Granfondo Ventoux – Beaumes de Venise

Avec la Granfondo Ventoux et la Time Megève Mont-Blanc, le premier week-end de juin marque l’entrée dans les épreuves de montagne pour mon plus grand plaisir. Plaisir doublé même, puisque après m’être mesuré au Géant de Provence le samedi je compte enchaîner avec la Granite Mont Lozère le dimanche. Place d’abord à un parcours long et difficile qui propose l’ascension reine du Mont Chauve par Bédoin pour ensuite tourner autour via le col de Veaux et la vallée du Toulourenc, remonter par Sault et finir via les cols de la Madeleine et Chaîne. Comment souvent l’épreuve ne s’offrira qu’à un homme très fort et bon gestionnaire.

Ventoux - Beaumes de VeniseLa météo est chaude et ensoleillée, avec un risque d’orage dans l’après-midi : de quoi courir et rentrer au sec, en principe. En attendant le départ je discute avec les habitués de l’épreuve, sans pression particulière. Le départ est rapide et je reste tranquille dans les roues, sans faire le moindre effort superflu jusqu’à Bédoin ; pour me replacer devant tout au plus. Ça ne frotte pas trop, parfait avant d’entamer le Mont Ventoux par sa face mythique. Je remarque à peine deux coureurs qui ont anticipé l’ascension dont Tony Mezure qui a pris une bonne avance (plus de 2′) avant St-Estève, là où tout commence…

Virage à gauche et on entre dans le vif du sujet : la forêt et ses pourcentages à deux chiffres où d’habitude ça part au sprint. Rien de tout ça cette année et j’ai le temps de me mettre en route autour de 5 W/kg pendant les premiers kilomètres : parfait 🙂 Les sensations sont excellentes alors j’impose mon train en tête, proche des 6 W/kg. A ce rythme le peloton ne tarde pas à exploser et nous reprenons l’un des deux hommes de tête en quelques kilomètres. En grande condition je poursuis le travail de sape et les kilomètres défilent rapidement : nous ne sommes plus que dix à mi-pente, Tony pointé à moins d’une minute devant. J’accélère encore dans les derniers passages raides avant le Chalet-Reynard : plus que six dont Paul-Emile Lorthioir, Mickaël Rodriguez, William Turnes et Duncan Alexander, derrière les écarts se creusent…

Granfondo Ventoux - Beaumes de VeniseNous reprenons Tony à moins de 7 km du sommet, Paul-Emile et Mickaël me donnent un coup de main sur la partie finale plus exposée au vent, tout en réduisant l’allure histoire de conserver des forces vives car la route est encore longue… Le sommet est franchi en 1h12′, la descente très rapide sur Malaucène est abordée sans risque : au pied quelques hommes font la jonction, Duncan s’arrête pour remplir les bidons avant le col de Veaux où d’autres hommes dont Frédéric Ostian nous rejoignent. Nous voilà une douzaine, l’entente est imparfaite mais plus personne ne rentrera de l’arrière. Avec Paul-Emile et Mickaël nous continuons d’imprimer un bon train dans les montées ; Frédéric, Duncan et William étant plus actifs dans les parties vallonnées.

Les relais s’organisent dans les gorges du Toulourenc, où la température monte et les bidons se vident… La route se poursuit jusqu’à Aurel, puis Sault ; à l’approche des 4 heures de course le plan se déroule sans accroc, bien que je sois presque à sec au pied de l’ascension du Chalet-Reynard. Avec les nuages la chaleur est moins présente, je bois un peu moins dans la partie roulante où personne ne prend l’initiative. A mi-pente l’allure reste faible (4 W/kg), ça m’agace et j’accélère à l’entrée de la forêt où nous retrouvons du pourcentage. Autour de 5-5.5 W/kg le groupe s’étire franchement et je poursuis mon effort, sachant tout le monde à la rupture. Seul Duncan place une belle attaque à 6 W/kg, j’essaie d’y aller seul mais plafonne à quelques secondes.

Granfondo Ventoux - Beaumes de VeniseAprès 115 km elle fait voler le groupe en éclats ; je suis seul à résister avec Mickaël et William, à 50 km de la ligne c’est la bonne 🙂 Sans calculer on se relaie à trois derrière l’impressionnant coureur anglais : jamais plus de 10-15″ d’écart, que nous n’arrivons pas à boucher… A quelques kilomètres du sommet la voiture ouvreuse nous propose de l’eau : à sec depuis le pied j’en profite, et récupère un autre bidon avant le sommet (merci aux parents de Paul-Emile) : sauvé, ça devrait suffire jusqu’à l’arrivée 😉 Mes compagnons en font de même et nous perdons logiquement du terrain, sous une petite averse qui cesse avant la périlleuse redescente sur Bédoin.

Avec la route étroite, les cyclistes qui montent, les voitures qui doublent et la forte pente celle-ci est toujours compliquée mais se passe sans problème. Passé St-Estève une partie plus roulante et favorable nous permet de rentrer tous les trois sur Duncan. Il reste encore 25 km accidentés, la victoire devrait se jouer à quatre, sauf défaillance. On remonte immédiatement au col de la Madeleine et la transition est brutale : les crampes m’envahissent la jambe droite, en panique je gère la crise et bois très abondamment de peur de gâcher une si belle course jusque-là. Heureusement personne n’accélère, à part une attaque de Duncan au sommet, vite contrée par Mickaël et William.

Granfondo Ventoux - Beaumes de VeniseJe fais le dos rond jusqu’au col de la Chaîne, où victoire et podium devraient se jouer. Le suspense ne dure pas longtemps : Duncan joue quitte ou double dès le pied en démarrant sèchement ; Mickaël et William tentent de revenir au train et je suis incapable d’accélérer. Autour de 4,5-5 W/kg je ne suis pas défaillant, mais je n’ai plus assez de force pour essayer de suivre 🙁 Au sommet j’accuse déjà 1′ de retard sur le futur vainqueur et 30″ sur le podium : à 10 km de la ligne la messe semble dite, je donne tout dans un final tourmenté que je connais par cœur pour conserver la médaille en chocolat (une de plus 😛 ). Duncan conservera une petite minute d’avance sur Mickaël et William, vainqueur d’une très belle course où chacun de nous méritait de l’emporter.

Je franchis la ligne en 5h20′, à 2’20” de la victoire, 1’30” du podium et devant Frédéric à 2′ ; à chaud je suis déçu d’avoir gâché une occasion de lever enfin les bras sur un granfondo, tant la condition physique était incroyable aujourd’hui. Beaucoup de cartouches grillées à rouler dans les phases de transition m’ont coûté le podium ou la victoire ; à ce niveau-là chaque détail compte, et j’espère renouveler ce genre de situation au plus vite pour ne pas répéter les mêmes erreurs 🙂 En attendant il faut vite récupérer, me réhydrater et restaurer avant de filer à Villefort, où découvrir la Granite Mont Lozère ne sera que du bonus après une sacrée empoignade provençale !

Résultat(s) : Granfondo Ventoux – Beaumes de Venise – grand parcours

2 réflexions au sujet de « Granfondo Ventoux – Beaumes de Venise »

  1. Trop fort mon Rodolphe!!! belle course quand même peut être trop généreuse, bon dieu n’oublie pas de te désaltérer la prochaine fois…

  2. Penser à boire (souvent) n’est pas le problème, c’est limiter le nombre d’arrêts en course qui est plus complexe suivant les épreuves 🙂 une bonne piqûre de rappel en tout cas (3L de flotte consommée pour 5h20 de course, c’est pas souvent que ça m’arrive).

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