Cimes du lac d’Annecy

Malgré les prévisions météo alarmistes, je me présente sur les bords du lac d’Annecy pour la dernière cyclosportive de la saison. Et bien m’en a pris, car les premiers rayons du soleil pointent au moment de récupérer plaque et puce. Le ciel s’éclaircit mais j’emporte quand même l’imperméable, au cas où. Sur la ligne les habitués sont là : Nicolas Roux, Frédéric Ostian, Nicolas Ougier, Jean-Francis Pessey, David Polveroni, Cédric Paluello (leader du Challenge Cyclo’Tour)… Plus quelques invités surprise comme Axel Domont (professionnel chez AG2R) ou Christian Charrière, récent vainqueur du Granfondo les Deux-Alpes.

Cimes du lac d'AnnecyLe départ sous un soleil d’automne est donné en côte, direction le col de Leschaux et personne ne prend l’initiative, profitant du panorama. Certains essaient d’anticiper l’ascension vers le Semnoz, mais les gros bras restent blottis dans le peloton principal… J’en fais de même sans quitter les premières positions. A Leschaux l’allure s’accélère à peine lorsque Cédric plante une première banderille, immédiatement suivi par Frédéric. J’y vais aussi, mais le regroupement s’opère dans la foulée.

Florian Hudry tente alors sa chance dans les premiers lacets du Crêt de Châtillon. Ce qui reste du peloton éclate à nouveau mais les écarts sont faibles ; nous voilà une bonne vingtaine en tête. Un peu étonné de la passivité des favoris je me recale dans les roues, avant les cinq derniers kilomètres du col, les plus difficiles. Toujours rien, mais Cédric puis Axel forcent l’allure en vue du sommet : ça devient sérieux, nous ne sommes plus qu’une douzaine au ravitaillement. Je tarde à refermer le coupe-vent lorsque Nicolas R. bascule en tête, avec la ferme intention de « faire » la descente. Mal placé en queue de groupe je peine à chaque relance et vois s’éloigner petit à petit les tous meilleurs, malgré une vitesse flirtant avec les 85 km/h.

A Quintal le mal est fait, mais on roule très fort avec Christian et Rémi Bizzozzero pour reprendre Louis-Paul Niemerich et Jean-Francis Pessey, intercalés devant nous. Nous avons les quatre hommes de tête en point de mire, et le Suisse place un contre assassin que je ne peux suivre. Avec Rémi ils parviennent à rentrer ; nous voilà trois contre six :(. Nous grappillons des secondes au prix d’un gros effort, et on y croit en les voyant se relever pour ravitailler. Mais ils finissent par mettre en route et le rapport de force s’inverse : notre chance est passée. La cadence diminue pour attendre le groupe de derrière, je me ravitaille et j’ai la surprise de voir David et Nicolas O. revenir, piégés eux aussi dans la descente.

Cimes du lac d'AnnecyNous voilà une bonne douzaine en chasse au pied du col du Plainpalais, à déjà trois minutes de la tête. La brume refait son apparition et le vent est défavorable dans la dernière partie du col, où les deux membres du Team Scott mène un bon train. Certains ont du mal à l’arrière, dont David (pas au mieux ce matin). Une petite cassure se forme au sommet et je dois m’arracher pour la combler après plus de deux heures de course. Les montées/descentes s’enchaînent dans les Bauges et nous passons à St-Jean-d’Arvey, annonçant le difficile et décisif col des Prés.

Comme en 2011 Jean-Francis place une grosse attaque dès le pied : David, Louis-Paul et Nicolas cèdent immédiatement. Je me fais violence et m’accroche au train en marche : Florian relaie fort et je fais partie du quatuor à Thoiry, bien content d’être encore là dans le replat. Les trois derniers kilomètres du col sont plus raides : à 330/340 watts mon autonomie est réduite après 2h30 de course ; logiquement je cède à quelques lacets du sommet. Il y a une trentaine de secondes d’écart là-haut, mais je sais que je ne reviendrai pas seul : attendre du renfort ou finir les 45 derniers kilomètres seul, telle est la question…

Quelques lacets plus bas je n’aperçois personne hormis les concurrents du petit parcours ; le terrain est escarpé et pas forcément défavorable à un homme isolé, je décide de tenter le coup pour assurer le top 10. Après une courte descente les remontées et virages s’enchainent. J’essaie de garder le gros plateau le plus souvent possible, gérant cette dernière heure de course comme un long contre-la-montre, en restant dans ma zone i3 (240-290 watts) quel que soit le terrain. Les kilomètres défilent jusqu’au ravitaillement du Châtelard ; encore un passage au col de Leschaux, puis une longue descente mène jusqu’à la côte finale. Il ne pleuvra plus d’ici l’arrivée ; je laisse la Goretex à Katy (venue accompagner Nicolas), qui m’annonce 3’30 » avec le trio intercalé.

Cimes du lac d'AnnecyBoire, manger, pédaler… Sur les longues portions un peu découvertes je me retourne pour anticiper un éventuel retour : toujours rien, ça sent bon en basculant à la Chapelle-St-Maurice. Il reste une dizaine de kilomètres descendants, le plus dur est fait mais je reste concentré dans la descente. St-Eustache, puis St-Jorioz sont traversés : j’arrive au pied de la dernière bosse. Moins de deux kilomètres à tenir : je donne tout au bord des crampes, et ne serai plus rejoint jusqu’à la ligne, franchie en dixième position. Fatigué mais satisfait je termine à un quart-d’heure du vainqueur Nicolas Roux ; Louis-Paul, David et Nicolas me suivent dans cet ordre à quelques minutes.

Pour clore ma saison cyclosportive je ramène un dernier podium chez les 30-39 ans, le tout sans avoir pris une seule goutte de pluie. La tartiflette d’après-course n’en est que plus appréciée, de même que l’apéritif offert par Frédéric (merci encore :)) devant le final pour le moins « humide » des Mondiaux à Florence. De quoi achever une très belle journée, les jambes lourdes mais le cœur léger. Encore quelques grimpées d’ici mi-octobre et il sera temps de faire un bilan d’une excellente saison 2013, certainement la meilleure à ce jour.

Résultat(s) : Cimes du lac d’Annecy

3 réflexions sur « Cimes du lac d’Annecy »

  1. Bravo, encore un top 10 sur une cyclo relevée ! On peut effectivement dire que ta saison est réussie ! Quand je vois les noms de tous les cadors avec lesquels tu te bats, je n’ai qu’un mot : respect ! Encore bravo 😉

  2. Bravo oui quelle belle saison! Garde encore un poil de niaque histoire de claquer quelques beaux chronos/watts sur les grimpées ou KOM dans la région !

  3. On va tâcher… Même si un petit rhume pointe le bout de son nez. En tout cas j’avais encore la grinta pour finir seul dimanche : 2’30 » d’avance au sommet des Prés, 1’30 » à l’arrivée après 45 bornes vallonnées 😛

Laisser un commentaire