Grimpée de Prapoutel-Pipay

Le soleil est resplendissant ce matin à Froges et un grand ciel bleu nous accueille pour la grimpée de Prapoutel, qui cette année arrivera à Pipay comme c’était le cas jusqu’en 2000. Une belle (re)découverte pour la majorité des participants, moi compris même si nous avons repéré les lieux le week-end précédent avec Julien Gaillard et Vincent Reyboz. Avec 18.5 km d’ascension et 1300 m de dénivelé ça devrait durer une dizaine de minutes supplémentaires par rapport aux autres éditions, pour un total similaire à la grimpée de Chamrousse. Autant dire qu’il ne faudra pas faire n’importe quoi au départ, sous peine d’exploser dans le final.

Grimpée de Prapoutel-PipayEn attendant il fait frisquet à l’échauffement : pas plus de 8°C et je transpire à peine sur le home-trainer, où les sensations sont plutôt bonnes. Quelques minutes avant 9h15 je me place au dernier moment sur la ligne de départ en première ligne à côté de Colin Savioz, Arthur Blanc, Vincent… vu la forme actuelle et les résultats de chacun, inutile de chercher le podium scratch plus loin sauf gros malentendu 😛 On s’en amuse avec Arnaud Feodoroff, Julien, Frédéric Ostian et le départ est plutôt tranquille à moins de 6 W/kg : parfait pour un (turbo) diesel comme moi, j’attends gentiment dans les roues que ça se décante. Le métronome Leonid Antsfeld a décidé de mener la trouve à son rythme : calé dans les roues à 5.5 W/kg je suis pile dans ma cible du jour donc je ne bouge pas une oreille et attends l’écrémage…

Après 10 minutes de mise en route souple j’accélère un premier coup à 7 W/kg pour tester les jambes : ça répond bien mais ne surprend pas grand monde dans le groupe de tête. Je relâche l’effort et Vincent contre à gauche : là c’est plus sérieux, il y a tout de suite un écart et Colin puis Arthur sautent facilement dans la roue. Avec mon punch légendaire je rentre difficilement au train avec Arnaud et Julien, l’élastique se tend quand Arthur contre à son tour encore plus sèchement. Colin et Vincent partent à sa poursuite sans parvenir à rentrer ; je fais l’effort quelques hectomètres à 7 W/kg sans parvenir à reprendre un pouce de terrain… Game over au bout de 15 minutes de course, le podium ne sera pas pour nous aujourd’hui 😉

Grimpée de Prapoutel-PipayDerrière le rythme se relâche à 5 W/kg, on est une bonne dizaine à se regarder avant qu’Arnaud ne prenne les devants. Le rythme est parfait pour moi, calé à 5.5 W/kg dans les roues j’attends mon heure sous les premiers rayons de soleil. Car il ne fait pas chaud et la température diminue petit à petit jusqu’au col des Ayes. Donnant un coup de main à Arnaud de temps en temps je sens que certains sont en sursis dans le groupe et mets un coup de semonce en sortant des Adrets. Logiquement le groupe se scinde en deux, Arnaud enfonce le clou et nous voilà cinq en poursuite : Arnaud, Julien, Gustave Blanc, Clément Argelès et moi. Derrière ça ne reviendra plus, reste à courir intelligemment pour chercher le meilleur résultat possible.

Il reste alors 9 km sur route large, un peu granuleuse autour de 6-7 % constants : ça va se jouer à l’usure, d’autant qu’il fait de plus en plus froid à l’ombre. Sous les 4°C c’est pareil pour tout le monde, Arnaud fait l’essentiel du travail et j’accélère de temps pour temps pour fatiguer les troupes. Au moment de prendre la direction de Pipay je change à nouveau de rythme pour tester les plus jeunes : si Clément semble vraiment limite, Gustave revient facilement avec Julien et Arnaud qui reprend les commandes. Un peu plus loin on nous annonce à 3′ de la tête, l’addition est déjà lourde pendant que le froid continue de saisir tout le monde. L’intensité de l’effort suffit à peine à nous réchauffer lorsqu’Arnaud place une grosse attaque à 5 km de la ligne.

Le démarrage est puissant et dure longtemps : Gustave saute dans la roue, je m’arrache de longs instants pour arriver à rentrer à 7.5 W/kg. Avec Julien et Clément qui baissent pavillon derrière la perspective d’un top 6 quasi assuré m’aide à tenir et je rentre enfin sur le duo en grillant une dernière cartouche. En sursis je reprends mon souffle dans les roues ; Arnaud continue de faire le tempo. Quelques minutes plus tard Gustave attaque à son tour, à 3 km de la ligne c’est moins tranchant mais suffisant à créer un petit écart sur Arnaud et moi. Je fais le forcing pour un hypothétique retour tandis qu’Arnaud décroche à son tour… A peine 10″ entre chacun : si près, si loin mais nous sommes tous au rupteur et lorsque j’arrive à relancer debout en force à 5.5 W/kg, c’est pour retomber assis à 5 W/kg.

A ce petit jeu les écarts se figent jusqu’à la flamme rouge où nous retrouvons un peu de soleil, la fin est interminable et je me mets minable pour conserver mon top 5 en 56’06 », quelques secondes derrière Gustave (55’56 ») et devant Arnaud (56’08 »). Les écarts sont énormes avec la tête : Arthur l’emporte en 51’16 » devant Vincent Reyboz et Colin Savioz (52’39 ») qui se départagent au sprint. Julien est septième (56’59 ») suivi de Leonid (58’06 ») et Clément (58’13 ») au terme d’une montée où je pouvais difficilement faire mieux que quatrième, car je bats mon record de puissance sur 55 minutes 😉 Ce très bon résultat me permet de passer deuxième au classement général des montées chronométrées avant les trois dernières manches à l’Arzelier, Montaud et au Coq.

Résultat(s) : Grimpée de Prapoutel-Pipay

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