouvement en conservant ma place dans les 15-20 premières positions du peloton, histoire de ne pas me faire piéger. Le peloton est très nerveux, et quelques coureurs dont le local N. Reynaud parviennent rapidement à se faire la malle. Dans le peloton je croise Olivier de Véloptimal, Guillaume et Stéphane du GMC 38, Frédéric et Pierre du CTC… Les costauds sont aux aguets avant la première difficulté du jour.

La côte de Citelle (km 15) est roulante, les Pommiers font le train à 30 km/h voire plus : je suis à bloc sur le grand plateau et les minutes passées à 185 bpm me semblent une éternité. En haut tout le monde souffle, mais on est au moins une cinquantaine à basculer : la suite va être difficile. Dans la descente tout le monde récupère et se ravitaille avant la prochaine difficulté. Les routes sont étroites pour un peloton de cette importance, même après la séparation des parcours.

Le col de Valouse (km 50) est plus long et pentu, mais l’allure toujours aussi élevée. Le peloton s’étire, tout le monde est en file indienne : je tiens le choc et à 1 km du sommet quelques hommes se dégagent dont M. Heydens, le vainqueur 2010. Derrière ça casse de toutes parts, et je bascule dans le groupe des poursuivants lorsque la pluie commence à tomber. Un bel orage qui détrempe chaussée et coureurs en quelques minutes. Après un tel effort ça fait mal, et chacun essaie de rester lucide pour ne pas chuter dans les gorges de Trente Pas.

Pendant ce temps l’échappée prend du champ ; derrière je fais le point sur la situation : Guillaume et Stéphane sont encore là, J.L. Chavanon du CTC, O. Dulaurent de DSO, J.P. Roux et B. Mestre du Team Scott… Je suis très bien entouré, et m’accroche dans la difficulté suivante : le col de la Sausse (km 61) où Mestre nous fausse définitivement compagnie, tandis que nous reprenons Frédéric, distancé à l’avant. Guillaume lâche prise avant le sommet, et nous filons grand train dans la descente, alors que la pluie cesse.

La route redevient sèche et la température remonte, en même temps que le moral. Nous revenons alors sur Patrick, venu rouler en éclaireur sur le parcours et nous encourager… Ça fait du bien au moral :-). Peu avant la côte de Comps (km 84) la pluie recommence à tomber ; il en sera ainsi jusqu’au bout. La pente est sévère, tout le monde est entamé et Chavanon décide de faire le ménage, bien relayé par son coéquipier Frédéric. Au sommet je suis à l’agonie, perdant mètre après mètre. Mais je donne tout à la limite des crampes et bascule suffisamment près pour revenir dans la descente.

Le groupe s’est réduit comme peu de chagrin, et nous ne sommes plus qu’une bonne quinzaine à traverser Dieulefit et ses pavés très glissants. A la sortie du bourg on attaque la cinquième et dernière difficulté : le col de Perthuis (km 99). Celui-ci est de trop pour moi, et je lâche au train, sans que ça n’accélère devant. En descendant je me refais une santé, tout en restant concentré sur la patinoire qui nous sert de route.

Au pied de la descente j’essaie de maintenir un rythme de croisière ; froid et trempé je songe surtout à gérer mon effort pour avaler au mieux la trentaine de kilomètres qui me reste, prenant (enfin) le temps de regarder le paysage. Dans la plaine trois coureurs reviennent de l’arrière, et m’exhortent à prendre des relais… Peine perdue : j’arrive tout juste à tenir les roues, et ce n’est pas du bluff. Un peu plus loin je décroche à nouveau, et continue ma progression solitaire.

Patrick revient alors de l’arrière, et m’invite à prendre son sillage. Une vraie bête à rouler, et je serre les dents pour rester dans sa roue à plus de 40 km/h. Les kilomètres défilent plus vite, mais sur une relance anodine je lâche à nouveau. Il reste une dizaine de kilomètres à couvrir lorsqu’un autre groupe comprenant Olivier file grand train sur la nationale. Là encore les places défilent, et je m’accroche pour rester au contact. A Savasse (km 133) je décroche en même temps que lui, et me laisse descendre vers la ligne d’arrivée toute proche, frigorifié après 3h51′ d’effort.

Le classement est peu flatteur (63° sur 699 – 13° catégorie D) mais vu les conditions, je m’en contente d’autant que le vainqueur Reynaud n’est pas si loin (11′). Ce fut en tout cas un très bon exercice de rythme, avec des sensations bien meilleures qu’en FFC deux semaines plus tôt. Il me reste maintenant trois semaines pour travailler les acquis en vue du Granfondo Colnago à Cogolin, que j’espère ensoleillé et aussi réussi que l’an passé 😉

7 réflexions sur « Corima – Drôme Provençale »

  1. Pouah quelles conditions! Bien dommage de descendre dans le sud pour avoir une météo si maussade. Il semblerait qu’il y avait un sacré niveau pour cette seconde édition. Bonne prépa en tout cas pour les suivantes, tu as l’air de t’être bien tapé dedans! On sent le gars qui vise un second titre dans le grand trophée!
    A+ Alban

  2. Oui, déjà deux courses sous la flotte dans le Drôme 🙂
    C’est l’une des cyclos les plus relevées auxquelles j’ai participé ; la première moitié de course je me faisais aussi mal qu’en FFC pour rester dans le paquet… pas évident, mais le métier rentre petit à petit 😉

  3. Bonjour Rodolphe,
    Grace à un lien de Pierre Romanet, je me permets un petit commentaire sur ton blog.
    Connaissant ta régularité sur le GT, ça devait roulait fort sur cette Corima (allure genre Scott 1000 Bosses peut être ?).
    Merci pour ce Compte Rendu détaillé et bonne saison !
    Bruno

  4. Bonjour Bruno,

    Oui, ça roulait comme en FFC 2/3 selon moi, du moins au début…
    Je n’étais pas à la Scott l’an passé, mais d’après mes souvenirs de 2009 le niveau était similaire, de même que le parcours (des bosses pas forcément pentues, mais fréquentes et suffisamment longues pour faire la sélection par l’arrière).

    @+

  5. Dommage que la pluie soit venue perturber la fête du vélo dans le beau département Drômois , bon début de saison certes un peu humide ! mais cela va le faire d’ici ton prochain rendez vous ! beau compte rendu ..Merci

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