Risoul-Queyras

La semaine précédente était plutôt dense, aussi j’ai allégé le programme de ces derniers jours pour récupérer au départ d’Eygliers, sur une belle épreuve via Briançonnais, Queyras et Guillestrois. La météo est optimale et le peloton de plus en plus nombreux au camping des Iscles : environ 1000 participant(e)s vont s’affronter sur les trois parcours proposés. J’y retrouve les hommes forts sur le grand parcours, ainsi que mon jeune équipier Dario du VC Pontois et une cohorte de la Roue d’Or Sanaryenne, Romain Fiard en tête.

Risoul-QueyrasLe départ est frais et un peu chaotique car tout le monde part en même temps, mais le peloton s’éclaircit à la bifurcation du 60 km, et surtout aux rampes de l’Argentière. Là où je peinais l’an passé à suivre les attaques, ce matin je mène la meute avec Dario et Stefano : plutôt bon signe avant d’entamer les choses sérieuses. Ça se regroupe dans la descente sur Villard-St-Pancrace, où je reste bien dans la roue des deux Italiens pour éviter les pièges urbains.

Nous arrivons rapidement au pied du col d’Izoard, où j’applique la même tactique après un premier ravitaillement à Fontchristiane. Imposant mon rythme soutenu au groupe de tête j’évite les à-coups, et je me relève dès que la pente se radoucit pour laisser faire les autres… On arrive vite à Cervières, puis le Laus où les choses sérieuses commencent.

Toujours calé en tête je vois le groupe qui diminue, lorsque Stefano me dépasse et impose un rythme d’enfer. A 350 watts dans sa roue je ne tiens pas longtemps et craque sur une relance à 7 km du sommet. Il s’en va en compagnie de David, Rémi, Tao, Michel et Dario : ces deux derniers décrochent guère plus loin, basculant à une trentaine de secondes tandis que je passe esseulé à moins d’une minute. Les écarts restent faibles, mais la descente puis un bout de vallée vont les accentuer.

Risoul-QueyrasAprès une descente rapide mais prudente sur Château-Queyras, j’aperçois Robin et Gilles qui chassent derrière, Jérôme à quelques secondes. Je les attends et en profite pour me ravitailler avant l’ascension vers Pierre-Grosse. Les sensations sont toujours bonnes et j’effectue la majeure partie du travail, y compris dans la surprise du jour : la courte mais raide montée vers Prats-Haut. Gilles perd un bidon dans la descente ; nous sommes trois au ravitaillement de St-Véran, au moment de se ravitailler en eau.

Robin assure les trajectoires dans la descente sur Château-Ville-Vieille ; sans un mot les relais s’organisent pour le long retour sur Guillestre, dans la vallée du Guil. Le rythme n’est pas très élevé : de toute manière devant c’est loin, autant garder des forces pour le final et appuyer juste ce qu’il faut pour que ça ne revienne pas trop facilement de l’arrière. A environ 40 km/h avec un léger vent défavorable, les kilomètres défilent vite. Avant Guillestre la sérénité est de mise : je sens que j’ai encore plein de forces 🙂

Risoul-QueyrasImpression vite confirmée au pied de l’ascension vers Risoul : je m’arrête ramasser un bidon mais reprends la roue de mes adversaires en quelques hectomètres. A ce moment-là je ne sens pas les pédales, encouragé par Mickaël j’hésite sur l’attitude à adopter : attaquer loin du sommet (10 km) ? temporiser ? D’instinct je décide d’augmenter l’allure : au seuil en fin de course je crois rêver, mais ça tient… Robin lâche prise, Jérôme s’accroche malgré plusieurs démarrages.

Tandis que nous reprenons Tao en pleine défaillance, derrière l’écart semble fait pour le top 5. J’avale un dernier gel et temporise un peu, pour remettre le couvert dans la partie finale. Malheureusement la tendance s’inverse et à 5 km de la ligne Jérôme accélère à son tour. Je me maintiens à 100 m pendant quelques minutes, avant de lâcher prise définitivement à 3 km de l’arrivée. Le coup de pédale est heurté, mais je m’arrache pour conserver ma place jusqu’à la ligne, franchie en cinquième position en un peu plus de 4h30′.

Devant Stefano Sala s’impose (Rémi Di Gregorio ayant demandé à ne pas être classé, en tant que coureur professionnel) devant David De Vecchi et Michel Roux. Sur le moyen parcours Dario n’a pu résister seul au retour de Romain Fiard : emmené par ses équipiers de la Roue d’Or Sanaryenne et pointé à 1′ de mon coéquipier italien au pied de l’ascension finale, le jeune sudiste a fait la jonction puis s’est envolé vers la victoire à 5 km du sommet.

A chaud je suis super content de ce résultat, avec une course maîtrisée de bout en bout et de très bonnes sensations. Je n’avais jamais connu un tel état d’euphorie dans une ascension finale, aujourd’hui l’offensive n’a pas fonctionné mais j’ai hâte de réessayer 😉 Maintenant place aux vacances et aux centaines de kilomètres en montagne, avant de reprendre à la Madeleine dans trois semaines…

Résultat(s) : Risoul-Queyras – grand parcours / Risoul-Queyras – GPM

2 réflexions sur « Risoul-Queyras »

  1. Pas perso, mais je croise souvent Mickaël Gagne qui fait de magnifiques photos.
    Je n’ai pas encore les siennes d’hier, là c’est une photo de l’organisation Risoul Queyras (ils ont leur page Facebook).

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