Trois Cols

Si le déluge m’accompagne tout le long du trajet entre Grenoble et Lyon, le ciel est seulement gris et les routes sont sèches en arrivant à La-Tour-de-Salvagny pour la cyclosportive les Trois Cols. Organisée par le TAC Cyclo depuis plusieurs décennies cette épreuve fait figure de classique dans le calendrier, tant par l’efficacité et la sympathie de ses bénévoles que par le parcours proposé. C’est toujours un plaisir de se “chamailler” entre collègues sur un tracé musclé de moyenne montagne ; cette année le plateau est relevé par la présence quelques coureurs élites FFC, histoire de corser le tout. Pour ma part la fatigue est encore présente après un éreintant voyage en Lozère dimanche dernier et une montée chrono à bloc le mardi… Donc un mot d’ordre : économiser les cartouches 🙂

Trois ColsCa tombe bien, le rythme n’est pas très élevé dans le col de la Luère. Les jambes lourdes je reste attentif dans le ventre mou du peloton, sans faire l’effort de trop. Le sommet est vallonné et ça s’agite à peine avant la longue descente sur Yzeron puis St-Laurent-de-Vaux. La route est aussi large que le groupe de tête est important (plus de 50 coureurs), alors ça dévale à toute allure, à plusieurs de front sur une route bosselée et parfois gravillonneuse… Bref, j’aime pas 😛 J’arrive néanmoins à me ravitailler juste avant St-Laurent, car une bonne heure de course est déjà passée et la côte de Châteauvieux va forcément réduire le groupe. J’arrive également à me replacer quasiment en tête au pied : le timing est parfait, les choses sérieuses vont pouvoir commencer.

Les meilleurs ne se font pas prier, Jordan Sarrou en tête : l’international vttiste accélère et met tout le monde dans le rouge, moi compris… Dans cette difficulté irrégulière avec des replats je me fais la peau pour limiter la casse, comme chacun. Les minutes proches de PMA sont longues et j’arrive à basculer dans le top 10 au sommet, ouf ! Le groupe a explosé au passage, la descente sur Thurins permet un regroupement partiel : environ 25 coureurs sont en tête désormais. Pas le temps de souffler qu’il faut grimper au col de la Croix-Perrière, une nouveauté cette année. Les troupes commencent à fatiguer, placé devant je ne réagis même pas quand Bastien Duculty attaque suivi de Jordan, Cédric Richard, Félix Delolme et Mickaël Rodriguez. Proche des 60 km de course ça devient sérieux, mais je n’ai pas les jambes pour y aller alors je patiente…

Trois ColsDerrière la chasse s’organise étonnament bien : quasiment tout le monde relaie dans le groupe malgré le vent plutôt contraire et à vingt nous limitons l’écart sous la minute sans lâcher trop d’énergie. Après 15 km sur les crètes nous apercevons même la voiture ouvreuse, au pied de la Croix-Trouilloux. Un gros effort en tête permet de faire la jonction, mais vent de côté j’ai toutes les peines du moment à suivre dans cette impitoyable ligne droite. Plusieurs fois je laisse quelques mètres, comblés à grand coups d’efforts à PMA qui se paieront tôt ou tard…. En attendant je fais encore partie des 15 de tête après 80 km de course, tout reste jouable 😉 Vent de face au sommet tout le monde se ravitaille et souffle un bon coup : Frédéric Ostian en profite pour filer.

Le timing est parfait et il prend 30″ d’avance, mais derrière ça réagit avec les frères Buchetet (Benjamin et Loïc) qui font la descente à bloc accompagnés de Pierre Ruffaut. En passant à Ste-Foy-l’Argentière ça ne débranche plus et la transition est rude en attaquant l’ascension du col de la Croix-de-Pars. Frédéric rejoint, le groupe casse avant Montromant et on donne tout pour faire la jonction… Ce qui est fait au km 100 après un effort violent : l’accélération suivante en forêt m’est fatale et huit hommes s’isolent en tête, derrière je prends les commandes avec Pierre, Nicolas Ougier, Paul-Emile Lorthoir, Mickaël Rodriguez et Vincent Humbert. La force est encore là, mais je n’ai plus la capacité d’accélération pour boucher les 15″ d’écart avec la tête 🙁

Trois ColsAu sommet Pierre (tenant du titre) n’abdique pas et écrase les pédales dans les parties roulantes ; avec Nicolas, Mickaël et Paul-Emile on passe dès qu’on peut mais c’est compliqué, seul Vincent ne relaie pas car son équipier Bastien est devant. Au gré des virages, montées, descentes la fin de parcours défile à toute allure avec vent favorable : Pierre nous gratifie d’une descente vertigineuse sur La Brévenne, quelques kilomètres avant St-Pierre-la-Palud. Tout le monde est bien entamé donc on passe la partie raide ensemble, sauf Nicolas qui décroche définitivement. La suite est sur le même schéma jusqu’à la côte du casino, on fait principalement du “derrière Pierre” et personne ne cherche à accélérer pour une place d’honneur. Nous reprenons tout de même Bastien qui a craqué à l’avant, ça n’en fait plus que sept à 2′ environ.

La côte du casino se monte sans à-coups, toujours calé dans la roue de Pierre nous franchissons ensemble la ligne, sans lui faire le sprint. Seuls les centièmes nous départagent et je fais dernier du groupe (la plaque sur la tige de selle fait moins prise au vent, mais bippe le chrono après celles qui sont au cintre :P) soit douzième en 4h01′. Pas grand chose à faire de mieux, aujourd’hui j’ai fait avec les moyens du bord et couru plutôt juste (en tout cas, beaucoup plus intelligemment que d’habitude ;)). Devant la victoire s’est jouée à 30 km de l’arrivée lorsque Benjamin a fait le break en solitaire ; il s’impose avec 1′ d’avance sur le groupe de poursuivants (Tom Balaskovic, Jordan Sarrou, Jérémy Brunello, Julien Sauvigné) où son frère Loïc a bien contrôlé sa fugue. Après un gros programme de courses on va limiter les déplacements le week-end prochain, pour une reprise aux Boucles du Verdon le 20 mai. A bientôt !

Résultat(s) : Trois Cols – grand parcours

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